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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 18:09

Contrairement à ce que pense la plupart des gens, les chiens disposent d’un éventail de signaux pour faire passer des messages à leurs congénères et à nous.

 

Lorsqu’ils veulent échanger des informations, les humains utilisent plusieurs modalités de communication : verbale (en écrivant ou parlant), non verbale (les gestes, mimiques et postures associés) et para-verbale (les intonations qui s’ajoutent aux paroles prononcées, le volume, le timbre).

Les chiens accommodent eux aussi de variations complexes, ils sont capables de nuancer leurs intentions, leurs demandes et leurs besoins. Comme nous, il suffit simplement qu’ils aient appris ces codes en étant jeunes, et les interactions seront aisées avec leurs congénères qui ont appris le même langage.

 

Un aboiement = un mot ?

 

Francis a exprimé son désarroi car il pense qu’il ne saisit pas le langage de son meilleur ami et ne le comprendra jamais : il trouve que les sons que son chien émet ne sont pas signifiants. Pour lui les « mots » canins ne sont pas limpides, et il se sent triste d’être un propriétaire si incompétent. Il dit qu’entre chiens tout est facile, mais qu’entre deux espèces les échanges sont trop complexes. Pour rassurer ou inquiéter Francis, il est utile de lui expliquer que les manifestations sonores ne sont qu’une toute petite partie des capacités de nos canidés pour transmettre leurs états d’âmes et leurs désirs.

 

Plusieurs organes s’expriment

 

Le corps tout entier s’exprime et plusieurs organes entrent en jeu. Généralement les battements de queue sont repérés facilement car leurs mouvements captent notre attention. La vitesse et l’amplitude des agitations du fouet, associées aux postures corporelles, au poil hérissé et parfois à de petits bonds, sont autant de signes qui nous permettent d’envisager l’état émotionnel de l’individu.
Si vous tenez son jouet préféré dans votre main et qu’il se positionne de la sorte face à vous, vous avez vite fait d’en déduire qu’il est plutôt en joie.
A l’inverse, s’il est figé et tout son corps de biais, si ses oreilles sont plaquées sur son crâne, si sa tête est détournée et son regard vous fuit, si ses babines frémissent et qu’il semble mal à l’aise, s’il gronde …. vous saisissez certainement là aussi qu’il n’est pas bien et qu’il s’apprête à fuir ou à mordre.

 

Observer et contextualiser

 

Comme nous venons de le voir de nombreuses informations s’expriment avec plus ou moins d’évidence et d’intensité pour signifier une grande palette d’émotions.

La formule « il ne leur manque que la parole » n’est pas exacte : leur répertoire est étendu. C’est notre réception des messages qui laisse à désirer.

Il suffit d’être attentif et de toujours relier le contexte avec ses observations. De la même manière que pour apprendre une langue étrangère, il est nécessaire de répéter et s’exercer souvent pour bien interpréter les signaux différents qui sont émis. N’importe qui peut apprendre la langue canine, c’est simplement une question d’entraînement.

 

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 10:14

Puisque l’heure est aux projections pour l’année à venir et aux engagements que l’on respectera de manière aléatoire, tentons d’appréhender les différents points de vue sur cette question multifactorielle.

 

Les avis des propriétaires convergent souvent sur la réduction de certaines nuisances : si nos meilleurs amis pouvaient décider de ne plus ronger les chaussures, grignoter les tapis ou se servir des denrées alimentaires non rangées, ce serait fort apprécié.
Les relations avec les autres chiens seraient elles aussi à améliorer : que Baltus le colosse arrête de terroriser les minis-chiens et Dynamo de se prendre pour un tyran améliorerait sensiblement le quotidien de leurs humains.
Quant à Mina, trop intéressée à batifoler avec ses congénères, si elle pouvait cesser d’être aussi sociable, la longueur des balades seraient d’autant plus courte ce qui arrangerait bien les affaires de ses promeneurs toujours pressés.
Voici quelques résolutions que les propriétaires voudraient voir tenues par leurs toutous.

 

Souhaits utopiques

 

A la faveur de la nouvelle année, les heureux maîtres disent parfois qu’ils pourraient l’être davantage si les chiens arrêtaient de se comporter comme tels : qu’ils aboient moins, qu’ils soient toujours propres et bien odorants, que leurs bonnes manières soient louées par tout le monde, qu’ils soient des exemples pour tous les énergumènes mal élevés du quartier. Et qu’ils ne leur fassent pas honte en reniflant les derrières !

 

Affection inconditionnelle

 

De très nombreux témoignages font la part belle aux attentes impossibles à satisfaire.
Malheureusement il ne suffit pas de le vouloir pour que les désirs deviennent réalités.
Que leurs meilleurs amis ne tombent jamais malades ou qu’ils guérissent vite s’ils le sont déjà, qu’ils vivent de longues vies avec eux et ne connaissent aucun accident, ou tout simplement qu’ils soient comblés par leurs existences communes.
Ces amis des animaux ne demandent rien d’autre que du temps et de l’affection, ils se satisfont même de petits défauts de caractères.

 

Leurs désirs quant aux résolutions des maîtres

 

Les premiers concernés quant à eux, exprimeraient certainement des désirs clairs et sans ambiguïtés. Ils aimeraient que les résolutions de leurs gardiens s’orientent vers des sorties plus longues et plus variées. S’ils apprécient les paysages alsaciens, ils ne rechigneraient pas à explorer d’autres contrées inhabituelles, propices aux découvertes olfactives, visuelles, auditives et tactiles.
Dans les rêves canins, les compagnons de route aussi seraient diversifiés afin de ne pas toujours cheminer avec les mêmes congénères. Une pré-sélection serait d’ailleurs appréciée afin de ne pas courir de risques avec des malotrus juvéniles ou indisciplinés.
Que les trottoirs soient moins inhospitaliers pour leurs pattes dans les grands froids et canicules, et les pots d’échappement qu’ils respirent sans cesse expulsent enfin des parfums enchanteurs pour leurs narines.
Leurs fades granules qui leur servent de nourriture pourraient devenir des mets délicats pour leurs palais sans pour autant nuire à leurs santés.

 

Leurs propres résolutions…

 

De leurs côtés, les chiens pourraient s’engager à ne plus se rouler dans tout ce qui est délicieux pour leurs narines mais écoeurant pour les nôtres, et revenir lorsqu’ils sont appelés joyeusement. Ils pourraient promettre de ne pas occasionner de soucis à leurs humains par leurs poursuites de tous les chats du quartier et cesser de creuser dans les jardins amoureusement bichonnés. Pour autant, partant du principe que lorsque l’on chasse le naturel il revient au galop, ils sauraient certainement que leurs serments seraient vains.

 

… et leurs promesses !

 

Finalement, leur meilleure décision serait sans doute de rester tels qu’ils sont, car c’est grâce à eux que nous nous améliorons : en cherchant comment rendre la relation toujours plus satisfaisante pour les uns comme pour les autres, en réfléchissant à nos comportements à leurs égards et en étant de meilleurs maîtres pour eux, enfin.

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 06:26

Aujourd’hui nous nous demandons comment les enfants considèrent nos chiens domestiques. Ont-ils même regard que nous ?

 

La manière dont les adultes considèrent les meilleurs amis de l’Homme est complexe et multimodale. Ils oscillent entre « amis », « ennemis » et indifférences, et il en va de même pour les enfants : il existe une grande variété dans leurs façons de comprendre et appréhender cette espèce à la fois si proche de nous et pourtant bien différente.

 

Ce qu’ils savent

 

Tous les enfants savent généralement que les chiens ont des besoins à satisfaire (en termes de nourriture, de boisson et de santé), qu’il faut souvent les brosser et les promener. Ceux qui en ont eux-mêmes dans leurs entourages proches ou dans leurs propres familles connaissent davantage de détails : ils peuvent avoir peur ou être en colère, ils aiment les câlins mais il ne faut pas les étouffer dans les bras, ils ne sont pas amis avec tous les congénères et certains apprécient qu’on leur lance des balles ou des jouets à rapporter. Ils mangent de la viande ou des croquettes mais surtout pas de chocolat, préfèrent dormir sur le canapé que dehors parce que c’est plus confortable. Et quand ils aboient, il faut se méfier car ils ne sont pas contents ou ils ont mal. Chacun a vécu des expériences qui ont alimenté ces croyances.

 

Témoignages des premiers concernés

 

Lilou pense que les toutous sont tous gentils, car le sien est adorable et ils sont tous pareils. Mathéo désapprouve : celui de la voisine est un tyrannosaurus rex super « flippant » qui ne ferait qu’une bouchée de lui car « tout le monde sait que les bergers allemands ça mange les enfants ». Tom a appris qu’il ne faut pas toucher sans demander d’abord au maître si on a le droit, et que parfois les chiens n’aiment pas qu’on les caresse sur la tête. Maeva voudrait bien que ceux dans la rue « arrêtent de crier parce qu’on peut dire les choses sans hurler ».

 

Connaissances transmises

 

Tous ces récits reflètent finalement ce qui a été transmis à nos chères têtes blondes par les expériences, les lectures ou vidéos et les paroles entendues.

L’enfant qui a été témoin d’un accident ou d’une morsure, voire victime lui-même, aura légitimement une façon de voir les choses qui découle de cet apprentissage. Celui qui a été bercé par le « grand méchant loup » toute son enfance aussi. Les parents qui ont peur inoculent leurs phobies à leurs enfants parce qu’ils interdisent toute approche ou véhiculent des idées anxiogènes. Ces paroles sont évidemment retenues par leurs progénitures et deviennent des certitudes absolues.

 

Formations et informations possibles

 

Les professionnels des chiens sont particulièrement volontaires pour intervenir auprès des jeunes dans les établissements les accueillant. Dans un but éducatif, informatif et préventif, ils transmettent les connaissances scientifiques sur les réalités canines et permettent ainsi aux publics juvéniles de changer de points de vue grâce à des arguments véridiques et accessibles pédagogiquement. Pour les plus petits, des jeux de rôles et des mises en situations sont très appréciés et répondent à des objectifs de sécurité et d’évitement des accidents domestiques. Il est à se demander pourquoi il est si difficile de trouver deux heures sur une année scolaire pour apprendre à ces générations futures que les chiens sont des individus avec des motivations, des qualités et des défauts à connaitre et respecter puisque nous les côtoyons tous les jours. Pour le bien de tous.

 

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Laurence Bruder Sergent

 

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 07:21

Pat et Mat causent bien des inquiétudes à leurs maîtres, leurs bagarres quotidiennes les épuisent et les rend pessimistes quant à un avenir commun dans une même habitation.

Quiconque a déjà assisté à un conflit entre deux chiens a pû se rendre compte à quel point cela peut être impressionnant. Un débat pour gagner une présidentielle est à peine moins violent.

Tous amis ?

Nous l’avons souvent indiqué dans cette chronique, les chiens sont à notre image sur au moins un point : ils ne s’entendent pas avec tout le monde. Nous aimerions que nos meilleurs amis à qui nous montrons notre attachement de manière équitable le soient tout autant entre eux, mais ce désir est parfois vain. Des incompatibilités de caractères, des manières différentes de percevoir leurs environnements, des conceptions inégales de partages des ressources telles qu’un jouet ou un lieu de couchage peuvent déclencher des altercations et créer des mésententes. Les menaces exprimées par aboiements, grognements, babines retroussées voire des morsures ne sont pas rares, chacun tentant de défendre son pré carré ou refusant de nouer des liens avec un individu trop incompatible avec son propre tempérament.

Commencer par une évaluation objective de la situation

Lorsque la limite de tolérance a été franchie et que les propriétaires souhaitent prendre une décision sur une éventuelle séparation, il est nécessaire de se poser un bon nombre de questions, à commencer par les plus graves en termes de conséquences pour l’un ou pour l’autre. Si des blessures sérieuses se produisent à chaque dispute, l’évaluation du risque ne sera pas la même que dans le cas où la situation relève de la scène de ménage qui se règle d’elle-même en quelques secondes, sans qu’il y ait le moindre contact entre les dents de l’un et la peau de l’autre. A contrario si les sujets s’engagent dans de graves et lourdes échauffourées nécessitant fréquemment l’intervention d’un vétérinaire, la dure réalité devra être prise en compte, la cohabitation n’est tenable pour personne, autant en termes de stress et de santé que de qualité de vie.

Premières mesures à prendre

Selon les réponses obtenues aux premiers constats, il pourra être décidé de tenter encore quelques temps la vie commune. Il s’agira de veiller à ne pas créer de tensions entre eux de manière involontaire. Pour cela, une bonne connaissance des limites de chacun des protagonistes est essentielle pour pouvoir anticiper les dangers. Si par exemple l’un des chiens est très intéressé par la nourriture au risque de se l’approprier et la défendre vigoureusement, il sera nécessaire de séparer les animaux aux moments des repas. Il en va de même pour les contacts affectifs qui sont offerts : s’il y a des désirs de possessivité et d’exclusivité de l’un ou l’autre, mieux vaudra accorder son attention de manière précautionneuse et alternée.

Faciliter les rapprochements

N’oublions pas la notion du temps : une relation ne se construit pas en un jour, la patience est alors de rigueur. Si l’on crée des associations positives en passant d’agréables moments ensemble, cela peut grandement faciliter les accords. Gardons cependant en tête que l’on ne peut pas générer artificiellement une entente et qu’il faudra parfois admettre l’idée qu’une simple cohabitation neutre est déjà fort acceptable, si chacun se tolère sans forcément s’apprécier mais qu’ils ne s’écharpent pas à longueur de journée.

Si la haine persiste

Les options à envisager en cas d’échec des tentatives engagées sont douloureuses. Il s’agit de faire un choix difficile, pour protéger les deux chiens, car même celui qui initie les batailles quotidiennes ne vit pas paisiblement sa vie de chien. Malheureusement les incompatibilités existent et nécessitent un divorce, pour le bien de tous. Nous ne pouvons pas forcer nos chiens à être amis.

 

Laurence Bruder Sergent

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 16:33

Mathilde ne comprend pas le comportement agressif de son meilleur ami lorsqu’il est en laisse.

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Diesel est un bon chien de famille, qui ne pose généralement pas de souci. Il s’entend bien avec tout le monde, les enfants, les adultes, les passants, et ses semblables lorsqu’il est au parc. Mais un épisode récent a bouleversé les certitudes de sa maîtresse : alors qu’elle le promenait dans la rue, elle a croisé un maitre et son chien et voulant permettre aux animaux de faire connaissance, elle s’est approchée. Dans les derniers mètres qui les séparaient, son Diesel s’est mis à bondir, aboyer, avancer et reculer comme un fou. Elle a eu très peur, l’autre maître aussi, et ils se sont séparés précipitamment.

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Chien réactif en laisse

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Le profil qui nous est décrit nous fait penser à un sujet qui a besoin d’espace et de liberté pour se sentir en confiance. Il semble avoir un intérêt certain pour les congénères, mais préfère les aborder librement plutôt que contraint dans ses déplacements par son propriétaire d’un côté, la laisse de l’autre, et le même schéma en face de lui. Ces réserves sont assez fréquentes chez les chiens, mêmes très bien socialisés, et cela les amène régulièrement à menacer pour avertir leurs vis-à-vis canins qu’ils ne souhaitent pas de contact dans ces conditions. Les communications qui s’expriment alors sont plutôt impressionnantes, les expressions sont bruyantes et les agitations grandioses. Légitimement ils amènent les humains à se détourner, ce qui ne fait que renforcer leurs comportements aversifs et augmenter les réticences des humains à provoquer des rencontres entre chiens.

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Ce que l’on peut faire

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Il existe plusieurs manières de procéder si l’on souhaite changer ces réactions. La première consiste à engager ce que l’on appelle une habituation (avec un professionnel compétent et non violent), pour amener progressivement à la disparition des postures non désirées. Concrètement, il s’agit de récompenser le chien tant qu’il a une attitude paisible, lorsque l’on se tient à 20 mètres d’un autre chien attaché, puis à 15m, à 10m, et de plus en plus près. A la faveur des répétitions, Diesel ou n’importe quel individu ayant les mêmes réserves, apprendra à rester calme, à déclencher d’autres émotions moins excessives et surtout, plus confortables pour lui. Ce procédé est utile si l’on croise très souvent d’autres animaux avec leurs humains, que l’on habite en ville, ou que l’on n’a pas de possibilités de lâcher souvent le sien avec ses congénères.

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La solution de facilité

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L’alternative la plus économe en énergie et en temps consiste évidemment à proposer à l’autre maître s’il accepte de libérer son animal afin que les deux puissent faire connaissance et s’ébattre en liberté. Bien entendu il est nécessaire de s’assurer que les conditions de sécurité sont réunies, c’est à dire qu’aucun danger lié à la circulation des véhicules ou la présence de promeneurs ne soit présent sinon les deux toutous en pleine course pourraient être blessés, générer un accident, se transformer en boule de bowling et faire tomber tous les sujets aux alentours. Indéniablement c’est une opportunité d’offrir à son chien des contacts et des moments de plaisirs à évoluer avec des semblables, ce qui n’est jamais assez le cas dans leurs vies.  

Bien sûr Diesel ou n’importe quel autre chien ne se fera pas que des copains, il y aura des inimitiés et des individus qui n’entreront pas en connexion,… comme dans la vie !

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Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 14:55

Sous le prétexte de divertir leurs publics, il arrive que les médias télévisuels franchissent les limites de l’objectivité, de l’objectivité et du respect.  

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Une émission diffusée dimanche dernier sur l’éducation canine (7 à 8 sur la Télévision à Faible 1telligence) a fait grand bruit auprès des propriétaires de chiens, des associations de protection animale et des professionnels qui travaillent avec éthique et grandes valeurs morales. Tous s’insurgent vigoureusement des violences commises dans le reportage et ne se reconnaissent en aucun cas dans les manières exhibées comme des usages habituels et nécessaires.  

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Agressions caractérisées

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Parmi les attitudes insupportables commises à l’écran, les téléspectateurs auraient pû noter qu’il ne faut renoncer à aucune maltraitance : cracher sur les chiens, les pincer, les pendre avec leurs laisses, les traîner, enfou

rner la main dans leurs gueules, et ne surtout pas tenir compte des signaux de peur exprimés. La victime canine a cherché à se cacher derrière sa maîtresse pour éviter la persistance de la contrainte émotionnelle et physique, sans succès malheureusement, son calvaire a continué. On aurait pû croire que c’est ainsi qu’il fallait procéder avec tout animal récalcitrant.

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Esprit critique et responsabilité individuelle

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Heureusement les personnes qui étaient devant leurs écrans ne se sont pas laissées prendre au piège de la manipulation. Elles se sont rendues compte qu’elles étaient considérées comme des décérébrées qui avalent toute image comme des vérités et ne pensent pas par elles-mêmes. Elles ont bien remarqué que les maniements violents étaient surtout le signe de l’incompétence et que ces recommandations, outre leurs caractères agressifs, n’étaient que mensonges et intoxication intellectuelle.

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Rejet vigoureux de méthodes ancestrales

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La programmation a oublié que chacun sait de nos jours qu’il n’est pas admissible de malmener les autres. Les brutalités sont punies par la loi, y compris lorsqu’une personne détentrice de l’autorité en abuse. Ceci est valable pour les humains mais aussi envers les animaux.

Nos meilleurs amis vivent auprès de nous, au sein même de nos foyers et tout sain d’esprit ne s’attaque pas à un membre de sa famille ni à autrui. Lorsque l’on aime et estime un individu, ce sont des solutions non violentes que l’on privilégie, même si à l’occasion il perturbe l’entente du groupe ou montre un comportement non désiré. Jamais les coups et les cruautés ne sont cautionnés par la légalité ni par la société.

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Mission échouée

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Ecartons sans ciller ce mauvais souvenir qui tentait de nous décharger de nos responsabilités individuelles et collectives en permettant tous les excès : la force et la contrainte ne seront jamais un moyen pour atteindre ses objectifs, nous avons tous conscience que nos actes doivent être réfléchis.

Les petits soldats refusent de se laisser entraîner dans le piège de l’incitation à la violence, leurs temps de cerveaux disponibles ont discriminé l’intoxication de l’information.

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Laurence Bruder Sergent

 

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 12:36

Bonjour à tous,

L'heure de la révolution animale a sonné :

Aujourd'hui est lancé un grand appel pour la création d'un secrétariat d'État à la condition animale avec le soutien de 23 spécialistes français du monde animal, et demain paraîtra le livre événement Révolutions animales (Les Liens qui libèrent) regroupant 80 des plus grands spécialistes internationaux du monde animal - Jane Goodall, Matthieu Ricard, Frans de Waal... - sous la direction de Karine Lou Matignon.

Une pétition est disponible sur change.org. Retrouvez également l'appel dans l'édition du Monde de demain. Karine Lou Matignon était ce matin l'invitée des Matins de France Culture.


Voici la liste des signataires :

Françoise Armangaud (philosophe)

Eric Baratay (professeur d'Histoire contemporaine)

Denis-Richard Blackbourn ( docteur en Ethnozoologie)

Gilles Bœuf (professeur à l'Université Pierre et Marie Curie, Conseiller scientifique auprès du président du Muséum national d'Histoire naturelle

Georges Chapouthier (directeur de Recherche Emérite au CNRS)

Valérie Chansigaud (historienne des sciences et de l'environnement)

Yves Christen (éthologue, docteur en science)

Philippe Cury (directeur de Rechercher à L'Institut de Recherche pour le Développement)

Boris Cyrulnik (neurologue, psychiatre et éthologue)

Fabienne Delfour (éthologue, spécialiste des cétacés)

Vinciane Despret (éthologue et philosophe)

Ludovic Dickel (professeur des Universités en Biologie des comportements)

Elisabeth de Fontenay (Philosophe)

Muriel Falaise (Maître de conférences en droit privé)

Pierre Jouventin (éthologue)

Christelle Jozet-Alvez (maître de conférences en biologie du comportement)

Emmanuelle Grundman (biologiste, journaliste et spécialiste des grands singes)

Thomas Lepeltier (Historien et philosophe des sciences)

Karine Lou Matignon (auteure, journaliste)

Baptise Morizot (Maître de conférences en philosophie)

Eric Navet (éthnologue)

Jean Marc Neumann (juriste et enseignant en droit de l'animal)

Matthieu Ricard (Biologiste, Moine Bouddhiste)

Illustré de plus de 100 photos exceptionnelles, ce livre dresse le portrait de l'état actuel des connaissances transdisciplinaires - anthropologiques, psychologiques, vétérinaires, ou encore juridiques - sur les animaux : intelligence, compétences, sensibilité à la douleur, empathie, mémoires...

Vous trouverez ci-dessous le communiqué de presse de ce livre et vous pouvez consulter une plaquette qui présente plus largement ce projet ici : http://issuu.com/annearnaud/docs/pre__sentation_re__volutions_animal?workerAddress=ec2-54-205-147-115.compute-1.amazonaws.com

Je reste à votre disposition pour toute demande.

Bonne journée,

Arnaud Labory

Révolutions animales

Comment les animaux sont devenus intelligents

- Karine Lou Matignon (Dir.) Préface de Jane Goodall

Avec Eric Baratay, Marc Bekoff, Gilles Boeuf, Florence Burgat, Yves Christen, Boris Cyrulnik, Vinciane Despret, Elisabeth de Fontenay, Jane Goodall, Pierre Jouventin, Fabrice Nicolino, Hubert Reeves, Matthieu Ricard, Peter Singer, Frans de Waal...

Voici un livre événement ! Pour la première fois en France, les plus grands spécialistes internationaux dressent un portrait de l’état actuel des connaissances sur le monde animal. Intelligence, compétences, sensibilité à la douleur, relation à la mort, sens de l’empathie et de l’altruisme, cultures, mémoire ... Depuis une trentaine d’années en effet, la perception que nous avions des animaux a radicalement changé. La grande originalité de cet ouvrage réside dans son approche transdisciplinaire qui convoque à la fois des éthologues, des paléontologues, des anthropologues, des philosophes, des psychologues, des juristes, des médecins vétérinaires ou des sociologues. Un beau-livre illustré de plus de 100 photos exceptionnelles.

L’idée que nous nous faisons des animaux a changé. Ces dernières années, la science a participé à faire évoluer la perception que nous avons des animaux en rendant accessible leurs univers mentaux. Elle dresse aujourd'hui un portrait d'eux beaucoup plus personnel et vivant. La frontière entre eux et nous est devenue plus floue. Ils ne sont plus ces mécaniques d'autrefois ni même seulement les représentants d'une espèce mais sont devenus des individus sensibles.

Ces nouvelles considérations constituent un tournant majeur dans notre société car ils nous conduisent à envisager d'autres rapports avec eux. Ainsi se pose la question de leurs droits et de nos obligations éthiques

à leur égard. Hier, jugée anecdotique, cette sollicitude pour les animaux induite par la connaissance est désormais une question sociétale et s'impose progressivement sur la scène

économique et politique mondiale. Elle augure d'autres manières de vivre ensemble. Une révolution, qui, de l'avis de beaucoup, marque un progrès moral pour l'humanité. Cet ouvrage embrasse tout le champ multidisciplinaire traitant cette évolution.

Une première partie réunit les connaissances actuelles sur les compétences des animaux à la lumière des découvertes les plus récentes. Emotions, intelligences, cultures, mémoire, créativité, empathie ...

Une seconde partie revisite l'histoire des relations entre les hommes et les animaux, des origines à nos sociétés modernes, en passant par les différentes époques et cultures, et jusqu'à la question de leur statut. De par le monde se multiplient en effet les actions en faveur de la reconnaissance d’une personnalité non-humaine. Ce livre privilégie une approche multidisciplinaire et des contributeurs internationaux de renoms. La recherche, la pensée, le droit seront traités mais les sujets d'actualité qui intéressent les citoyens aussi. Un ouvrage rigoureux et très accessible.

Une iconographie en couleur et en noir et blanc participe à incarner l'esprit de cet ouvrage en révélant, par des photographies exceptionnelles, ce que sont devenus les animaux : des individus qui nous interrogent...

Contacts presse : Agence Anne & Arnaud

Arnaud Labory

arnaud@anneetarnaud.com 06 22 53 05 98

Anaïs Hervé

anais@anneetarnaud.com 06 13 66 06 67

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 13:34
Mon chiot fait des bêtises

Les bêtises commises par les chiots mettent les nerfs de leurs propriétaires à rude épreuve. Penchons-nous à présent sur les motivations canines juvéniles avec notre comportementaliste.

Pascal a fait l’acquisition d’un chiot de race baptisé Pirate. Ce dernier est particulièrement ravageur pour l’intérieur de Pascal, les murs sont grattés, le papier peint arraché à certains endroits, le canapé lacéré, les rouleaux de papiers déchiquetés et répartis dans toute l’habitation par notre corsaire canin. Il est un peu rebelle aussi, a commencé l’adolescence et semble atteint de surdité sélective. Il n’entend pas quand on lui demande de cesser.

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Désagréable, mais utile

Pour les humains, les comportements qui nous déplaisent sont aisément qualités de bêtises ou de méfaits.
Du point de vue du chiot qui grandit, il en va autrement.
En tant que mammifère en devenir, il expérimente avec ses propres outils, prend des initiatives, fait des essais, ce qui correspond parfaitement à son stade de développement. Il prend en gueule, déchiquette, s’amuse, refuse l’autorité, teste ses propres limites et celles de son entourage.
C’est aussi ainsi que fonctionnent les enfants humains : ils découvrent le monde en entrant en interaction avec lui et en faisant des expériences quotidiennement. Qui ne s’est jamais plaint d’un objet abîmé ou d’une attitude non souhaitées provenant de sa progéniture ?
C’est bien ainsi que les jeunes apprennent la vie, qu’ils mémorisent les usages bienvenus, simplement tolérés ou carrément proscrits.

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Comment limiter les dégâts

Nous pouvons nous baser sur l’anticipation, le bon sens et la prévention.
En premier lieu il est utile de se souvenir qu’un chiot vous impose de bien ranger votre intérieur. Tous les objets auxquels vous tenez, qu’ils soient fragiles ou précieux, seront mis hors de sa portée. Parallèlement il est souhaitable de proposer des outils de redirection que la petite canaille pourra déchiqueter à loisirs sans qu’il y ait de conséquence pour sa santé ou votre budget. Donnez-lui de quoi mâchouiller s’il aime utiliser ses dents et proposez lui des distractions pour stimuler son intelligence et lui apprendre à patienter tout seul. Rappelez-vous qu’un animal occupé n’adopte pas des comportements indésirables puisque son attention est tournée vers une autre activité, plus gratifiante. N’oubliez pas de lui proposer une relation affective équilibrée, c’est-à-dire en ne le maternant pas de manière excessive mais en l’aidant à devenir autonome et mature. Votre ligne de conduite inflexible aura aussi toute sa place : quand quelque chose n’est pas autorisée, elle ne l’est ni le matin, ni le midi, ni le soir.
Enfin, proposez-lui plusieurs promenades, tous les jours, pour lui permettre de se défouler et de découvrir des stimulations dans son environnement extérieur. Un jardin ne suffit pas !
Dernier conseil : soyez patient, il grandira tôt ou tard, et c’est avec votre bonne gestion relationnelle que ce moment où il sera devenu un adulte au caractère stable, que vous vous réjouirez d’avoir pris les mesures de rigueur aux bons moments. Bon courage, il faut que jeunesse se passe !

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Laurence Bruder Sergent pour les Dernières Nouvelles d'Alsace

illustration Patrice Seiler

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 10:34
Quand on s’aime trop

Les liens affectifs particulièrement intenses peuvent être générateurs de problèmes de comportements chez nos animaux familiers.

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Le chien de Jocelyne grignote ses chaussons, pleure et fait ses besoins dans sa chambre dès qu’elle s’absente de chez elle. Yago est pourtant une « crème de toutou », il la suit partout à la maison, lui fait des léchouilles, l’aime d’un amour inconditionnel et la protège de tout le monde, même de ses amis et sa famille (pourtant inoffensifs). Elle considère qu’il se venge parce qu’elle ne le laisse pas l’accompagner, et qu’il est carrément possessif vis-à-vis d’elle. Mais ils s’adorent.

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Quand l’attachement est démesuré

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La perception de Jocelyne vis-à-vis de Yago peut être nuancée par rapport à la réalité éthologique (les comportements normaux d’une espèce). Elle pense que son meilleur ami est jaloux et a le désir de lui faire payer ses infidélités imaginaires, alors qu’il exprime surtout un grand malaise. Totalement dépendant de sa maîtresse, il est déboussolé lorsqu’elle n’est plus à ses côtés. Il ressent une détresse si grande qu’il a besoin de l’évacuer d’une manière ou d’une autre.

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Des réactions individuelles

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Tous les chiens n’agiront pas de la même façon face à cette perte momentanée de leurs êtres d’attachement. Certains commettront uniquement des destructions, d’autres deviennent malpropres et d’autres encore occasionnent des nuisances sonores pour le voisinage. Leurs réponses comportementales leurs sont propres, elles sont uniques, mais l’origine est probablement la même : un lien excessif qui rend la séparation douloureuse.

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Pour s’apaiser

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Comme tous les chiens qui sont dans la même situation, Yago adopte des activités de substitution qui l’apaisent aux moments où il les réalise. Lorsqu’il mordille les objets qui portent l’odeur de Jocelyne, il oublie momentanément qu’il va mal et se rassure avec la trace olfactive de sa propriétaire. Quand il gémit, il vocalise son mal être, et quand il urine, il élimine là aussi les déchets de son organisme et les toxines que le stress a généré chez lui. En plus il laisse un message, malheureusement incompréhensible pour les humains qui ne possèdent pas toutes les clefs de l’alphabet canin.

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Comment pacifier la relation

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Pour soulager tous ces chiens de compagnie qui souffrent de dépendance affective, il est conseillé de procéder à une distanciation, un peu comme avec les enfants à qui l’on apprend l’autonomie dans le but de leur permettre d’atteindre la maturité.

Avec Yago et n’importe quel chien concerné par la problématique, il s’agira d’offrir moins de câlins, de les prendre moins dans les bras, de leur enseigner à rester seul dans une pièce quand on se déplace, de ne pas trop les materner. Bien entendu il ne s’agit pas de les ignorer et de faire comme s’ils n’existaient pas, mais au moins de leur permettre de devenir un peu plus indépendants.

Par voie de conséquence, ils arriveront mieux à gérer la solitude et ressentiront moins de peine à rester seuls s’ils ont appris à patienter et à se distraire. Pour cela des jouets et des activités d’occupation seront aussi proposés pour agrémenter les longues heures à patienter jusqu’aux retours de leurs maîtres. Enfin ne pas oublier de compenser ces moments un peu délicats où l’on se détache en augmentant les promenades et en variant les lieux à explorer.

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Laurence Bruder Sergent (illustration de Patrice Seiler)

www.vox-animae.com

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 11:15

Vasco a eu la chance de l’avoir à ses côtés de longs moments durant ses vacances qui ont duré plusieurs semaines. Promenades plus longues, décalées par rapport à la météorologie, découvertes de nouveaux paysages, rencontres avec d’autres chiens et parties acharnées de jeux dans la nature faisaient leur quotidien.

Mais la reprise du travail pour elle, et la rentrée scolaire pour les enfants approchent.

Mieux vaut mieux préparer Milou aux changements qui s’annoncent si l’on souhaite anticiper la solitude qu’il connaîtra immanquablement.

Rattrapage de câlins et de bon moments ensemble

Croyant bien faire, et espérant rattraper leur manque de disponibilité le reste de l’année pour leur meilleur ami canin, Mathilde et sa famille ont mené beaucoup plus d’activités avec lui durant leurs temps libres en commun. Ils n’avaient pas envisagé les conséquences de ce grand confort pour lui qui allait lui être retiré en septembre. A présent il faut gérer la transition.

En congés comme le reste de l’année

Consacrer tous ses moments de présence au foyer à s’occuper du chien ne contribue pas à le rendre autonome affectivement. Bien au contraire c’est la dépendance mutuelle qui guette : la moindre séparation devient tragédie et chez les chiens domestiques, cette souffrance se transforme fréquemment en comportements désagréables tels les destructions, malpropretés ou aboiements. Ils se déchargent ainsi de leurs frustrations, car celles-ci sont douloureuses à supporter.

Temps d’adaptations selon les profils du chien

Avec un chien qui savait déjà rester seul avant les vacances, quelques jours suffiront pour retrouver ses habitudes.

A l’inverse s’il souffrait de l’absence de ses propriétaires en commettant par exemple des destructions, il est probable qu’il retombe dans le même travers dès qu’il sera à nouveau livré à lui-même, sa peine de ne plus avoir ses êtres d’attachement à ses côtés revenant à grand galop.

Quelques conseils

Commencez dès à présent à initier un détachement, c’est-à-dire à lui apprendre à ne pas vous suivre partout dans la maison, à ne pas recevoir sans cesse de caresses ou de jeux, à bénéficier de moins d’attention de votre part. Pensez à le laisser seul tous les jours, même quelques fois pour cinq à dix minutes, en augmentant progressivement le temps.

Le choc sera alors moins brutal pour lui s’il est préparé à ne plus être collé à vos talons (et vice versa).

Dernière recommandation, pensez à compenser les inconforts qu’il va vivre en diversifiant ses promenades, ses jouets et ses activités : un peu de nouveauté lui fera du bien, et lui permettra d’évacuer les tensions accumulées du fait du changement de rythme.

Laurence Bruder Sergent

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