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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 10:20

ne pas confondre soumission, obéissance et autorité

Les maîtres de Nitro m’ont appelée pour un problème de « hiérarchie » avec leur jeune american stafforshire terrier. Ils ne comprenaient pas ce qui se passait.

« Sur le terrain de dressage, le comportement de Nitro est exemplaire, il obéit parfaitement, mais à la maison ou dans la rue, il n’en fait qu’à sa tête. »

 

Cette différence de comportement n’est pas surprenante, la confusion vient du fait que les contextes ne sont pas similaires. Les humains aussi se comportent différemment selon qu’ils sont chez eux, au travail, en société ou en famille. Il en va de même pour nos amis à quatre pattes : ils essaient d’être à l’aise dans toutes les situations.

 

Autorité et obéissance

Sur le lieu de dressage, on se trouve dans un contexte d’autorité et d’obéissance. Rappelons que l’autorité consiste à imposer sa volonté à autrui. Cela ne veut pas dire qu’il faut utiliser la brutalité ! Les méthodes positives, amicales et ludiques sont tout aussi efficaces et plus fiables que la violence et elles entrent aussi dans la terminologie « d’autorité ».

 

Quant à l’obéissance, c’est le fait de se soumettre à ce qui est demandé. Il est tout à fait possible de demander gentiment à votre chien de répondre à votre demande, et il le fera avec plaisir s’il en retire du plaisir.

Le chien se conforme donc à vos désirs lors des séances parce qu’il le veut bien, mais pas forcément parce qu’il vous a identifié comme son leader. Et ce n’est pas parce que vous criez qu’il vous reconnaît comme son chef.

Hiérarchie ?

Chez les canidés, l’organisation sociale représente une donnée primordiale. Elle participe à la structure du groupe, elle assure sa stabilité et sa survie.

 

L’individu dit « dominant » a accès à la nourriture en premier, il contrôle le territoire, les déplacements des individus, les interactions sociales et les activités de la meute. Il n’impose aucune séance d’obéissance à ses subalternes si ce n’est le respect de quelques règles, comme lui laisser la priorité dans certaines interactions quotidiennes. Il n’usera de violence que dans les cas de force majeure, alors que l’on voit encore fréquemment des propriétaires lever la main sur leurs chiens, pensant qu’ainsi « il va comprendre ».

 

Lorsqu’à la maison les maîtres sont trop aléatoires avec leur compagnon, qu’ils lui laissent le contrôle de tous les éléments significatifs pour lui (nourriture, déplacements dans l’espace, accès à toutes les pièces, échanges sociaux comme les moments de jeu et de caresses), ce chien-là peut se prendre pour le meneur et donc refuser les demandes de ses subalternes, alors qu’au dressage, il se plie à la volonté de son propriétaire.

 

Ne confondons pas ces différentes notions, car l’obéissance du chien au dressage peut être le résultat de plusieurs éléments sans que cela implique nécessairement l'existence d'une relation hiérarchique :

 

o    attaché à une laisse, dans un lieu la plupart du temps clos, il ne peut pas se soustraire à la situation

o    il a peur (certains propriétaires vocifèrent leurs ordres, menacent voire punissent physiquement, l’ambiance est parfois tendue et bruyante),

o    il est motivé par des récompenses (friandise, jouet…) et la joie de son maître, il est donc prêt à se conformer à ses demandes pour obtenir une gratification.

 

En conclusion, ce n'est pas parce que votre chien vous obéit sur un terrain d’éducation qu'il vous considère comme son chef. Il se soumet à ce qui est demandé parce qu’il n’a pas le choix et qu’il le veut bien.

 

 

 

Extrait de "la cause des chiens" en cours de ré impression

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Published by LBS
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