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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 15:22

Mon avis de spécialiste des comportements des chiens sur l’évaluation comportementale

 

Lorsque l’on est un professionnel qui étudie les comportements des êtres vivants et qui travaille avec maîtres et chiens depuis des années… est-il moral de cautionner une loi qui ne l’est pas ?

Celles et ceux qui acceptent d’appliquer une telle ineptie (pour raisons financières probablement ou de valorisation personnelle faute de notoriété satisfaisante, il ne peut pas en être autrement !) ne se fourvoient-ils pas en validant sans remord qu’une évaluation est une garantie de l’avenir ?

Comment peut-on valider l’idée qu’un test effectué à un moment T, révèle ce que sera demain ce chien-là, dans cette famille-là, et dans n’importe quelle situation ?

Comment peut-on refuser de tenir compte des contextes ?

Comment peut-on négliger à ce point les émotions des personnes mordues, des propriétaires et des chiens ?

Lorsqu’une personne en tue une autre avec une arme, est-ce l’arme qui va en prison ou celui qui s’en est servi ? Alors pourquoi tuer ou condamner au dressage et au port de collier étrangleur métallique le chien qui a été utilisé par un maître incompétent ?

Et pourquoi condamner des chiens qui n’ont jamais fait preuve d’aucune agressivité sous prétexte qu’ils appartiennent à la même race qu’un autre qui a mordu ??

Comment peut-on favoriser la répression (par la mise à mort ou l’obligation pour les chiens de tourner en rond sur un terrain) plutôt que la prévention (par l’éducation des Hommes) ?

Comment peut-on accepter de condamner à la mort certains chiens et à la tristesse les propriétaires qui devront accepter l’idée de tuer leur chien parce qu’un étranger qui ne connaît rien de leur vie l’ordonne ?

Jusqu’où l’égocentrisme amène-t-elle les « professionnels » qui n’en ont peut-être pas assez, à accepter tout et n’importe quoi pour gagner plus ? Jusqu’où l’appât du gain ira-t-il ? qu’en est-il de l’éthique et du respect des êtres vivants ? de sa propre déontologie ? arrivent-ils à se regarder droit dans les yeux devant le miroir ?

J’espère que les professionnels du monde du chien qui cautionnent cette ineptie se rendront compte de ce qu’ils ont contribué à valider. Ils ne pourront plus dire qu’ils aiment les chiens et les hommes sans rougir.

LBS

Décret n° 2008-1158 du 10 novembre 2008 relatif à l'évaluation comportementale des chiens prévue à l'article L. 211-14-1 du code rural et à son renouvellement

L'évaluation comportementale prévue à l'article L. 211-14-1 du [code rural] est réalisée dans le cadre d'une consultation vétérinaire. Elle a pour objet d'apprécier le danger potentiel que peut représenter un chien.

Créé par Décret n°2008-1158 du 10 novembre 2008 - art. 1

Le vétérinaire en charge de l'évaluation comportementale classe le chien à l'un des quatre niveaux de risque de dangerosité suivants :

Niveau 1 : le chien ne présente pas de risque particulier de dangerosité en dehors de ceux inhérents à l'espèce canine.

Niveau 2 : le chien présente un risque de dangerosité faible pour certaines personnes ou dans certaines situations.

Niveau 3 : le chien présente un risque de dangerosité critique pour certaines personnes ou dans certaines situations.

Niveau 4 : le chien présente un risque de dangerosité élevé pour certaines personnes ou dans certaines situations.

Selon le niveau de classement du chien, le vétérinaire propose des mesures préventives visant à diminuer la dangerosité du chien évalué et émet des recommandations afin de limiter les contacts avec certaines personnes et les situations pouvant générer des risques.

Il peut conseiller de procéder à une nouvelle évaluation comportementale et indiquer le délai qui doit s'écouler entre les deux évaluations.

En cas de classement du chien au niveau de risque 4, le vétérinaire informe son détenteur ou son propriétaire qu'il lui est conseillé de placer l'animal dans un lieu de détention adapté ou de faire procéder à son euthanasie. Un lieu de détention adapté est un lieu dans lequel, sous la responsabilité du propriétaire ou du détenteur, l'animal ne peut pas causer d'accident.

L'évaluation comportementale sur le grill...  La délation au détriment de la prévention ?    Les comportementalistes n'en veulent pas !

 Aujourd'hui, le chien est au centre des débats concernant les morsures et principalement celles qui, par les conséquences graves qu'elles engendrent aux personnes, font les titres les mieux placés dans la presse et les médias.

Tous les regards se tournent donc vers le chien, celui qui a déjà mordu, celui qui mord, celui qui pourrait mordre et c'est sous cet angle qu'il est proposé aux Sénateurs et aux Députés d'examiner un projet de loi visant, nous dit-on, « à renforcer les mesures de prévention et de protection des personnes contre les chiens dangereux ». 

On aurait pu attendre de nos instances politiques qu'elles se placent dans une autre perspective de la situation que celle prises par les médias.  Se doter d'une analyse plus élargie pour mieux considérer le problème des morsures tel qu'il est réellement aurait permis de cerner et choisir judicieusement les mesures capables de construire une véritable prévention telle qu'elle est attendue.

Se décentrer de l’idée du chien isolé de son groupe familial

Or, ce qui résulte aujourd'hui des lectures en séance publique au Sénat et à l'Assemblée Nationale montre une même orientation prise dans les textes que celle du sensationnel médiatique : la catégorisation du chien, l'évaluation du chien, le contrôle du chien. 

Tâche impossible semble-t-il pour nos élus que de se décentrer du chien et de ses prétendus troubles pour arriver à faire l'examen du réel des morsures.  Car sont-ce les chiens qui sont dangereux, ou sont-ce les situations qui sont dangereuses ?

Le principe de l'évaluation comportementale telle qu’elle est présentée aujourd'hui établit que le vétérinaire occupe une position centrale.  Certes, il peut à son libre choix requérir l'avis d'un « sapiteur », c'est-à-dire toute personne dont il jugera les compétences utiles et nécessaires pour forger ses conclusions, mais rien ne vient faire précision en ce domaine. 

Ceci manque véritablement de clarté pour le public et d'équité pour les professionnels.  En effet,  tel propriétaire de chien se verra convoqué dans le cabinet vétérinaire uniquement pour l'établissement de la grille d'évaluation du chien mais tel autre propriétaire se verra en plus dirigé vers un ou plusieurs « sapiteurs » qui étayeront le dossier de leurs observations/recommandations.

Ceci signifie que l'évaluation comportementale pourrait bien ne pas être de la même teneur (ni du même coût) pour tous, ni avoir les mêmes conséquences pour les chiens et leurs propriétaires.

Si un comportement est une réponse de l'organisme (le chien) à l'environnement (le contexte), il est quand même étonnant de vouloir instaurer des mesures visant à évaluer (prédire) ces réponses en s'exonérant de l'étude minutieuse du contexte de vie.  Car, et c'est une constante pour les accidents qui ont été médiatisés comme pour tous les autres, les morsures surgissent principalement dans le milieu familial.

Et l'on peut observer la même difficulté à se décentrer du chien : il faut chercher à prédire ce que ce dernier pourrait produire comme comportement !  Une mission bien improbable pour tout professionnel ayant une formation en éthologie (une science, qui a donc le souci de la précision et écarte les données incomplètes).

Peut-on encore dignement rester dans un tel déni quand tous les accidents, graves ou moins graves, qui surviennent de manière souvent inattendue (donc non-prédictive, imprévisible) nous rappellent que n'importe quel chien peut déployer une conduite agressive.

Le chien adapte son comportement en réponse/réaction directe ou indirecte à ce qu'il vit, et en fonction de ce qu'il a vécu, puisque façonné par toutes les confrontations et expériences avec l'environnement depuis son plus jeune âge.

La qualité des conditions d'élevage est le socle indispensable aux bonnes capacités d'adaptation du chien. Sa stabilité émotionnelle en sera plus ou moins forte ou réduite.

Cet équilibre dont le niveau et la constance se voient entretenus par les situations de cohabitation (et tout l'imprévisible permanent qui les caractérisent), montrent à quel point la présence de deux systèmes d'organisation sociale (humaine et canine) peut devenir anxiogène pour tous : l'animal qui ne comprend pas systématiquement ce que l’on attend de lui et l’humain qui oublie (ou ignore) de considérer son chien comme différent de lui dans ses attitudes et dans ses mœurs.

Nous sommes bien loin du chien seul qui serait à évaluer hors étude précise des conditions de la cohabitation au quotidien et de l'influence qu'elles exercent sur l'émotivité et la réactivité individuelle du chien...

Ceux qui paraissent les plus dociles, voire les mieux éduqués, ne se soustraient pas plus aux circonstances ou aux déclencheurs possibles d'une morsure, et c'est ce qui justement les rend surprenants pour l'entourage. 

Un acteur unique pour l'évaluation ?

Alors que si l'on venait à prendre le recul nécessaire, il deviendrait évident à tous que « l'évaluation comportementale » devrait laisser sa place à une « évaluation du risque ».  Ce nouvel angle pris nous permettrait de voir que l'évaluation seule du praticien vétérinaire ne suffit pas à mesurer le risque.  L'organisation de la cohabitation au quotidien avec le chien, et son bon contrôle dans de bonnes conditions ne peuvent pas manquer de figurer au tableau de l'évaluation, et de fait, de la prévention.

Mais dans les textes actuels, aucun autre professionnel que le vétérinaire n'est imposé, ce qui laisse à penser que l'étude minutieuse de la relation et la cohabitation avec le chien (activité spécialisée du comportementaliste), comme également le bon contrôle en extérieur, la bonne familiarisation aux humains et la bonne socialisation aux congénères (activité spécialisée de l'éducateur canin) ne seront mises en œuvre qu'au hasard de la sensibilité des praticiens.

A noter, et ce n'est en rien anodin, que la deuxième lecture faite au Sénat fin Mars 2008, impose à n'importe quel professionnel qui a connaissance d'une morsure (dont ceux cités plus haut qui, malgré leurs compétences respectives, ne sont pas impliqués de manière précise dans le processus dit de « l'évaluation comportementale »), d'en faire la dénonciation auprès des autorités.

Ainsi, seul un vétérinaire choisi sur la liste départementale se chargera de l’évaluation comportementale.

La délation ?  Pas question !

Comment vont donc opérer les professionnels comme l'éducateur canin, ou le comportementaliste qui sont habituellement appelés en cas de difficultés avec le chien ?  Vont-ils, dès qu'ils apprennent qu'une conduite agressive a eu lieu, même de faible intensité avec seulement des atteintes superficielles, se déclencher en délation et ainsi conduire les personnes (qui avaient fait le choix de se tourner vers leur approche) chez un autre professionnel, acteur unique de « l'évaluation comportementale » ?

Les comportementalistes sont contre cette mesure, et s'opposent à ce que des personnes qui ont le libre choix de faire appel à un professionnel se retiennent de le faire sous la crainte d'une dénonciation...  Voilà comment l'effet de mesures préventives se verrait alors parfaitement détourné de l'objectif de réduire les risques.

Le fondamental de l'activité de comportementaliste repose sur l'étude des relations et de la cohabitation entre l'humain et le chien et sur les multiples influences (relationnelles et environnementales) qui peuvent mener à des comportements dérangeants, voire risqués ou annonciateurs d'un danger ultérieur.  Une réorganisation du contexte de vie ne peut se faire qu'avec la participation en toute conscience, et en toute confiance dans l'approche de ce professionnel qui d'ailleurs a été choisi pour cela. 

En se soumettant à la volonté de signalement de toute morsure d'un chien, comme elle est proposée actuellement, le comportementaliste ruinerait le cadre rassurant de son travail (qui invite justement les propriétaires à ne pas dissimuler ou retenir des informations) et perdrait ainsi les lettres de noblesse qu'il a acquises depuis de longues années auprès du public : écoute, analyse, empathie, aide, guidance.

Ce n'est pas acceptable, pour ces professionnels qui non seulement se verraient obligés de rediriger leurs activités vers un autre professionnel, mais se verraient également obligés de trahir leur vocation et leur déontologie.

 

En se décentrant du chien seul et en impliquant judicieusement tous les professionnels qui ont un rôle à tenir , dans les compétences qui sont les leurs en matière de gestion/cohabitation, on pourrait pourtant envisager un peu plus sérieusement la question des morsures, de leur recensement et de leur prévention.

Les comportementalistes attirent donc l'attention du législateur afin que les décrets d'application veillent à organiser l'indispensable équilibre de la  mise en relation des différentes approches autour de l'évaluation des risques, du traitement de l'information (statistiques),  de la prévention et de l'aide à apporter aux propriétaires de chiens. Et ce, en ne se centrant pas sur le seul vétérinaire, mais également en définissant avec plus d'évidence les « sapiteurs », le sens de leur engagement et leur nécessaire implication dans le processus d'évaluation.

  Michel Quertainmont    Danièle Mirat     Laurence Bruder-Sergent

 

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 20:17



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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 17:45

 

 

Adopter un chien d’un refuge

 

 

Les beaux jours reviennent, on passe davantage de temps à l’extérieur, motivés par les promenades au grand air, le retour à la nature … et si vous adoptiez un chien ?

 

Les refuges sont pleins d’animaux qui attendent de nouveaux maîtres.

Si vous êtes tenté par l’idée d’aller y chercher un chien, sachez qu’il y a un certain nombre d’informations à connaitre pour ne faire d’erreur et risquer une déception pour vous, et un nouvel abandon pour l’animal : avec les êtres vivants, la mention « satisfait ou échangé » est indéfendable.

 

S’informer

Tout d’abord, il est indispensable de se renseigner sur les besoins de celui qui a attiré votre attention. Les personnes qui côtoient le chien tous les jours, le connaissent et savent quelles sont ses particularités : celui-ci doit être brossé souvent, celui-là a besoin d’exercice physique fréquent, un autre préfère vivre dehors, son voisin n’est pas à l’aise avec ses congénères, etc.

Tout le monde devra faire beaucoup d’efforts pour s’adapter à cette nouvelle cohabitation, et selon certaines singularités, ce sera à vous, l’adoptant, de satisfaire des besoins essentiels que l’on ne peut pas considérer à la légère. De son côté, il devra s’habituer à de nouveaux horaires, parfois un changement de nourriture et partager son espace de vie avec des humains alors qu’au refuge il était peut-être seul ou avec un autre chien.

 


Donner de l’amour tout en étant vigilant

Garder à l’esprit que ce n’est pas parce que le chien a été abandonné au moins une fois, donc a subi des traumatismes, qu’il faut le traiter comme un bébé à qui on passe tout, jusqu’à le câliner sans cesse et le faire dormir dans son lit. On risquerait de le rendre dépendant affectivement au point qu’il pourrait développer une incapacité à rester seul ou la protection excessive de ses nouveaux maîtres.

Même s’il a souffert, il reste un chien, avec des préoccupations de chien : se nourrir, être installé confortablement, se protéger des conditions climatiques inconfortables, se défouler, rencontrer des congénères et des humains.

 

Il est fréquent que lorsque l’on a pris la décision de récupérer un chien, on souhaite être satisfait rapidement.

Pour le bien de tous, il est néanmoins nécessaire de bien identifier ce que l’on peut offrir et ce qui est impossible par rapport à notre rythme quotidien. C’est ainsi qu’on peut à la fois sauver, protéger et aimer les animaux.

 

 

Laurence Bruder Sergent

www.comportement-canin.com

 

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 09:13

L’histoire personnelle de chaque chien façonne sa personnalité et oriente ses comportements

 

- Le développement des chiots durant les 12 premières semaines de leur vie

- Les troubles du comportement qui découlent des mauvaises conditions de naissance et de développement

- L’adoption du chiot : propreté, mordillements, socialisation, attachement/détachement, apprentissage de la solitude – conseils pour les propriétaires

- Exemples de cas concrets rencontrés par la comportementaliste



Pour vous inscrire, merci de me contacter par email ou par téléphone : info@comportement-canin.com et  06 824 825 47 

TOUT PUBLIC

Tarif par personne : 70 euros le cours de 3 heures

 

Cours dispensés par Laurence Bruder Sergent à MOLSHEIM (67)

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 15:40

La maltraitance invisible

 

 

Nous aimons nos chiens. Ils font partie de nos vies, nous faisons des sacrifices pour eux, nous renonçons à certaines activités pour ne pas les laisser seuls, nous leur achetons de la nourriture et des accessoires de qualité, nous veillons sur eux. Nous ramassons leurs crottes, nous les faisons toiletter, examiner et soigner, nous guettons le moindre signe de malaise et nous agissons pour réparer au plus vite l’inconfort. Nous sommes donc de bons propriétaires.

 

Pourtant, il arrive que nous perdions le sens de la mesure.

Convaincus de leur donner l’accès au bonheur, en les couvrant de vêtements, de parfums, en les conviant à notre table, sur nos genoux, dans nos lits, en leur faisant partager nos expériences fantaisistes (capillaires et vestimentaires, ici), nous oublions que nous les conduisons en fait aux antipodes de leur vie, de leurs envies et de leurs besoins de chiens.

 

 

 

Démesure et dénature

 

Car cet amour rime parfois avec démesure à l’échelle humaine, et dénature le chien. C’est d’ailleurs cette incompréhension qui peut être à l’origine de :

- morsures (des toilettages trop fréquents, brutaux ou interminables agacent les chiens, les irritent et deviennent même douloureux), 

 

- auto-salissures (le parfum n’est pas apprécié du chien et neutralise son odeur, qu’il cherche à reconstituer en se frottant dans des marques odorantes plus agréables à sa truffe),

 

- destructions (à être trop choyé et rendu dépendant affectivement, on en devient angoissé à la moindre sensation d’abandon),

 

- comportements anormaux avec les congénères (les changements morphologiques comme la coupe de queue et d’oreilles, amputent les codes de communication des animaux) ou avec les humains (le canapé, le lit… deviennent propriétés du chien)…

 

Et pire que tout, ces interprétations décalées vont jusqu’à conduire à la double peine pour le chien : abandon, médicalisation à outrance (les anti dépresseurs existent aussi pour eux)… voire euthanasie !

 

Pour mieux s’adapter à l’espèce canine, je vous propose de réfléchir à certains comportements que nous imposons à  nos chiens en toute bonne foi. Essayons de nous immiscer dans leur tête pour comprendre ce qu’ils vivent. Attention, ces interprétations sont des anthropomorphismes flagrants et simplistes, mais l’objet de cet exercice étant d’imaginer les conséquences de nos comportements pour nos chiens, il doit pouvoir nous amener à une autre approche de nos compagnons.

Le lecteur comprendra peut-être, alors, ce que les comportementalistes appellent « les violences invisibles ».

 

La situation

Ce que pense le maître

Ce que cela signifie pour le chien

Médor chevauche Milou

C’est un obsédé sexuel !

Variante : il n’a rien compris, il essaie de monter un autre mâle !

Médor : le patron, ici et maintenant, c’est moi.

Belle a un magnifique manteau en fourrure rose avec des perles de toutes les couleurs et un gros cœur cousu sur son collier

Elle est magnifique ma chienne, c’est la plus belle du quartier et elle sait à quel point je l’aime …

Belle : c’est vrai, j’ai bien chaud. Mais je ne peux plus m’exprimer avec mes congénères par mes outils habituels de communication. Les autres chiens me reconnaîtront-ils comme l’une des leurs ?

Douchka est parfumée

Ce parfum m’a coûté très cher, mais je l’aime tellement qu’elle vaut bien ça ! Et puis elle ne peut qu’apprécier la délicieuse odeur, comme moi !

Quelle horreur, mon odeur est tronquée ! tous les autres chiens m’évitent ou m’agressent, ils ne parviennent plus à m’identifier

Tyson est le champion des rings, il obéit comme aucun autre chien

Je l’ai dressé comme un pro, ce chien, je le domine.

OK, il veut que je morde le monsieur, je mors le monsieur. Il veut que je saute un obstacle, je saute son obstacle. C’est bien parce qu’on s’amuse, mais à la maison c’est quand même moi qui décide.

 

Est-ce que cela ne vous ai jamais arrivé de vouloir faire plaisir à votre chien, mais de mal évaluer ce qui lui fait plaisir, à lui ? « Il s’obstine à être un chien quand sa maîtresse voudrait en faire un gentleman ». Nous projetons sur nos compagnons ce que nous voudrions pour nous (confort, beauté, parfois luxe, être à la mode, etc.) sans toujours imaginer leurs besoins réels, les ramenant parfois à « des peluches distinguées sans pulsion déplacée » (extraits de « l’élégance du hérisson » par Muriel Barbery).

 

Transformer leur nature, leur morphologie, leur signature olfactive, leurs codes sociaux est une forme de maltraitance invisible (« invisible » car non intentionnelle), puisque nous ne tenons plus compte de la réalité du chien mais nous imposons la nôtre.

Quelles que soient nos habitudes de vie qui rejaillissent sur lui, notre ami nous observera toujours au travers de ses préoccupations de chien. C’est en prenant conscience de nos différences, et en les respectant, que nous lui offrons tout le bonheur du monde… du chien.

 

 

Laurence Bruder Sergent

www.comportement-canin.com

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 15:20

Il n’est pas propre

 

 

Certains chiens ont plus de mal que d’autres à devenir propres. Notre experte des relations entre l’Homme et le Chien familier nous livre son éclairage sur cette problématique parfois source d’inquiétude chez les propriétaires.

 

La propreté n’est pas la même selon les points de vue. L’Homme a décidé qu’il fallait éliminer à un endroit précis : les toilettes. L’animal, lui, cherche rapidement un endroit confortable et rassurant lorsque le besoin se fait sentir.

 

La particularité des chiots

J’entends souvent les propriétaires me dire que leur chiot attend d’être rentré à la maison pour faire ses « commissions ». En effet, durant la promenade, ses sens sont mobilisés par tellement de stimulations qu’il ne pense même pas à faire ce qu’on attend de lui, tant il est occupé à gérer cette avalanche d’informations auditives, visuelles, olfactives, qui lui parviennent.

 

Du coup, à peine rentré, rassuré d’être dans un environnement connu et apaisé, il peut enfin se détendre et relâcher ses sphincters.

 

Ce chiot-là aura besoin de temps et de patience, de promenades fréquentes et de fortes récompenses, pour prendre confiance et s’habituer à éliminer ailleurs que chez lui.

Il n’y a que par la répétition des expériences que l’on obtiendra le résultat souhaité.

 

Pour les chiots qui arrivent tout de même à faire leurs besoins alternativement en promenade et une fois à la maison, la méthode est la même : sortir le plus souvent possible, récompenser à chaque fois qu’il fait en bon endroit, ignorer les « accidents » au domicile. Ce sont vraiment des « accidents » : le chiot ne fait pas exprès de déposer son pipi sur notre tapis pour nous embêter. Il lui faut juste du temps pour mémoriser ce que l’on attend de lui, se retenir pour plus tard, et qui n’est pas spontané.

 

La spécificité des adultes

Le problème ne se pose pas tout à fait en ces termes pour les chiens adultes. Il faut différencier le chien qui n’a pas appris à être propre, et celui qui signifie par ses éliminations qu’il a un message à transmettre.

Le premier cas est, par exemple, le suivant : un chien a toujours vécu à l’extérieur de l’habitation, il a donc pris l’habitude de faire où il veut, quand il veut. Mais pour une raison quelconque, il réside à présent à l’intérieur. Cohérent avec son rythme de vie, il continue à faire quand cela lui est nécessaire, au grand désespoir de ses propriétaires.

Il est indispensable de prendre conscience qu’il n’a aucune mauvaise intention ! Il continue simplement à faire ce qu’il a fait depuis toujours.


 

Comment corriger ?

Dans le cas présent, il faudra lui apprendre à faire ses besoins à l’extérieur du domicile.

Pour cela, on procèdera comme pour un chiot : sortir le plus souvent possible, ne pas oublier les récompenses et dès qu’il se soulage, on le félicitera chaleureusement verbalement, tactilement (une caresse ne fait de mal à personne !) et gustativement (avec une friandise).

Il mémorisera d’autant plus rapidement ce nouvel apprentissage, que l’on aura été généreux en compliments.

 

Dans le second cas, lorsqu’il a une intention communicante, Milou va uriner ou déféquer sur le lit des maîtres, contre une surface verticale, en essaimant quelques gouttes par-ci-par-là au domicile ou même lorsqu’il est en visite chez quelqu’un.

 

Il n’avait aucune urgence à faire ses besoins, sinon on trouverait une flaque, conséquence d’un vidage total de vessie. Non, dans ce cas précis, ce chien prend soin de laisser des traces à plusieurs endroits, parfois même sur son maître ou sur un autre chien !

 

 

 

Pourquoi fait-il cela ?

Souvenons-nous que les chiens utilisent beaucoup la communication olfactive, ils repèrent intentionnellement leur passage à l’attention des autres animaux et des hommes. Ils ne savent pas que nous ne pouvons pas interpréter ces marquages dans le même sens qu’eux.

Les autres chiens saisissent parfaitement le message, d’ailleurs ils essaient de recouvrir de leurs propres excréments les traces laissées par les autres sur le sol. Si vous vous demandez pourquoi Médor fait ses besoins à un endroit précis, il est possible qu’il choisisse justement de superposer sa trace à celle laissée par un autre.

 

Un chien s’adonne à ce comportement de marquage parce qu’il estime qu’il est en position de le faire. Il faudra donc que les propriétaires qui rencontrent ce problème à l’intérieur de leur domicile se posent la question des prérogatives qu’ils laissent à leur chien au quotidien et réajustent leur relation avec lui.

   

 

« Il n’est pas propre »

 

On a tendance à regrouper dans ces mots « fourre tout » des situations qui peuvent être variées et d’origines différentes :

- Un chien vieillissant ou malade peut devenir malpropre, parce qu’il ne contrôle plus son système éliminatoire ou parce qu’il a mangé quelque chose qu’il n’aurait pas dû, et qui provoque diarrhées ou constipation.

- Un chiot peut faire ses besoins partout… parce qu’on ne lui a pas appris où s’exécuter (cet apprentissage ne se fait pas tout seul), ou parce qu’il a été grondé, ou parce qu’il a eu peur et que ses émotions ont déclenché le vidage des intestins.

- Un adulte peut avoir la volonté de marquer son territoire, mais il peut aussi être sujet à des angoisses, et il se sent mieux après s’être « libéré ».

 

Si on veut agir pour améliorer la situation, la première chose à faire est de comprendre les causes. Ensuite il sera plus aisé de mettre en place la stratégie la plus adaptée !

 

   

Les bases de la pédagogie…

 

Comment procède-t-on lorsque l’on veut apprendre à un enfant à être propre ?

On l’encourage, on le motive, on le félicite… et on néglige les accidents !

Inspirez-vous de ce mode de fonctionnement qu’ont les humains avec leurs petits, en l’adaptant à votre chien pour l’aider à mémoriser sans stress inutile ce que vous attendez de lui. Si l’on accorde de l’importance aux ratés, si on crie ou si on est brutal, on risque de ralentir ses progrès ou de lui faire peur !

 

En résumé :

Þ        Sortir le plus souvent possible

Þ        Veiller à ce qu’il soit dans un endroit calme (trop de stimulations l’occuperaient au point de ne pas penser à faire ses besoins)

Þ        Ne pas lui mettre la pression par des encouragements inutiles, le laisser prendre son temps

Þ        Etre généreux en félicitations et récompenses dès qu’il s’exécute

Þ        Anticiper : sortir vite après le repas, une sieste, des jeux (avec de quoi ramasser si nécessaire)

Þ        Ne pas perdre son calme s’il a fait au mauvais endroit

Þ        Limiter son espace surtout lorsqu’il est seul

Þ        Ne pas mettre fin à la promenade aussitôt les besoins faits

 

   

Laurence Bruder Sergent

www.formationcomportementaliste.com

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 12:46
http://www.tvmag.com/article/animaux/43565/mieux-qu-un-antidepresseur-offrez-un-animal-.html

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Mieux qu'un antidépresseur, offrez un animal !
Détente • Le 20/03/2009 par Sophie de Villenoisy - Photo : © Corbis
Mieux qu'un antidépresseur, offrez un animal !

Dans votre entourage proche, une personne se sent seule et désœuvrée. Vous vous inquiétez de la voir se replier sur elle-même. Pire, si elle est âgée ou fragilisée, son moral et son état de santé risquent de se dégrader. Avez-vous pensé à lui offrir un animal de compagnie ?

Promenades, soins, repas
 
Il est prouvé qu'un animal de compagnie est bénéfique pour une personne qui se sent seule. Outre la présence et l'affection qu'ils peuvent apporter, le chat et surtout le chien maintiennent un véritable lien social. Ils stimulent la personne, la responsabilisent et l'obligent à une certaine activité : promenades, soins, repas. De plus la présence d'un chien crée des liens spontanés, une connivence, des conversations, une curiosité bienveillante, surtout de la part des enfants !
 
Comment choisir ?
 
Encore faut-il choisir le bon toutou ! Mieux vaut privilégier le caractère. Sans aller jusqu'à la caricature (on évitera le rottweiler ou le husky pour une personne âgée...), il y a des pièges à éviter : certains chiens très beaux et affectueux, comme le dalmatien, sont vite incontrôlables pour une personne fragile ou peu habituée à se faire obéir. De petits gabarits comme le jack russell sont également à éviter. Agiles, intelligents et surtout très actifs, ils peuvent fatiguer une personne accoutumée à vivre dans le calme.
Le mieux est d'opter pour un petit chien, comme le carlin, qui a l'avantage d'avoir un caractère joyeux, une humeur égale et d'être très facile à dresser. De même, le bichon bolonais se révèle un compagnon agréable, au caractère docile et très attaché à son maître. Enfin, le cavalier king charles a également tout pour séduire : affectueux, gai, amical et non agressif.

Où s'adresser pour trouver un chien ?
 
Le mieux est de contacter un éleveur. Si les tarifs pratiqués (dans les 900 E) sont élevés, vous n'aurez jamais de mauvaise surprise. Le chiot sera « pucé » (puce électronique qui remplace le tatouage), vacciné et surtout il sera équilibré, socialisé (pas craintif, élevé dans le bruit). De plus, vous pourrez bénéficier d'un suivi pour la propreté et de conseils d'éducation. Adressez-vous à la Société centrale canine qui vous dirigera vers un éleveur agréé de votre région.

 

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Comment peut-on proposer d'offrir un être vivant en compensation d'un manque ou d'une souffrance humaine ? Certes, il ne faut pas négliger les besoins des personnes en détresse, mais est-il nécessaire de sacrifier une vie pour servir de béquille à un humain ?
L'auteur se préoccupe-t-il du bien être émotionnel de ce chien que l'on utilise là comme un outil ??
Ce chien a-t-il le droit d'avoir des besoins autres que ceux qu'on veut qu'il ait ?

Ce papier va alimenter les refuges de France en chiens dans peu de temps si les gens suivent ces conseils sans se renseigner au préalable des besoins des chiens.

Dommage que vous n'ayez pas pris la précaution de faire des recherches avant d'écrire de telles imbécilités. C'est irresponsable et pas du tout professionnel.


Laurence Bruder Sergent

 

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 23:18
J'ai eu des nouvelles de Block, il va de mieux en mieux. Sa maitresse l'avait emmené en voyage, il a été super. Ils ont fait beaucoup de route en voiture, il est resté zen et n'a pas perdu son calme. Bon, ok, il a juste aboyé contre un douanier, mais on ne peut pas le lui reprocher, c'est son job !

Durant le séjour, il est passé de l'hotel (épatant pour un chien qui vivait dehors !), à la voiture, au restaurant, la station essence (bonjour les vapeurs agressives !) et à la plage. Il a mangé les croquettes qui avaient été amenées par la maitresse mais a nettement préféré les restes qu'un cuisinier avait mis de côté pour lui :).

Il progresse donc de jour en jour, il y a de quoi être optimiste !
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 13:32


Un bon maître sait se gérer devant les déploiements du chien..
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 18:24
si vous n'êtes pas convaincu que les chiens ne peuvent pas s'entendre avec certaines races, allez voir cette superbe vidéo faite au refuge de Besançon par Vincent Pfeiffer

http://www.youtube.com/watch?v=iUWsF5kKudk

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