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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 20:16

Mon chien n’est pas propre

 

Qu’est-ce qui provoque les malpropretés chez nos compagnons ?

 

Ennui, anxiété, hyper-attachement sont générateurs de troubles du comportement. Quand un chien ne parvient pas à s’adapter à un contexte de vie, il réduit en effet son inconfort par des activités d’apaisement et de substitution, telles les vocalises, destructions ou malpropretés. Arrêtons-nous plus longuement sur ces dernières, et tentons d’analyser et de comprendre ce que les chiens nous « disent » lorsqu’ils urinent sur les tapis ou défèquent devant la porte d’entrée.

 

Le concept de propreté

 

Rappelons tout d’abord que dans le monde du chien, il n’existe que deux règles : on ne fait pas ses besoins là où on mange ni là où on dort. Dans le monde des humains en revanche, la propreté est une notion complexe qu’il va falloir apprendre au chiot : il doit se retenir lorsque la nécessité s’en fait sentir, pour faire à un endroit et un moment qui nous conviennent.

 

Et s’il veut communiquer avec son entourage ?

 

Si le chien a appris et assimilé qu’il doit se retenir pour se « vider » plus tard, au bon endroit, et s’il ne souffre d’aucune pathologie organique**, et que, malgré tout, il fait ses besoins dans la maison, c’est qu’il est dans un processus de marquage et de communication.

Certains chiens malpropres souffrent d’un problème de positionnement dans leur famille humaine. Un animal auquel on a abandonné la position de régulateur peut marquer ostensiblement l’habitation, généralement en présence de ses maîtres. Ce chien a l’habitude de décider de tout, il se déplace où bon lui semble, monte sur le canapé et en descend quand il le veut, mange en libre-service, dort sur le lit, obtient les caresses et l’attention qu’il souhaite, quand il le souhaite.

Pour ces chiens-rois, la thérapie se résume en une seule phrase : les propriétaires doivent redevenir les décideurs chez eux.

 

Une autre cause à envisager : son profil émotionnel

 

Des émotions intenses peuvent entraîner des émissions d’urine, voire des défécations. Les « pipis de joie » sont fréquents chez les chiots : on préconise de ne pas encourager ces débordements, d’en faire des non-événements. S’il s’agit  d’un chien adulte, on se demandera si sa réponse est proportionnelle au stimulus : si oui, tout va bien. Si non, il va falloir apprendre au chien à gérer ses émotions. Des comportements auto-centrés, des plaies de léchage, des phobies viennent parfois compléter le tableau : l’unique voie est alors un long processus de thérapie comportementale encadrée par un professionnel.

 

La question de l’attachement excessif

 

Hyper-émotivité et ultra-sensibilité peuvent venir en symptômes d’un autre mal : l’hyper-attachement. Tout comme le fit la maman chien avec ses petits, les propriétaires vont devoir pratiquer un détachement, indispensable au bon équilibre psychique de l’animal. On conseille alors de limiter les contacts affectifs et d’en être toujours à l’initiative et, surtout, de dé-ritualiser les départs et les retours.

 

Quand l’hyper-attachement s’aggrave d’un problème lié à la solitude, on apprendra au chien à être seul même en présence de ses maîtres, par exemple en ne le laissant pas les suivre dans toutes les pièces. Il est primordial de comprendre qu’un chien qui est tout le temps collé à ses propriétaires va vivre leur absence comme un vrai déchirement : il va passer brutalement du tout-ensemble au tout-seul, source d’une terrible détresse émotionnelle.

 

Apprendre l’autonomie à son chien :

 

1)    limiter les rituels de départ

2)    limiter les rituels de retour

3)    gérer les déplacements et les lieux de couchage du chien

4)    limiter provisoirement les contacts affectifs et sociaux ET en être toujours à l’initiative

5)    ne plus laisser le chien suivre les humains dans tous leurs déplacements

  

Des perturbations dans l’environnement

 

Des « détails » dans nos vies humaines peuvent aussi engendrer de véritables tsunamis affectifs chez nos chiens : un déménagement, un divorce, un bébé, une maladie sont autant d’événements à ne pas négliger.

De soudaines malpropretés, ou des régressions chez un chien qui a déjà exprimé des troubles de ce type, peuvent y trouver leur origine.

 

Une énergie non évacuée

 

Certains chiens étiquetés « malpropres » souffrent juste d’un surplus d’énergie. Toutes les races n’ont pas le même besoin d’activités physiques. Là où trois promenades calmes suffiront à un dogue allemand, plusieurs heures de course en liberté ne calmeront peut-être pas un border collie. En cas de manque d’actions à ce niveau-là, des malpropretés peuvent survenir.

 

Enfin, « last but not least », parlons de l’ennui... Car oui, nos chiens s’ennuient ! Ils passent de longues heures seuls, à nous attendre, à subir les aléas de nos vies de ministres. Pour passer le temps, ils se trouvent des occupations, pas toujours à notre goût !

Et si, faisant preuve de compassion, nous leur offrions de quoi s’amuser durant nos absences ? Un gros os de bœuf, un jouet rempli de friandises, des croquettes cachées dans l’habitation : ils oublient ainsi leur solitude, jouent, se dépensent intellectuellement, piquent même un petit somme entre deux résolutions d’énigmes.

En résumé, on peut dire que les problèmes de malpropretés tiennent à deux grandes familles de causes : un apprentissage de la propreté incomplet ou mal assimilé par le chien et une activité dite de « substitution » exprimant un mal-être ou une émotion forte.

Evidemment, un comportement étant rarement imputable à une seule cause, les possibilités peuvent s’additionner. Néanmoins, gardons toujours à l’esprit que les mictions et défécations ont aussi une valeur communicative : les chiens veulent nous faire passer un message. A nous de faire l’effort de les comprendre pour mieux vivre avec eux.

 

Marie Perrin et Laurence Bruder-Sergent

 

** Le marquage n’a rien à voir avec le vidage, qui est une nécessité biologique. Un chien qui se soulage en grosses flaques d’urine a très certainement un besoin physiologique à satisfaire, voire un problème organique : une visite chez le vétérinaire s’impose.

 

L’apprentissage de la propreté :

 

A 2 mois, un chiot ne maîtrise pas ses sphincters. Il faut lui laisser le temps de grandir, tout en lui offrant des sorties aussi nombreuses que possible.

 

Dans tous les cas, il faut le sortir :

 

1)    Après les repas

2)    Après les jeux

3)    Après qu’il a dormi

4)    Dès qu’il cherche un endroit, renifle le sol, tourne sur lui-même

5)    Important : veiller à respecter des horaires réguliers : un chiot qui est sorti souvent et régulièrement ne devrait plus avoir de besoins pressants, donc plus de raisons de se soulager à l’intérieur.

 

Lorsqu’on sort son chiot pour les besoins :

 

1)    Choisir des endroits calmes

2)    Choisir des endroits marqués d’odeurs de congénères, mais pas trop (une juste mesure)

3)    Veiller à ce que le substrat soit adapté : à l’élevage, certains chiots ont été habitués à du béton, ou de l’herbe, et peuvent avoir du mal à faire sur d’autres substrats

4)    Eviter de jouer et d’exciter le chiot, sinon il va « oublier » de faire ses besoins

5)    Dès qu’il fait / a fait ses besoins, le féliciter et le récompenser (ne pas oublier que la récompense doit suivre immédiatement l’action souhaitée)

6)    Associer le mot à l’action (« bien, pipi»), cela peut être utile par la suite

7)    Poursuivre la promenade, que le chiot n’associe pas ses besoins et le retour immédiat à la maison. Il risque sinon d’apprendre à se retenir pour faire durer la promenade le plus longtemps possible.

 

A noter !

Jusqu’aux 6 mois du chiot, grosso-modo (cela dépend des races et des sujets), nul besoin de s’inquiéter. Passés les 6 mois, le recours à un comportementaliste peut s’avérer nécessaire.

 

 

Gestion des « accidents » en présence des maîtres : si on prend le chiot sur le fait, on l’interrompt et on le porte dehors, et s’il recommence dehors, on le félicite comme aux points 5 et 6 ci-dessus.

 

Gestion des « accidents » en absence des maîtres : ne pas réagir, nettoyer hors de la vue du chiot et ne pas utiliser d’eau de javel (privilégier les produits neutres ou le vinaigre blanc).

 

Important : que ce soit en présence ou en absence, il ne faut pas mettre le nez de l’animal (chiot ou chien adulte) dans son urine ou ses excréments, il ne faut pas le punir ni le prendre par la peau du cou et / ou le secouer (ceci équivaut pour lui à une mise à mort).

 

A noter : Certains chiens n’ont pas appris à être propres, malgré ce que leurs maîtres en pensent : un animal qui a eu un accès libre au jardin, ou qui vivait dehors en permanence, risque de se soulager dans l’habitation si on le confine à l’intérieur. Il ne sait en effet pas se retenir. La réponse aux malpropretés passera par le même apprentissage que chez le chiot : tout reprendre à la base !

 

 

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Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
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commentaires

Jean-Pierre 28/01/2013 15:32

Je viens de découvrir ce blog, très complet. Je partage l'essentiel du contenu de cet article.

Laurence Bruder Sergent (Vox Animae) 01/02/2013 13:53



Merci à vous !