Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 17:31

La croissance implique un certain nombre d'acquisitions qui mobilisent fortement les individus juvéniles.

 

Les chiots doivent mémoriser un maximum de compétences en très peu de temps, pour devenir des adultes stables, disciplinés et efficaces socialement. Avant même de parler d’obéissance, une des demandes principales des propriétaires, il est attendu que chaque animal soit propre le plus rapidement possible, ne grignote pas tout et n’importe quoi, ne prenne pas trop de place dans l’emploi du temps de ses maîtres, et ne se fasse pas mal remarquer lors des sorties.

 

De la dépendance totale à la quasi autonomie… en 8 semaines !

 

Rappelons qu’à la naissance, les petits sont totalement dépendants de leur mère et des soins de base sans lesquels ils ne survivraient pas. Incapables de se déplacer et de s’alimenter tous seuls, ils sont aussi sourds et aveugles durant les premiers jours. Heureusement leurs sens s’affutent très rapidement pour découvrir leur monde, les autres espèces et les congénères.

Et 2 mois plus tard, ils quittent leurs repères, partent dans leurs foyers définitifs, avec un entourage inhabituel, et encore des habitudes inédites à intégrer. Leurs processus mentaux de traitement des informations fonctionnent à plein régime pour faire face à tous ces bouleversements.

 

Un sommeil de qualité de rigueur

 

Avec tant de progressions à réaliser sur quelques semaines, les temps de repos et de récupération de la fatigue nerveuse, mentale et physique doivent être savamment dosés. Malgré les envies permanentes de cajoler et de stimuler chaque individu le plus souvent possible, il est primordial de veiller à ce qu’il dispose de longues heures de sommeil pour se régénérer, quotidiennement. A défaut sa santé et son développement en seraient défavorablement impactés, et sa progression ralentie. 

 

Question de bon sens

 

Certes il est utile de socialiser, familiariser, habituer, éduquer. Commencer tôt est idéal pour inscrire dans la durée les bonnes attitudes, mais il est aussi vrai que tout ce qui est excessif est inutile, et qu’il ne faut pas confondre enseignement avec harcèlement.

Il suffit d’un peu d’observation des signaux que le chiot émet lorsqu’il est fatigué et de respect de ses postures, pour comprendre que l’on a dépassé ses possibilités d’apprentissage.

Il sera d’autant plus équilibré et sympathique qu’on l’a accompagné sereinement, en prenant le temps nécessaire et proportionnel à sa bonne croissance.

 

 

Laurence Bruder Sergent

 

www.vox-animae.com

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 17:06

Les jugements et remarques négatives sont facilement déversés sur les personnes qui osent avouer qu’elles conversent quotidiennement avec leur compagnon canin.

 

Les propriétaires qui discourent avec leurs animaux ne sont pourtant pas rares. Il s’agit d’ailleurs davantage de monologue que de conversation puisque bien évidemment, le meilleur ami de l'homme ne répond pas avec des mots.

Pour autant, on ne peut pas dire que le chien ne réagit pas du tout : c'est souvent le contraire. Par ses postures et regards, voire des petits gémissements, il fournit une réponse comportementale qui atteste de son attention. Quand il est calme, placide, voire assoupi, il inciterait presque à continuer son propos.

 

Bénéfices pour l’orateur

 

L’écoute inconditionnelle, attentive et sans jugement du chien génère le plaisir et le bien-être de l’émetteur du message. Après tout, de nombreuses personnes aiment se confier, que ce soit à un ami, un thérapeute ou un homme d'église, pourquoi ne pourraient-elles pas le faire auprès de leur fidèle compagnon à quatre pattes, qui est si proche d’elles ? Le chien pourrait être le psy idéal, du fait de sa proximité et sa disponibilité permanentes.

Au-delà des éventuels longs discours, reconnaissons que la plupart du temps, les échanges concernent les banalités de la vie courante, les questions aussi basiques que l’envie de sortir ou de recevoir une friandise.

 

Une question de niveau sonore

 

Bien entendu ce ne sont pas les remontrances, ordres et autres vociférations que l'animal accepte paisiblement d'entendre. Dans ces cas, il chercherait plutôt à se soustraire en quittant les lieux ou se cachant.

Si l'on voulait vraiment chercher des points négatifs et être légèrement de mauvaise foi, on pourrait imaginer qu’assommer de paroles d'incessantes un chien pourrait le rendre lui-même bruyant. Mais comme nous parlons de paroles calmes servant à raconter les petits événements du quotidien sur un ton normal, ce risque est quasiment inexistant.

 

Conséquences pour le chien ?

 

La question des éventuelles répercussions négatives pour le chien à « subir » des débits vocaux incessants n’est pas vraiment appropriée. A partir du moment où il y a du plaisir pour l'un et aucune nuisance pour l'autre, l’animal ne sera pas perturbé s’il a un profil comportemental et émotionnel stables. Au contraire, la relation homme/chien se trouve plutôt renforcée par des échanges complices et le chien ne se plaindra jamais d'inondations verbales insupportables. Tout juste se laissera t-il aller à de bruyants ronflements.

 

Gâteux ?

 

Arrêtons donc de culpabiliser les auteurs de longues allocutions ou de petites phrases insignifiantes, puisqu’ils ne font de mal à personne et, souvent même, ils occupent le chien entre deux promenades !


 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

Partager cet article
Repost0
26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 13:33

Malgré les mises en garde parues dans de nombreux médias, la tentation a été trop forte, un chien est apparu sous le sapin de Noel.


C’est une formidable opportunité qui s’ouvre dans le foyer : vivre des expériences inédites, s’ouvrir à un nouveau monde, prendre en charge un être vivant, apprendre en l’éduquant, et se découvrir soi-même capable de faire tout cela malgré un emploi du temps déjà bien chargé.

Ce cadeau probablement fantasmé comme exclusivement synonyme de plaisir, n’est cependant pas sans conséquence : il est à présent nécessaire d’assumer sur de nombreuses années un certain nombre de responsabilités.

 

Où est le mode d’emploi ?


Les premiers moments d’exaltation font rapidement place à des questions existentielles, à commencer par : qu’est-ce que je vais en faire ? Et puis, finalement, un chien, comment est-ce que cela fonctionne ? À quoi il pense ? Qu’est-ce qu’il mange ? Combien de fois par jour faut-il le sortir ? Quels sont ses désirs ? Est-il normal de le laisser monter sur le canapé, sur le lit ? Qui doit l’éduquer ?

La liste interminable des interrogations sera sans réponse immédiate, car aucun mode d’emploi exhaustif n’était fourni avec la bête et son bel emballage festif.

L’animal et ses nouveaux maîtres devront trouver une adaptation mutuelle spécifique, au fur et à mesure de leur cohabitation.

 

Principes de base


Ses besoins biologiques se présentent très rapidement : le nourrir de manière qualitative, lui fournir une source d’abreuvement permanente et lui permettre d’éliminer plusieurs fois par jour, par 3 promenades quotidiennes au minimum. Des rencontres avec d’autres chiens sont fondamentales pour son bien-être psychologique, ainsi qu’une bonne connaissance des règles en vigueur dans le monde des humains, que quelqu’un devra lui transmettre. S’il s’agit d’un individu venant d’un refuge, il est possible qu’il ait besoin d’être discipliné ou rééduqué : du doigté, de la patience et du temps en seront les conditions indispensables, autant se faire à l’idée et le programmer dans la liste des actions à mener pour le bien de tous.

 

Mauvaises pratiques


De la même manière qu’on ne demande pas à n’importe quel novice de réparer sa voiture, il est utile de s’adresser aux professionnels plutôt qu’à la logique populaire, souvent de bon sens mais aux limites réelles, pour apprendre à gérer ce nouveau membre de la famille. Le mettre dehors pour ne pas avoir à remplir la charge de travail n’est pas une option envisageable, ni l’abandon, irresponsable et pouvant perturber sa vie de manière irréversible.

La raison et la conscience de l’importance du travail à mener, peuvent cependant entraîner la prise de décision du replacement de l’animal : lorsque l’on est absent toute la semaine, indisponible pour assumer le rôle de propriétaire consciencieux ou peu enclin à gérer une vie de plus dans son foyer, c’est faire preuve de bon sens et agir pour le bien du chien innocent. En effet, il n’est pas échangeable comme le chandail offert par la belle-mère !

 

 

Laurence Bruder Sergent

 

www.vox-animae.com

Partager cet article
Repost0
12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 15:44

Chaque propriétaire a un jour connu ce moment où il voudrait devenir invisible ou capable de se télétransporter à mille kilomètres de l’endroit où il se trouve.

 

Ayant insisté pour emmener votre chien à une fête familiale, vous vous décomposez lorsqu’il se saisit intempestivement de la côte de bœuf qui attendait d’être rôtie pour nourrir l’assemblée.
Chez votre grand-mère, il s’est amusé à grignoter ses chaussons préférés pendant que vous discutiez autour d’un thé de Noël et de quelques bredele.

Dans la rue, il s’oublie en plein milieu du trottoir à l’heure de pointe et alors que vous avez omis d’emporter de quoi faire disparaître l’objet de ses éliminations.

Même si chacune de ces attitudes est explicable et légitime au regard de la réalité canine, ce sont de douloureux moments de solitude dont tout propriétaire se passerait sans problème.

 

Regards critiques de l’extérieur

 

Ces instants font partie des souvenirs qui ne s’effacent pas vraiment, et la plupart du temps ils nous offrent de bons moments de rires, quelques semaines ou mois plus tard, une fois la honte passée. Il est vrai que pour chacun d’entre nous, notre chien est une petite partie de notre image, celle que l’on voudrait renvoyer lorsqu’il est en notre compagnie et qui nous donne, notamment, une forme de légitimité sur notre capacité à gérer un autre individu que nous-même. Ou pas, puisque malheureusement la preuve est faite que l’on est incompétent, quelquefois, à le canaliser.

 

Egos malmenés

 

La pression sociale, les regards des spectateurs, les remarques acerbes et critiques, peuvent être vécues comme particulièrement humiliantes et attaquer les égos de chacun. L’animal est souvent un miroir des affects de ses humains, c’est pourquoi la personne se sent touchée lorsqu’elle a l’impression de paraître irresponsable ou laxiste aux yeux de sa famille, son entourage ou ses concitoyens. En plus des conséquences sur l’estime de soi au moment critique, il est aussi vrai que nous sommes responsables juridiquement des comportements de notre animal, au même titre que d’un objet ou d’un véhicule que nous détenons et dont nous devons garantir l’innocuité pour qui que ce soit.

 

Comment s’en sortir

 

Finalement, après les plates excuses de circonstances, l’humour est un outil salutaire, le seul qui reste quand aucune autre solution n’est envisageable : impossible de restituer une ressource avalée ni de faire apparaitre miraculeusement un accessoire pour nettoyer le délit. Par la suite, grâce à l’expérience retirée, il faudra utiliser la stratégie de l’anticipation et de la prévention, pour que de telles situations ne se reproduisent plus… jusqu’à la prochaine invention du facétieux quadrupède.

 

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com   

 

 

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 11:47

Cette terminologie est entrée dans le vocabulaire des propriétaires et professionnels du chien depuis la loi sur les sujets potentiellement dangereux.


Un animal figurant sur une liste de chiens catégorisés ou étant d’un profil particulier (mordeur, hors norme par rapport à ses congénères, repéré comme étant « à surveiller »…) doit être soumis à une évaluation comportementale auprès d’un vétérinaire agréé. Faute de quoi, un certain nombre d’obligations et de sanctions pourraient être infligées, allant d’une surveillance particulière du chien, de mesures contraignantes pour les humains, jusqu’à l’euthanasie de l’animal.

 

Le dispositif


L’évaluation comportementale a globalement pour objectifs de connaître un individu, de comprendre ses comportements, d’estimer, anticiper et se prémunir des risques éventuels pour lui-même, son entourage et la population en général. Après une période d’observations, de tests et éventuellement de contacts tactiles, l’observateur dresse un bilan sur les attitudes du chien, apporte ses conclusions sur son comportement potentiel dans certaines situations et dispense ses conseils aux propriétaires ou aux détenteurs (un refuge par exemple).

 

Les avantages de la méthode


Une observation distanciée dans un lieu neutre permet de se faire une idée sur l’adaptabilité d’un sujet, et notamment sur ses capacités à faire face à une situation nouvelle : présence d’une personne inconnue jusque-là, environnement différent du quotidien, demandes inhabituelles. Ses réponses devront être modérées et proportionnelles à l’intensité du stimulus initial. De plus, selon les expérimentations qui sont faites, les réactions de l’animal renseigneront sur sa bonne sociabilité vis-à-vis des personnes et des congénères, sa tolérance à la contrainte, sa gestion de la frustration, l’adéquation de ses postures au répertoire comportemental classique de l’espèce, etc. 
Même si elle est imparfaite, cette prise de mesures a le mérite d’exister et permet un certain nombre d’anticipations.

 

Les failles du concept


Le fait de se trouver dans un environnement inaccoutumé perturbe de nombreux animaux (il y a des humains qui n’apprécient pas davantage de quitter leurs repères) et impacte invariablement leurs comportements. On peut se demander si une observation (parfois au travers d’une vitre ou d’une grille de box) renseigne suffisamment sur les attitudes qui auront lieu dans un autre contexte de vie, dans la rue, dans la famille, au sein de l’habitation, etc. C’est comme si vous étiez observé durant quelques minutes par quelqu’un qui prétendrait ensuite vous connaître intégralement : ce n’est pas vraiment satisfaisant ni prédictif.

 

L’évaluation optimale


Cependant, pour être exhaustif et se faire une idée la plus précise possible du profil de chacun, un maximum de domaines devraient être étudiés autour des relations du sujet aux humains, aux congénères, aux déplacements dans l’espace, à la nourriture, aux promenades, aux ressources, etc. Il faudrait questionner longuement les propriétaires, se déplacer directement sur le lieu de vie, recueillir des indicateurs multiples… c’est malheureusement impossible dans la réalité.

De plus, pour approcher au mieux la propension réelle de l’animal à cohabiter paisiblement dans notre société, la discussion avec ses êtres d’attachement (ses propriétaires) est indispensable, mais… leur affection et leur manque d’objectivité sont également un écueil à contourner. 

 

 

Laurence Bruder Sergent

 

www.vox-animae.com  

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 16:50

 

Il est déroutant pour les propriétaires de chiens,  de s’apercevoir que leur animal ne se comporte pas comme son frère ou sa sœur.


Vous aviez toujours adopté des représentants d’une même race, et êtes surpris de constater que le dernier sujet que vous côtoyez, descendant pourtant d’une lignée similaire, a des comportements différents de ses prédécesseurs.


De la même manière, lorsqu’on possède chez soi des chiens issus d’une même portée, les ressemblances physiques ne gomment parfois pas de grandes disparités en termes de caractères ou de postures.

 

Manifestations comportementales opposées


Tous les bouviers bernois de la famille étaient jusqu’à maintenant particulièrement placides avec les enfants, et le dernier arrivé cherche à les éviter. Les bergers allemands du passé étaient des gardiens hors pair, l’actuel préfère la sieste sur canapé. Tandis que les cockers d’avant chapardaient la nourriture abandonnée sur la table basse, voici que le nouveau venu délaisse même sa gamelle. Ces attitudes auxquelles vous n’étiez jamais confrontés auparavant vous étonnent.

 

L’espèce, la race et l’individu


Il est normal que l’on s’attende à trouver des caractéristiques identiques chez des sujets qui partagent la même généalogie. En effet, la race au sein de l’espèce canine est la même, ce qui suppose des ressemblances physiques et comportementales chez chacun de ses représentants.

C’est effectivement le cas sur de nombreux critères : ils ont des besoins biologiques (manger, dormir, courir, respirer, se reproduire…) et éthologiques (communiquer, chasser, se défouler, s’occuper, se défendre…) similaires, acquis du fait de l’appartenance à l’espèce canis familiaris (le chien familier). Il en va de même pour leurs morphologies (taille, poil, type lupoïde ou molossoïde,…), des aptitudes pour des tâches particulières (flairage, garde, protection, familiarisation aux humains…) et des attitudes (regard, postures, tendances précises…) propres à une race ou à une lignée (sélection dans la race).

 

Uniques et particuliers


Cependant il ne faut pas oublier que chaque individu a des caractéristiques qui lui sont propres. De la même manière que les frères et sœurs humains sont loin d’être des clones les uns des autres bien qu’ils aient le même héritage génétique, chaque chien est unique. Chacun a son tempérament initial, auquel s’ajoutent ses conditions de vie dans sa petite enfance puis à l’âge adulte, ses expériences personnelles, ses éventuels traumatismes et problèmes de vie… qui façonnent sa personnalité et induisent ses comportements d‘aujourd’hui.

L’inverse de la situation évoquée plus haut est possible aussi : des traits physiques entre deux chiens apparentés peuvent être fort dissemblables, alors que leurs comportements et caractères sont très proches.

Comme toujours, l’inné et l’acquis se mêlent dans des combinaisons à l’infini, et nous rappellent que les êtres vivants ne sont pas toujours prévisibles !


 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 14:37

20141022_131833.jpg

 

20141022_201638.jpg

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 09:47

Chaque propriétaire, amateur ou professionnel, a ses propres critères pour définir ce qu’est un beau chien.


Lorsque l’on procède à un sondage autour de soi sur ce qui séduit chez notre meilleur ami à quatre pattes, les réponses sont aussi nombreuses que le nombre de personnes interrogées : elles préfèrent à tour de rôle les oreilles pointées vers l’avant ou tombantes, une musculature puissante ou au contraire des formes rondes et douces, un pelage épais et bouclé ou court avec des zones multicolores…
Il est à noter que l’offre s’est judicieusement adaptée à la demande, et on trouve sur le marché toujours plus d’ « options » dans le choix et l’ornementation de son chien.

 

Modifier pour mieux aimer ?


Parfois, le propriétaire souhaite « personnaliser » son chien (le rendre unique, au goût des humains, et encore plus aimable), alors on le coiffe, on le parfume, on le déguise, on lui ajoute des accessoires… sous couvert d’humour et d’amour, bien sûr. Les photos de chiens parés de leurs meilleurs atours (meilleurs ? sont-ils du même avis ?) se diffusent en masse sur l’Internet, et font sourire les enfants, s’amouracher les adultes, applaudir les partisans (et marchands) de ces pratiques. Après tout, où est le mal, si l’animal ne souffre que d’une légère contrainte durant quelques minutes pour lui mettre du vernis à ongle ?

 

Des points de vue différents


En effet il n’est pas forcément justifié de pousser de grands cris à la moindre image mignonne d’un toutou bien peigné au prétexte qu’on le dénature.  On peut cependant admettre que du point de vue canin, les parfums peuvent être agressants pour leurs narines, les bijoux agaçants, lourds et inutiles, les teintures dérangeantes et rendant la communication complexe avec les congénères. Tous les chiens travestis dans leur animalité sont forcément perturbés par cette instrumentalisation, alors qu’en vérité il s’agit surtout pour les humains de se donner une image valorisante ou « dans la tendance ».

 

Lorsque l’on atteint la maltraitance


Les cas les plus dramatiques des manipulations imposées à l’espèce canine sont malheureusement atteints lors de la sélection de nombreuses races de chiens : on parle d’« hypertype » quand les éleveurs et les juges de concours de beauté tentent d’obtenir une esthétique suprême en exacerbant des attributs spécifiques. De ce fait, certains chiens ne sont plus aptes à mener des vies normales et sans douleurs.
Au nom du principe (très subjectif) de beauté, les standards ont imposé des plis aux Sharpeïs (les rendant sujets à toutes sortes de maladies de peau), des yeux exorbités pour les Carlins et les Cavalier King Charles (problèmes oculaires, au minimum), un arrière-train affaissé pour les Bergers Allemands (dysplasie et nombreuses douleurs), une face écrasée (respiration difficile et faiblesse cardiaque), un museau bombé ou un prognathisme important (difficultés à se nourrir et voir correctement), des oreilles excessivement longues (otites), etc.

 

Une vie à souffrir


Remplis de tares physiques, physiologiques, voire éthologiques et neurologiques, ces animaux passent parfois toutes leurs vies à souffrir, uniquement parce que leurs apparences plaisaient à quelques apprentis sorciers de la génétique.

Heureusement la Société Centrale Canine, en charge de la gestion du cheptel français a conscience de ses dérives et s’attelle à y mettre de l’ordre.

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

Partager cet article
Repost0
3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 14:27

Il n’accepte pas qu’on lui demande de se pousser


 

Nous évoquions dans notre dernier article les situations où votre chien vous bloque, fait présence dans les passages ou empêche vos déplacements. Voyons aujourd’hui comment réagir lorsqu’il refuse vos injonctions à laisser la place.

 

 

Vous avez remarqué que votre chien a cette tendance à aller significativement au devant des autres chiens comme des humains. Cela se manifeste par une démarche rapide et assurée, avec la queue haute, la tête en avant, une augmentation de son volume corporel. Il montre qu’il veut être le premier à échanger avec le nouvel individu, et imposer sa manière d’entrer en contact. Tant que son identification olfactive n’est pas terminée ou qu’il n’a pas obtenu toutes les caresses qu’il souhaitait, il fait obstacle de son corps à un libre mouvement.

 

Stopper le contrôle d’identité


Cette situation peut être embarrassante pour vous, car c’est votre chien qui conditionne vos balades (vous devez le surveiller), vos rencontres et votre timing (même si vous êtes pressé, il n’accepte pas d’écourter son « examen »). De plus, pour imposer le temps requis à ses vérifications, il peut se mettre à grogner, provoquant la peur ou l’incompréhension chez le sujet-cible.

 

Que faire ?


Pour stopper ce comportement, essayez de détourner son attention en le focalisant ailleurs. S’il est concentré sur quelque chose de plus intéressant pour lui (un jouet qu’il adore, une friandise, un nouveau lieu à explorer, un stimulus irrésistible…), vous aurez obtenu exactement ce que vous vouliez sans aucune violence.

 

Il n’accepte pas votre autorité sur lui


Le grognement est une menace à prendre au sérieux, elle préfigure, chez le chien, une attitude désagréable de sa part s’il n’obtient pas ce qu’il veut. Lorsque l’on se trouve face à un sujet très réactif dans ces contextes de rencontres, des précautions d’usages sont indispensables si l’on ne veut pas générer des conduites agressives.

 

A éviter s’il est exigeant


Evitez de le braquer, le forcer, le brutaliser, ou de rentrer en conflit physique avec lui : vous n’en sortiriez pas gagnant, sa perception de son maître en pâtirait. Pensez aussi à ne pas récompenser involontairement, si vous le caressez en lui disant doucement qu’il faut arrêter… ou abandonnez après avoir commencé à lui demander de stopper son comportement. Il pourrait y avoir persistance et répétition de sa part, puisqu’il aurait appris comment vous faire modifier vos attitudes à son égard.

 

L’anticipation comme prévention


Si vous ne parvenez pas à détourner son attention au moment opportun, il faut anticiper. Isolez-le avant d’ouvrir la porte à vos visiteurs. Changez de trottoir lorsque vous voyez un autre chien dans la rue. Prenez soin de l’avoir promené avant de partir puis, au moment de sortir, restez calme, faites des détours, mettez vos chaussures et votre veste à l’avance, pour aller tranquillement à la porte sans qu’il ne vous retarde.

Certes cette méthode demande de faire plus d’efforts et de réfléchir davantage, mais la satisfaction d’avoir obtenu gain de cause sans rapport de force ni perte de contrôle de vos émotions le justifie amplement.

Faisons l’effort, pas les forts !

 

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 14:37

Allongé sur votre pied, agrippé à votre mollet, appuyé contre vos jambes, collé à vous… votre chien vous oblige à lui demander de se pousser avant de pouvoir bouger. Ce comportement signifie-t-il une dépendance affective trop forte ou faut-il y voir une autre motivation ?


Votre chien est venu vous barrer la route de toute la largeur de son corps alors que vous alliez vous déplacer. N’étant pas insensible à cette approche apparemment amicale, vous vous laissez séduire et lui accordez généreusement quelques caresses.  Cependant, pour lui ce n’est pas assez, il insiste, il en veut plus. Pour avancer, il vous faut encore vous acquitter de quelques câlineries, et enfin il accepte de vous libérer le passage.


Le contact tactile n’est pas qu’affection

Les chiens apprécient pour la majorité d’entre eux qu’on les cajole. Mais peut-être avez-vous remarqué la tendance du vôtre à le demander quand bon lui semble, alors qu’à l’inverse, il ne vient pas toujours à votre appel quand c’est vous qui proposez de le câliner.

Pour nous humains, les flatteries envers les animaux leur montrent notre affection. Elles nous procurent en même temps un sentiment chaleureux, apaisant et agréable au toucher et un plaisir partagé avec notre meilleur ami.

Pour le chien, il existe au moins une autre raison à proposer un contact ou une posture à son propriétaire, comme à ses congénères : tenter de gérer leurs déplacements. Dans les échanges entre canidés, on observe souvent la position du premier qui empêche le second de se déplacer librement, en se plaçant à sa perpendiculaire ou en le bloquant avec son postérieur.

Cela peut se voir avec l’humain aussi.


Gestion de l’espace et des déplacements

Lorsque votre chien est venu se plaquer contre vous de sorte que vous ne pouvez plus avancer, il attend que vous répondiez à sa demande… en obéissant. Rester plus longtemps dans le même espace, vous occuper de lui ou encore le prendre avec vous en promenade… Bien qu’il n’ait pas utilisé de manifestation sonore, vous comprenez ses intentions : il espère quelque chose de vous.

Accroché à vos mollets, ce n’est pas une parade sexuelle qu’il exécute, pas plus qu’il ne trouve un confort particulier à s’étaler sur vos chaussons. Ce sont des manières de modifier votre comportement, de vous indiquer que vous ne pouvez bouger sans son consentement, ou encore qu’il souhaite être l’objet exclusif de votre attention.

 

Quand cela devient problématique

Ce comportement peut devenir vraiment dérangeant quand il l’exerce sur vos invités ou les personnes que vous rencontrez au hasard de vos sorties communes : de garant des mouvements à l’intérieur de la maison, il prend alors un rôle de meneur à l’extérieur, avec les prérogatives inhérentes.

 

Comment gérer

Il est possible de gérer cette attitude quand elle devient oppressante pour vous. Apprenez à votre chien à se déplacer à votre demande amicale, et faites-lui comprendre, sans cri ni violence, que vous n’acceptez pas qu’il vous barre le passage.

Parfois, il arrive que le chien se rebiffe, grogne et montre les dents quand on ne va pas dans son sens, il est alors temps de faire appel à un comportementaliste.

 

Laurence Bruder Sergent

 

www.vox-animae.com

Partager cet article
Repost0