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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 14:35

Les besoins sociaux de nos chiens familiers (2/3)

 

Dans notre dernier numéro, nous avons abordé les motivations biologiques de nos meilleurs amis. Attardons-nous à présent sur leurs besoins sociaux.

Le chien est un mammifère social, c’est-à-dire qu’il détient, dans son patrimoine génétique, la particularité de devoir côtoyer d’autres sujets pour vivre sereinement. Dès sa naissance, il possède en lui la capacité le besoin d’interagir avec d’autres êtres vivants pour être comblé.

Pour autant, cette disposition a besoin d’apprentissage, de perfectionnement et de répétition pour être finalisée, optimale et efficace en toutes circonstances.

Voyons en détail de quoi il s’agit.

Ce dont il a besoin pour être un individu accompli

  • Contacts avec des congénères et des humains.

Notre chien se réalise pleinement lors des rencontres avec d’autres êtres vivants, avec lesquels il pourra s’ébattre ou au moins avoir des relations positives : des chiens et des humains en premier lieu, et éventuellement d’autres animaux, comme les chats et d’autres espèces s’il y a été familiarisé préalablement.

Les manières de satisfaire ce besoin sont de plusieurs ordres :

Nous pouvons lui faire partager notre quotidien, puisque nous aussi, nous sommes des êtres sociaux et que nous rencontrons d’autres humains tous les jours. Lorsque c’est possible, emmenons-le avec nous, afin d’enrichir son réseau de personnes connues et laissons-le s’approcher, se faire caresser, jouer.

Faisons le participer à des séances collectives, organisées par un professionnel qui aura sélectionné les chiens à mettre ensemble. Il les laissera interagir en liberté tout en surveillant d’un œil averti les comportements des uns et des autres, en n’intervenant qu’à bon escient et en décrivant ce qui se passe aux participants.

Certains propriétaires mettent des annonces pour trouver des compagnons de promenades et de jeux pour les leurs, s’inscrivant dans des associations, participant à des sorties organisées par les structures cynophiles ou utilisant les réseaux sociaux pour trouver des partenaires.

Attention, il vaut mieux posséder un minimum de connaissances avant de faire des « lâchers de chiens », ainsi les risques de heurts seront réduits à leur strict minimum et l’on sera en conformité avec la loi. En plus des infrastructures adéquates et des diplômes idoines, il est nécessaire de disposer de suffisamment d’espace et d’expérience, d’où le conseil de s’adresser à des spécialistes.

 

  • Communiquer. Notre meilleur ami a développé des capacités étonnantes. Il peut moduler ses vocalises, ses postures, ses regards, ses mimiques, les mouvements de sa  queue, son poil qu’il hérissera en cas d’émotion forte etc., pour mieux se faire comprendre de son entourage canin.

Ce qui est époustouflant, c’est que le chien est capable de s’adapter à l’espèce qui se trouve en face de lui. A force de vivre des expériences de manière répétée, il aura appris qu’il ne sert à rien de proposer l’apaisement à un humain qui interprète à tort ses oreilles et son regard fuyant comme une marque de culpabilité, et que sautiller devant un chat en aboyant le fait fuir, au lieu de répondre joyeusement à son appel au jeu comme il s’y attendait.

Grâce à la communication olfactive, il reconnaîtra les membres de son espèce et de son groupe, découvrira des signatures odorantes nouvelles, identifiera ses partenaires sexuels et de jeux, marquera son affection en léchant son être d’attachement, indiquera sa disponibilité à un collaborateur éventuel et trouvera de la nourriture.

Enfin, citons la communication tactile, celle par laquelle un chien entre en contact physique, par des mouvements de museau, de pattes qui se posent sur une zone du corps de son vis à vis, de postérieurs qui se placent sur les pieds des maîtres, voire lorsqu’il s’assied sur un autre chien !

 

Apprendre à comprendre le chien

Force est de reconnaitre qu’il n’est pas aisé de savoir décoder tous les signaux de communication canins si on ne les a pas appris en détails. Admettons de bonne guerre que si les animaux étaient lisibles aussi facilement qu’un livre, il n’y aurait besoin ni d’éducateurs canins, ni de comportementalistes !

Heureusement, il y a aujourd’hui une quantité significative de supports et de moyens pour apprendre à comprendre les attitudes de nos chiens : les livres d’éthologie comprennent la plupart du temps des dessins, des photographies et des illustrations de postures canines. Les millions de vidéos disponibles sur internet sont un très bon exercice, mais attention à ne pas tenir compte des commentaires de leurs auteurs, car elles n’offrent que rarement des explications objectives au comportement du chien.

 

  • Positionnements avec congénères : certains chiens sont en constante quête de statut.

Parce que c’est dans leur nature, ils chercheront à se mesurer à tous les chiens de même sexe qu’ils rencontreront, provoqueront des altercations, seront souvent à l’initiative de conflits.

Très impressionnantes par leur volume sonore et les émotions très fortes qui transparaissent, ces bagarres ne sont graves que si les participants n’ont pas été socialisés, qu’ils n’ont appris ni les codes de communication canine, ni la phase d’arrêt, ni le contrôle de la force de sa mâchoire. Bien que particulièrement contrariantes, ces attitudes agonistiques ne sont pas anormales.

 

Dans le but de permettre à son animal de rester sociable, on peut le faire participer à des groupes durant lesquels les animaux sont libres mais surveillés.

 

L’animal perturbateur devra être muselé pour protéger les autres de ses offensives ou gardé en longe, et le spécialiste sollicité déterminera le bon programme de modification des comportements problématiques.

 

 

  • Défense et conquête des ressources : animal privé de liberté par l’Homme, livré à lui-même de longues heures tous les jours, incapable d’aller et venir librement dans l’environnement, le chien domestique apprécie de disposer de certaines ressources.

Au sein de notre habitation, il pourra tenir très fortement à son petit espace, comme son panier, le paillasson, voire le canapé, le lit des maîtres ou la cuisine ! Si cela est important pour lui, il n’hésitera pas à défendre ce qu’il considère comme sa propriété, avec menaces, grognements et éventuellement morsures. 

Par ailleurs, certains chiens ont un fort caractère et n’hésitent pas à s’approprier les possessions des autres. Emmené avec son propriétaire chez un ami qui a aussi un animal, le sujet conquérant s’appropriera ses jouets, sa couche ou sa nourriture et ne tolèrera pas qu’on les lui reprenne.

 

Il n’est pas aisé de tolérer certains comportements

 

Certaines attitudes canines sont normales au regard de son statut d’animal, mais il faut admettre que dans la société humaine, on ne peut pas tout laisser faire à son chien.

 

Si l’on connait ses limites, quelques mesures simples aideront à gérer les situations problématiques : ranger ses jouets, sa gamelle, fermer les portes et veiller à le protéger s’il est sensible avec ses affaires quand un autre chien vient sur son espace vital.

 

Pour canaliser le sujet envahisseur et sans inhibition, on pourra le garder en laisse ou le laisser à la maison si l’on se rend dans un environnement où l’on ne peut pas le contrôler aisément.

 

 

  • Activités ludiques : les jeux permettent les apprentissages à différents niveaux.

Dès ses 5 semaines, le chiot commence à apprendre les modalités d’interactions avec ses congénères, c’est-à-dire les codes de fonctionnement social de son espèce. En défiant son partenaire, il apprendra progressivement la provocation, la soumission, l’intimidation, l’anticipation, la cessation… sans risque, puisque son vis-à-vis aussi, agit « pour de faux ».

Le jeu d’exploration de l’environnement l’aidera à acquérir des informations sur le monde dans lequel il vit, ainsi qu’à établir des liens avec certains de ses congénères.

Dès que l’on joue à plusieurs, il y a toujours une fonction sociale.

Le jeune sujet apprendra le monde, développera ses capacités motrices, expérimentera et acquerra peu à peu plusieurs auto-contrôles : la force de sa morsure et la phase d’arrêt notamment.

Aux cours des différentes étapes des jeux, on trouvera des postures utiles lors de la prédation, la défense du territoire, la parade nuptiale, la protection des petits, la recherche de nourriture ou encore la monte sexuelle.

Les jeux de luttes et de corps à corps auront une importante influence dans la mise en place de liens sociaux et hiérarchiques entre les différents individus de son groupe.

 

Un peu, mais pas trop !

 

Si votre animal de compagnie apprécie particulièrement de jouer avec vous, tout seul ou avec un congénère, il est nécessaire de répondre à son besoin.

Pour autant, il faut veiller à ne pas alimenter ses excès, car certains sujets ne s’arrêtent jamais.

Il est recommandé de varier les situations ludiques, les chiens avec lesquelles il interagit souvent, et de veiller à ne pas éterniser ces moments d’excitations et lui permettre d’acquérir la capacité à tolérer la frustration. Sa vie aux cotés des humains en sera effectivement grandement remplie.

 

Dans notre prochain numéro, nous évoquerons les considérations individuelles qui prennent plus ou moins de place selon les chiens.

 

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

 

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Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
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