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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 18:12

Communication à courte et longue distance

 

Les canidés sont d’excellents communicants : ils parviennent à transmettre l’imprononçable aux moyens d’un panel d’outils élaborés.

 

Mathilde me demande pourquoi ses chiens reniflent partout quand elle les promène. Elle a bien compris que ces actions de flairages étaient importantes pour eux, mais elle ne sait pas à quel point. Thibaut cherche à interpréter les aboiements de son compagnon qui semble répondre à ses congénères sans que ces informations aient une quelconque signification pour lui. Goldwyn apprécie de longer la clôture du voisin en y collant son épaule sur des dizaines de mètres surtout quand la chienne est dans des dispositions hormonales favorables.

 

Echanges d’éléments olfactifs et visuels

 

Lorsqu’ils se frottent contre une surface (verticale ou horizontale) ou qu’ils déposent un dépôt urinaire ou fécal, leurs signatures sont essentiellement destinées à l’olfaction du receveur du message. Ce dernier pourra récupérer instantanément et ultérieurement des indices sur l’état de santé de l’émetteur, mais aussi ses émotions, son stade de développement, son sexe et son niveau de stress. Entre autres ! Ajoutez le signal visuel laissé par les grattages et flaques d’urines ou excréments, et chaque sujet a ainsi donné toutes les informations requises pour se faire comprendre de ses congénères.
Par ailleurs la présence du chien qui a laissé ces indications n’est pas nécessaire : plus tard (le même jour et jusqu’à plusieurs semaines plus tard), l’émission pourra persister, à condition que rien ni personne ne l’ait effacé.
Ne nous leurrons pas, nous humains sommes inaptes à saisir le moindre sens à tout cela.

 

Postures, mimiques et regards

 

Quiconque a déjà observé des chiens en interactions se rend compte qu’ils savent se comprendre. Lorsqu’ils bondissent, font frissonner leurs babines et moustaches, durcissent leurs regards, hérissent les poils ou s’engagent dans un simulacre de lutte gréco-romaine, il est évident qu’il y a des points à saisir. La condition sine qua none pour permettre ces échanges dépend des conditions de développement précoce de chacun des individus : pour savoir communiquer, il en avoir appris les modalités. D’où les quiproquos et conflits éventuels, survenant régulièrement entre eux, quand ils n’ont pas bénéficié de tous les apprentissages de rigueur. Nous sommes ici dans des échanges immédiats, observables et limités à une zone restreinte.

 

De quoi parlent-ils ?

 

Grâce à différents signaux, les chiens s’échangent des informations sur leurs besoins et leurs désirs propres mais aussi des éléments liés au groupe, telles que des alertes en cas d’information importante liée à leur environnement. Grâce aux aboiements et vocalises en tout genre, ils peuvent transmettre sur de longues distances, contrairement aux éléments visuels, plus instantanés et limités à une certaine superficie.

 

Court et long terme, petites et grandes distances

 

Comme nous l’avons vu, les courriels, textos ou envois postaux pour humains ont des équivalents (toutes proportions gardées) canins. A courte et longue distance, en instantané ou différé, ils savent comment procéder. Un chien qui passe au même endroit y trouvera encore des résidus, qu’il saura flairer, interpréter ou recouvrir pour y ajouter un complément.

Il y a cependant des éléments perturbateurs qui jouent un rôle primordial : les interventions (humaines et autres espèces) qui font souvent disparaitre les traces, et l’environnement soumis aux conditions climatiques effaçant elles aussi les indications laissées.

Qui a dit que les chiens ne savaient pas communiquer parce qu’ils n’ont pas la parole ?

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 14:47

Dans son besoin constant de contrôler son environnement, l’homme cherche à obtenir des réponses claires, précises et surtout, immuables. Lorsqu’il s’agit d’êtres vivants, cela n’est pas évident du tout. Passons en revue les critères permettant de se faire une idée des éléments factuels qui nous orienteraient vers une possible prediction.

Pascale m’a demandé d’évaluer son chien Schmoutz (« bisous » en alsacien). Elle craint qu’il morde un jour ses enfants.
Jean-Marc est persuadé que Filou va finir par blesser un de ses congénères.
Servons-nous de ces deux situations comme point de départ, car une enquête circonstanciée est à mener.

Tempéraments et critères de races

Parce qu’il faut bien commencer quelque part, je m’intéresse en premier lieu aux profils émotionnels de l’un comme de l’autre.

Comme son nom alsacien l’indique, le premier a tout de la boule de poil adorable. Issu d’un élevage réputé, sa généalogie est certifiée, il a même été confirmé par un Juge qui s’est assuré de sa conformité au standard de la race. Il s’entend bien avec les enfants, il n’y a jamais eu aucun épisode laissant penser qu’il pourrait mordre un jour. Entraîné à l’obéissance de base, il est plutôt coopérant et sympathique au quotidien et défend sa famille avec un grand talent lors de n’importe quelle abord de la clôture. Ses humains l’ont toujours félicité quand il s’agissait de protéger le jardin : gare à celui qui passe la main par-dessus la clôture, il sentirait les babines de Schmoutz sur ses doigts et quelques éraflures incisives. Son profil émotionnel est plutôt rassurant.
Filou concourt dans une autre catégorie. Bagarreur avec les chiens mâles, appartenant à une lignée sélectionnée pour son aspect dissuasif et puissant, il a le grognement facile, hérissant le poil et montrant les dents dès que l’on s’approche de lui. Il n’a cependant jamais mordu aucun chien en six longues années de vie et de menaces quasi quotidiennes. « Il grogne mais il ne mord pas », disent ses propriétaires, malgré tout peu confiants pour l’avenir.

Expériences du passé et maîtrise de leurs émotions

En apparence les éléments sont déjà clairs, le premier reçoit nos faveurs, le second inspire de la méfiance. Ce serait pourtant un raccourci incomplet au regard des faits. Filou n’a jamais mordu alors qu’il avertit souvent. Au contraire Schmoutz a un attachement tellement fort vis-à-vis de son entourage qu’il n’hésite pas à aller au contact physique, sans être pour le moment passé à l’acte mais susceptible de le faire un jour. L’un se met en colère fréquemment mais s’arrête aux avertissements, l’autre annonce peu mais agit vite. Ils ont tous les deux vécu des expériences qui leur ont appris à réagir d’une manière dans certaines circonstances, il y a une répétitivité plus forte par la menace pour l’un, par l’agression pour l’autre. Les apprentissages ont façonnés leurs attitudes d’aujourd’hui et établi un profil avec des indicateurs différents.

Et l’environnement, dans tout cela ?

Cette première analyse  ne serait pas complète sans que l’on tienne compte de l’environnement de chaque animal que l’on cherche à évaluer : les attentes des humains et leur mode de vie. Les projections des propriétaires sont primordiales, pensez aux noms qu’ils ont choisi pour leurs boules de poils, elles ne sont pas anodines. Quant aux méthodes d’éducation employées, plus ou moins autoritaires, rudes ou laxistes, elles impactent forcément les comportements canins d’aujourd’hui. Et l’ambiance générale, qui offre un climat anxiogène ou rassurant doit aussi être insérée dans la balance ! Les attitudes des personnes alentours sont grandement génératrices de mal-être et donc, de morsures défensives. Un enfant harcelant ou juste trop immature dans ses gestes, un adulte violent ou testant la réactivité du chien en le provoquant, sont autant de mobiles pour un chien de chercher à se défendre.

Evaluation après antécédent

Cela n’est pas le cas avec nos deux protagonistes, mais concernant d’autres chiens qui auraient déjà mordu, un état des lieux de la gravité des blessures occasionnées devra être fait sans tarder. En effet les statistiques montrent que plus l’intensité de morsure préalable était forte et délabrante, plus le risque de récidive est élevé si rien n’est mis en place pour y pallier. Cela fait donc partie des critères importants à examiner, en même temps que tous les autres cités plus haut. Bien entendu, l’état de santé et hormonal en font partie aussi, une visite chez le vétérinaire s’impose.

 

Prédire, prévoir, anticiper, empêcher ?

La réponse à la question posée ne peut se limiter à un raisonnement manichéen.
Une enquête complète permet de lister les éléments réels, factuels et objectifs, d’anticiper les éventualités, et donc, de les prévoir.
Cependant des indications ne sont en aucun cas des prédictions.

Nous parlons d’êtres vivants par définition inconstants, avec des affects, des caractéristiques et des paramètres individuels internes et externes.
Heureusement à l’aide des informations listées préalablement nous avons la possibilité d’agir et donc d’éviter les risques. Si nous acceptions de nous remettre en cause, de nous interroger sur nos propres comportements et sur d’éventuelles situations problématiques que nous aurions générées nous-même, il est alors possible de préparer un plan de modification et d’anticipation. Nous avons le pouvoir de faire des aménagements permettant de ne jamais voir apparaitre des attitudes qui avaient pourtant été identifiables préalablement à la faveur d’indices évidents.

Optimisme réaliste

Nous ne sommes ni victimes ni passifs : l’accumulation d’éléments circonstanciés peut nous permettre d’agir sur le court, moyen et long terme. En soulageant l’animal qui vivrait dans un contexte anxiogène, en mettant en place des mesures correctrices, sur l’animal lui-même ou son environnement, nous pouvons protéger les victimes potentielles et l’animal, qui paie généralement de sa vie une attitude non tolérée dans la société.

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

Mots clefs : races – individus – génétique- expériences – passé – apprentissages - répétitivité – profils – émotions – réactivité – éducation – entraînement – environnement – tempérament – méthodes éducatives – ambiances – morsures – santé – dangerosité – anticipation – antécédents – gravité des blessures

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 18:41

Le soleil et la chaleur estivaux sont bien là, c’est l’occasion de saisir ces moments de relâchement pour proposer des jeux à son chien qui stimuleront ses sens, son intelligence, sa gourmandise, et tout son organisme.

Avant de vous lancer dans une entreprise ludique, il s’agit d’identifier ce qui lui plait. Inutile de lui faire faire une course façon « cani-lanta » si son choix se porte plutôt sur la sieste philosophique sur canapé. Rassurez-vous, il y a de quoi satisfaire toutes les préférences. S’il est plutôt coureur de fond, jogger ou sprinter, spécialisé dans le lancer de poids ou le ramassage de balles, vous trouverez de quoi l’occuper. Le spécialiste du flairage, de la résolution de problématiques, des énigmes ne sera pas délaissé. Avec un peu d’imagination, deux doigts d’adresse et parfois quelques euros, chacun trouvera son compte.

 

Pour stimuler odorat, ouïe et vue

 

Pour changer de la promenade traditionnelle et si votre toutou adore pister les rongeurs du jardin ou suivre à la trace le gibier, vous pouvez lui préparer une trajectoire dans le jardin avec une saucisse frottée sur le sol pleine de virages, d’obstacles et de complications. Une fois les marques olfactives réalisées, laissez-le chercher et surtout, n’oubliez pas la récompense : il y prendra d’autant plus de plaisir s’il a obtenu un trésor à la fin. Il est aussi possible de glisser quelques friandises dans une tresse confectionnée avec des chutes de tissus, et le laisser explorer, déchiqueter, massacrer l’étrange objet qui recèle un présent inestimable. C’est son jouet, il en fait ce qu’il veut.

Pour son ouïe, il suffit de vous cacher et de l’appeler : la partie de « cache cache » peut commencer, vous serez son cadeau lorsqu’il vous aura trouvé. Les traditionnels miaulements ou barrissements tentés par les cordes vocales humaines totalement incompétentes ne le tromperont pas, mais le distrairont quelques secondes. Pourquoi pas. Evitez cependant de lui faire écouter le rock métallique dont vous êtes friand ou même la cinquième symphonie : ce n’est pas nécessairement son hobby préféré.
Quant à la vue, les traditionnels lancers de balles et de bâtons font toujours leurs petits effets. A vous d’imaginer un autre objet à poursuivre, des bulles de savon remplacées par du bouillon de poule à capturer. La nouveauté encourage la curiosité, faites fonctionner votre imagination.

Veillez cependant à ne pas glisser trop d’enjeu ou de viser la performance, n’exigez pas de lui qu’il vous rapporte son gain, on est là pour l’égayer pas pour le chronométrer.

 

Exercice physique diversifié

 

Pour varier de sa traditionnelle promenade ou des jeux d’eau (telle la nage ou les éclaboussures au tuyau d’arrosage), vous pourriez vous lancer dans une entreprise un peu plus complexe, en lui faisant pratiquer d’autres exercices que ceux qu’il connait parfaitement (la marche, le trot, la course). A condition que son état de santé s’y prête, il pourrait travailler son équilibre, sa dextérité, la conscience de son corps et de la position de ses membres. Avec l’un ou l’autre accessoire que l’on a chez soi, telle une simple planche que l’on cale contre la première marche d’escalier ou une caisse sur laquelle il pose ses pattes, il est déjà possible de solliciter simplement son organisme. Pensez à vérifier auprès de son vétérinaire qu’il est suffisamment en forme et n’oubliez pas de tenir compte de la météorologie (chaleur ou orage) et de son humeur : il serait contreproductif de lui occasionner un confort sous prétexte de le stimuler.

 

Les défis intellectuels

 

En cachant son jouet préféré sous un chiffon ou dans un bac rempli d’objets divers et variés, en positionnant quelques friandises sous une boite qu’il devra déplacer, en préparant une course d’orientation ou des petits gains répartis dans une caisse remplie de balles en plastiques, vous capterez son attention, il devra réfléchir et trouver des stratégies. Outre sa gourmandise, vous aurez aussi excité son intellect.

Pour que le plaisir reste intact

Toutes les idées évoquées plus haut peuvent être réalisées avec peu de moyens, mais il existe leur équivalent sous forme de jouets tout prêts à acheter sur le net. Selon le temps et le budget dont vous disposez, son amusement variera grâce à vous. Derniers conseils : ne cherchez pas la prouesse ni la longueur d’occupation de Milou : la moindre diversité dans son emploi du temps est déjà en soi un amusement salvateur.

Amusez-vous bien !

 

Laurence Bruder Sergent

 

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 18:07

Les heureux acquéreurs de jeunes chiens ne sont pas toujours au courant de ce qui les attend.

 

Gérald est un chiot spécial d’après son gardien : il a une névrose avec les chaussons, les câbles électriques et les arrosoirs. Cachou est décrit comme hyper actif, il jappe sans cesse, demande des caresses en permanence, n’arrive pas à rester calme 5 minutes lorsqu’il y a des visiteurs à la maison. Il court dans tous les sens, le moindre papillon suicidaire le met dans tous ses états.

Quant à Trax, son maître est ravi par son tempérament : à quatre mois il est déjà propre, il sait se tenir en société, ne dérange jamais, reste à sa place même avec les autres chiens qu’il évite pour ne pas créer de problèmes. Le chiot parfait ?

 

Les attitudes normales des jeunes

 

Il n’est pas évident pour les humains de se souvenir que les individus juvéniles ont des comportements spécifiques : ils entreprennent, testent, se trompent, observent, retiennent, recommencent. Les grignotages des objets qui se trouvent à proximité sont nombreux et normaux ! Ils satisfont leur curiosité avec tous les outils sensoriels dont ils disposent : leurs regards, leurs dents, leurs pattes, leurs truffes, leurs bonds et leurs vocalisations s’exercent à chaque instant.  Tant Gérald que Cachou, nos compagnons canins ont des postures de curiosité et de prises d’initiatives légitimes aux regards de leurs âges et des situations qu’ils doivent vivre pour devenir des adultes autonomes. On apprend en vivant des expériences, c’est exactement ce que ces chiots font.

Trax retient davantage mon attention car sa placidité et ses positions en retrait ne sont pas tout à fait compatibles avec sa période de croissance. Il devrait être en train de faire ce que nous appelons des bêtises (alors que ce sont des attitudes normales). Il devrait agacer ses propriétaires, les forcer à ne pas céder à l’énervement et à réfléchir à la meilleure manière de l’aider à bien grandir. Au lieu de cela, il est raisonnable alors qu’il devrait être un « chiot catastrophe ».

 

Socialisation ?

 

Le fait d’apprendre les modalités d’interactions avec les congénères et les humains et les comportements adaptés en société s’appelle le processus de socialisation. Comme pour nos enfants, cette période riche en expérimentations et en mémorisations passe par différentes étapes et les prises d’initiatives en font partie. Les destructions, les agitations, les aboiements, les tentatives diverses qui nous poussent régulièrement dans nos retranchements font partie des comportements normaux et souhaités pour qu’ils apprennent les règles et les limites de la cohabitation avec les humains. Inutile de le leur reprocher, c’est à nous de nous adapter et d’anticiper.

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 19:00

Nous nous questionnons aujourd’hui sur les comportements spécifiques à certaines races de chiens.

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Pascale s’agace parce que son border collie essaie de regrouper ses trois enfants lorsqu’ils sont dans le jardin, pour elle il ne les laisse pas s’amuser tranquillement. Muriel désapprouve le fait que son labrador retriever prend tout dans sa gueule, il répartit de la salive partout. Le berger allemand de Martha aboie à longueur de journée contre tous les passants qu’il aperçoit et ne laisse pas rentrer les étrangers chez elle.

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Retour aux origines

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Pour appréhender les raisons des comportements il est utile de revenir aux origines des races de chiens. L’humain a créé 377 races pour satisfaire ses besoins et ses désirs. Il a sélectionné des individus qui portaient certains traits intéressants pour lui et les a fait se reproduire entre eux, créant ainsi des lignées adaptées à ce qu’il recherchait.

Parfois il s’agissait d’attitudes utiles pour la chasse (rapidité dans les déplacements, compétences particulières au flairage, ténacité dans les poursuites du gibier…), la garde de ses biens (une morphologie dissuasive, un charisme inhibant les malvenus potentiels) ou la compagnie (le faciès de petits chiens tenant sur les genoux et leurs tempéraments tolérants aux contacts tactiles).

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La vie d’aujourd’hui

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Nos conditions de vie n’ont plus grand-chose à voir avec celles de nos ancêtres, la technologie a remplacé l’animal en soutien des personnes dans la plupart des domaines. Nos chiens se retrouvent désœuvrés et ne peuvent plus du tout réaliser les patrons moteurs pour lesquels ils avaient pourtant été créés et qui font partie de leurs instincts.

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Les adaptations des chiens selon leurs environnements

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Ils adoptent alors des comportements adaptatifs en fonction de leurs environnements et de ce que ces derniers leurs offrent comme opportunités.
Le border collie qui ne peut pas rassembler des moutons peut se rediriger vers les enfants mais aussi les roues des cyclistes, les chats du voisinage ou quoi que ce soit qui se déplace sous son regard aiguisé. Le labrador qui n’a pas la possibilité de chasser avec son propriétaire saisira d’autres objets que les proies initiales, les gardera en gueule, les déplacera ou les amènera à celui qui veut bien les prendre (en main ou sur ses pieds). Enfin, le berger allemand réalisera exactement ce pour quoi il a été construit : la garde.

Au grand dam de nos meilleurs amis à quatre pattes ces comportements recherchés hier sont à présent réprimés : ils sont devenus inappropriés à nos envies du moment.

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Laurence Bruder Sergent

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Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae) - dans comportement-canin
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 17:58

Mathilde me demande pourquoi son chien ne peut pas s’empêcher de suivre des traces de gibiers lorsqu’elle le libère en forêt. Patrice veut savoir comment empêcher son chien de se servir sur la table basse lorsqu’il y abandonne sa part de pizza.

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Les propriétaires d’animaux domestiques souhaitent alternativement saisir les motivations des comportements de leurs meilleurs amis sans chercher des solutions pour les améliorer ou à l’inverse espèrent simplement que les inconvénients se règlent sans s’intéresser à leurs origines.

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Comment faire pour ?

Le questionnement de la personne qui souhaite sincèrement améliorer sa relation avec son chien sera empreint de bienveillance et d’empathie. Elle demandera « comment puis-je le rendre plus heureux? ».
Un autre versant sera davantage orienté vers la satisfaction de l’humain, la réalité canine avec ses désirs et ses besoins passant en second plan. Cela donnera : « comment faire pour que mon chiot soit propre rapidement » ou « comment lui apprendre à ne pas poursuivre les chats du voisin » ?

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Pourquoi fait-il ?

Lors d’une rencontre avec un congénère, « pourquoi il se comporte ainsi » ou « pourquoi il n’est pas plus amical » n’implique pas forcément que l’on souhaite voir la conduite changer. Idem autour de la ressource alimentaire lorsque le gardien se demande pourquoi son chien refuse la gamelle ou pourquoi il ne veut pas du nouveau jouet qui a été offert pour Pâques. L’explication suffit parfois à apaiser la curiosité, il n’y a pas toujours de volonté de changement.

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Question de point de vue

Il faut reconnaitre que les recherches d’éléments de compréhensions et de résolutions ne sont pas toujours considérées ensemble lorsqu’il s’agit des relations avec nos animaux. Nos pensées se concentrent évidemment sur nos points de vues d’humains, la nature canine n’étant pas aisée à intégrer de prime abord. Il nous faut faire l’effort pour nous mettre à la place de notre meilleur ami et considérer son environnement avec ses moyens de perceptions. Alors que nous considérons qu’il « fait exprès » pour nous embêter ou qu’il a mauvais caractère, il ne fait rien de plus que se comporter en être vivant et ressentant.

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Pour une ré écriture de nos pensées

Voici quelques suggestions pour adopter un autre angle de vue. « Pourquoi a-t-il essayé de mordre le vétérinaire » pourrait être repensé de la façon suivante : « comment faire pour qu’il n’ait plus peur de lui » ?
Pourquoi le chien grogne après le facteur deviendrait une recherche de solution : comment faire pour qu’ils sympathisent ?
Il parait que les humains apprécient de se poser de nombreuses questions, voire de couper les cheveux en quatre. Et si nos animaux en profitaient ?

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Laurence Bruder Sergent

.Illustration de Patrice Seiler

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http://www.vox-animae.com/educateur-comportementaliste-canin

 

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 17:12

Que l’on soit des adeptes convaincus ou des résistants affirmés, chacun a un avis sur la question de l’habillement de nos chers compagnons. Passons en revue les arguments avancés le plus fréquemment.

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Tout le monde a déjà visionné les images trouvées sur l’internet montrant des chiens vêtus de déguisements les plus improbables les uns que les autres. Parfois il s’agit de se faire simplement plaisir en habillant son toutou comme Cendrillon ou Superman sans voir les conséquences désagréables sur son bien-être et le respect de sa nature. C’est même une preuve d’amour pour certains acheteurs compulsifs qui peuvent ainsi donner une touche d’originalité à leurs meilleurs amis, les rendre uniques et leur prouver leur attachement ! Reconnaissons aussi qu’il s’agit clairement de leurrer sa conscience en se disant que l’on est les meilleurs maîtres du monde, que nos compagnons sont ainsi choyés et  que grâce à nous ils seront plus heureux.

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Les sceptiques

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Les défenseurs de l’authenticité disposent d’un panel de raisonnements pour appuyer leurs rejets de tout apparat vestimentaire : la nature n’a pas besoin de se grimer, les chiens doivent conserver leurs instincts, les animaux ne sont pas des humains, la superficialité esthétique ne concerne pas davantage nos amis à quatre pattes qu’une élection présidentielle humaine aussi rocambolesque fusse-t-elle.
Poussant l’argumentation il sera avancé que des modifications morphologiques même momentanées ne sont pas sans répercussions pour la pauvre bête qui ne peut plus communiquer avec ses congénères, est défavorablement empêchée de vivre sa vie normalement, est gommée dans son animalité. J’approuve évidemment le parti pris et j'ajoute que l'avis du premier concerné ne peut lui être demandé, le rendant encore plus passif voire victime.

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Vraiment pas besoin ?

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Au-delà du côté désolant de certaines frénésies qui amènent à tous les excès, il est tout de même nécessaire de se poser un certain nombre de questions quant à la nécessité de répondre aux besoins de nos chiens.
Il y des races adaptées à l’hiver et d’autres à l’été. Un frêle lévrier a clairement besoin d’un soutien épais pour ne pas trop souffrir ! Et celui dont le poil ne l’isole pas de la pluie ou de la neige, n’a-t-il pas non plus le droit d’obtenir une sécurité grâce à l’intervention humaine ?
Pour son confort et le nôtre, une cape de pluie lui évitera d’être trempé jusqu’aux os et de ramener des litres d’eau sous notre toit.

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Tant de cas particuliers

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Pensons aux chiens âgés ou malades pour qui nous avons le devoir de leur éviter de dépenser encore plus d’énergie à maintenir leur température corporelle alors qu’ils sont déjà en difficulté physiologique.
Pour les allergiques un maillot permettra de réduire les grattages en cas de démangeaisons.
Pour les promenades de nuit un gilet fluorescent peut augmenter la sécurité, de même qu’une cape pour signifier ostensiblement le métier du chien d’assistance qui accompagne la personne en situation de handicap.
Un animal craintif ou réfractaire aux contacts indiquera grâce au foulard jaune à la réputation naissante son désir de ne pas être approché.
Les chaussons isolant les coussinets du sel de déneigement ou du bitume brûlant ne sont pas à exclure non plus.
Le chien sportif peut porter un gilet chauffant pour aider à la récupération après l’effort ou concourir à l’échauffement au travail.

L’habit peut donc avoir une fonction utilitaire pour les organismes canins ou identitaire pour nous. Tant qu’il n’empêche pas les comportements naturels et les échanges entre chiens, l’idée ne doit pas être exclue sans réflexion préalable.

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Laurence Bruder Sergent

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 18:42

Quelques jours après la Saint Valentin une demande innocente et touchante m’a été faite par une jeune demoiselle qui se questionne sur les amours canins : peuvent-ils tomber amoureux ?

 

Les avis sont partagés. Sollicité via internet sur un réseau social, Vincent ironise sur le fait que ses chiens sont surtout épris de la gamelle de nourriture ou du canapé.
Jean Marc évoque le fait que dans son groupe de chiens il y a des alliances entre deux qui sont plus fortes que d’autres « couples » qui vivent aussi sous le même toit.
Un autre propriétaire raconte que son meilleur ami a plusieurs congénères qu’il apprécie particulièrement, mais qu’il n’accorde des privilèges supplémentaires à aucun.

 

La prudence scientifique

 

Il nous fait plaisir de croire que nos chiens développent des liens aussi puissants que nous avec nos conjoints qu’ils soient à durée déterminée ou indéterminée.
A ce jour les études scientifiques dont nous disposons ont confirmé qu’ils ressentaient des émotions comme la joie ou l’excitation, et ont apporté les preuves de l’attachement entre chiens, et entre chiens et humains. Mais elles font la distinction avec les sentiments sensés s’étaler dans le temps tel que l’amour. La porte reste cependant entre-ouverte : l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence.
Un jour trouvera-t-on des éléments tangibles allant dans le sens de l’existence de profonds et pérennes affects.

 

Preuves d’amour ?

 

Evidemment pour bien répondre à la question de Rosalie, il serait nécessaire de se mettre d’accord sur la définition de l’amour, ce qui n’est pas le plus facile. S’agit-il d’un attachement profond entre deux êtres sans lien avec leurs espèces ou sexes ?  Concerne-t-il uniquement un couple dont les cœurs battent à l’unisson ? Peut-on l’identifier grâce à la progéniture qui en découle ?
L’on voit souvent des associations préférentielles, c’est-à-dire deux individus qui passent plus de temps ensemble, partagent des activités communes, sont proches géographiquement l’un de l’autre, s’échangent leurs paniers ou leurs jouets, acceptent des comportements qui ne seraient jamais tolérés avec un autre sujet, se regardent plus souvent que d’autres.  S’agit-il là d’amour, d’intérêt pour l’autre, de tolérance ciblée ou de simples points communs ? Dans ces fameux rapprochements entre deux, l’attirance sexuelle est souvent déconnectée de l’attachement, les mâles ne prêtant attention aux femelles que deux fois dans l’année, pendant la période des « chaleurs ». Ils peuvent même chercher à se reproduire avec une autre femelle, avec laquelle les liens sont moins puissants !

 

Quand l’humain s’en mêle

 

Les rapprochements affectifs ne sont pas ou peu pris en compte par les éleveurs, qui dictent les alliances entre lices et étalons et contrôlent de nombreux paramètres même quand l’environnement n’y est pas propice d’emblée.
Et nous-mêmes, simples propriétaires qui adoptons deux chiens ou plus, leur imposons une vie commune sans avoir évalué leur compatibilité sentimentale ni leurs préférences.

Nous attendons souvent de nos animaux de compagnie qu’ils s’apprécient, alors que, comme nous, ils peuvent avoir des incompatibilités.

La réponse la plus neutre à la question posée serait de dire que oui, il y a des associations préférentielles entre paires d’individus mais que la recherche de partenaire n’est pas systématique pour tous les chiens. Comme chez les humains ?

 

Laurence Bruder Sergent

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:01

Christine s’est fait mordre par son chien cette semaine. Il avait un amas de glace entre les coussinets et elle a voulu le lui retirer.

Paco est un chien plutôt sympathique d’habitude, d’un tempérament facile et collaborant. Mais après une grande balade dans la neige au Donon, il n’a pas du tout apprécié que Christine veuille le soulager et il l’a mordue lorsqu’elle a tiré sur ses poils pour le libérer de la froide sensation.

Question de perception

Nombreux sont les témoignages de professionnels ou particuliers qui relatent des expériences négatives alors que leurs intentions étaient amicales vis-à-vis d’animaux en détresse ou en souffrance. Les réflexes de défense des animaux sont effectivement fréquents car ils ne perçoivent pas la situation de la même manière que nous.

Nous voulons les aider, certes, mais ils ne le savent pas. Certains croient qu’on les agresse puisque l’on apporte un désagrément supplémentaire lors d’un moment qui est déjà douloureux. Ils ne raisonnent pas sur le fait qu’il faut en passer par une intervention pour obtenir ensuite la cessation du mal. D’où leurs vives réactions. « Un mal pour un bien » ne fait pas partie de leurs considérations.

Réconfort et confiance en son maître

Lorsque le chien et le maître ont une relation de confiance, on augmente la tolérance au contact tactile. En effet si le chien a appris que son propriétaire était bienveillant à son égard en toutes circonstances, les chances qu’il accepte un instant déplaisant sont augmentées. A l’inverse, s’il y a peu de moments heureux dans le quotidien du binôme, que le chien et l’humain cohabitent sans valeur affective forte, les probabilités que l’animal ne se laisse pas faire seront-elles aussi impactées défavorablement. Il réagira de manière moins placide voire plus vigoureuse en cas de désagrément physique, car il n’a pas de raison d’accorder sa confiance à quelqu’un qui n’en est pas vraiment digne…. à ses yeux.

Entrainer pour éviter les manifestations négatives

Un moyen assez fréquemment utilisé par certains zoos pour limiter les risques de conduites agressives par irritation ou douleur est de pratiquer ce que l’on appelle le « medical training ». Il s’agit de préparer très fréquemment les animaux à être touchés dans des moments où il n’y a pas de pathologie, afin d’éviter de recevoir des manifestations violentes le jour où il faudra intercéder car il y a un problème. Si l’animal a appris à tolérer une petite contrainte, la contention ou l’immobilisation, il ressentira moins de stress et se comportera différemment dans un moment délicat.

Les propriétaires de chiens de compagnie pourraient s’inspirer de ces méthodes en leur apprenant dans la douceur à supporter ces petits inconvénients pour que le jour où survient un vrai problème, ils coopèrent plus facilement. Bien entendu il s’agit de procéder avec parcimonie et modération, il ne serait adapté d’entraîner tous les jours son chien à supporter qu’on lui examine les oreilles, les yeux ou les dents.

Comme toujours avec nos animaux, il y a lieu de veiller à créer une ambiance chaleureuse au quotidien : il n’y a que des bénéfices à enrichir sa relation à l’Autre.

Laurence Bruder Sergent

 

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 17:02

Fidji est capable de reconnaitre un endroit où elle ne s’est pourtant rendue qu’une seule fois. A quelles capacités particulières pourrait-on attribuer ces comportements ?

Michèle et Bernard me racontent dans leur courrier que leur chienne Fidji les a favorablement impressionnés dans deux circonstances : dans un gîte rural où ils s’étaient rendus l’année passée, et dans un magasin où ils achètent de la nourriture pour leur chienne mais ne l’emmènent à l’intérieur qu’occasionnellement. Dans les deux cas Fidji a montré des signes de joie et d’impatience, comme si les lieux lui étaient familiers.

Boon a été adopté dans un refuge et dans son nouveau foyer, il s’est habitué très vite aux nouvelles coutumes sauf en ce qui concerne la vue d’une règle ou d’une cuillère en bois (notre kochloeffel). Dès que l’un de ces objets passe sous sa vue, il file à toute vitesse se cacher sous une table ou se blottir dans son panier. De là à conclure qu’il a vécu de fortes expériences associées, il n’y a qu’un pas… que nous franchissons.

Intensité de la situation de départ

Avant de penser à l’intelligence exceptionnelle ou des capacités de réflexions complexes, nous pouvons rester terre à terre et concrets, en envisageant les explications les plus simples : plus un épisode a été intense émotionnellement, physiquement ou psychologiquement au moment où il s’est produit, plus son ancrage dans la mémoire sera profond.

Dans le cas de Fidji qui n’a à priori connu que de bons moments dans les endroits évoqués, il suffit de faire le parallèle avec notre propre vie : qui ne se souvient pas d’un formidable repas, inoubliable, même dégusté une seule fois dans sa vie dans un lieu plus jamais fréquenté depuis ? La seule évocation de l’adresse ou du plat pourrait presque nous mettre l’eau à la bouche ou nous faire visualiser l’assiette devant nous. Nous nous souviendrons avec qui nous étions et les émotions associées ressurgiront ensemble.

Pour Boon il est à craindre qu’il ait été malmené avec un outil ressemblant : on l’a peut-être frappé ou on lui a fait peur, et ces émotions se sont imprimées fortement dans son esprit. Même si l’on suppose que les maltraitances ont été répétées, il n’en reste pas moins qu’une seule expérience aurait pu suffire à entrer dans la mémoire si elle a été très forte en intensité pour Boon.

Mémoire épisodique

Nous avons l’habitude que nos chiens apprennent tous les jours à notre contact puisque dès qu’ils nous voient nous chausser pour sortir, ils sont à nos pieds en attendant que le rythme s’accélère. Comme la situation se répète quotidiennement, ils ont vite fait de retenir que tels comportements génèreront telles actions.

Ce qui est plus étonnant c’est de se rendre qu’ils ont une mémoire épisodique, même si ce n’est pas le cas de tous les chiens : si certains se souviennent des années après un évènement qui ne s’est produit qu’une fois de son contexte et des éléments qui le composaient, d’autres n’ont pas cette capacité. Cela dépend des individus, comme toujours…

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

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