Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 18:41

Le soleil et la chaleur estivaux sont bien là, c’est l’occasion de saisir ces moments de relâchement pour proposer des jeux à son chien qui stimuleront ses sens, son intelligence, sa gourmandise, et tout son organisme.

Avant de vous lancer dans une entreprise ludique, il s’agit d’identifier ce qui lui plait. Inutile de lui faire faire une course façon « cani-lanta » si son choix se porte plutôt sur la sieste philosophique sur canapé. Rassurez-vous, il y a de quoi satisfaire toutes les préférences. S’il est plutôt coureur de fond, jogger ou sprinter, spécialisé dans le lancer de poids ou le ramassage de balles, vous trouverez de quoi l’occuper. Le spécialiste du flairage, de la résolution de problématiques, des énigmes ne sera pas délaissé. Avec un peu d’imagination, deux doigts d’adresse et parfois quelques euros, chacun trouvera son compte.

 

Pour stimuler odorat, ouïe et vue

 

Pour changer de la promenade traditionnelle et si votre toutou adore pister les rongeurs du jardin ou suivre à la trace le gibier, vous pouvez lui préparer une trajectoire dans le jardin avec une saucisse frottée sur le sol pleine de virages, d’obstacles et de complications. Une fois les marques olfactives réalisées, laissez-le chercher et surtout, n’oubliez pas la récompense : il y prendra d’autant plus de plaisir s’il a obtenu un trésor à la fin. Il est aussi possible de glisser quelques friandises dans une tresse confectionnée avec des chutes de tissus, et le laisser explorer, déchiqueter, massacrer l’étrange objet qui recèle un présent inestimable. C’est son jouet, il en fait ce qu’il veut.

Pour son ouïe, il suffit de vous cacher et de l’appeler : la partie de « cache cache » peut commencer, vous serez son cadeau lorsqu’il vous aura trouvé. Les traditionnels miaulements ou barrissements tentés par les cordes vocales humaines totalement incompétentes ne le tromperont pas, mais le distrairont quelques secondes. Pourquoi pas. Evitez cependant de lui faire écouter le rock métallique dont vous êtes friand ou même la cinquième symphonie : ce n’est pas nécessairement son hobby préféré.
Quant à la vue, les traditionnels lancers de balles et de bâtons font toujours leurs petits effets. A vous d’imaginer un autre objet à poursuivre, des bulles de savon remplacées par du bouillon de poule à capturer. La nouveauté encourage la curiosité, faites fonctionner votre imagination.

Veillez cependant à ne pas glisser trop d’enjeu ou de viser la performance, n’exigez pas de lui qu’il vous rapporte son gain, on est là pour l’égayer pas pour le chronométrer.

 

Exercice physique diversifié

 

Pour varier de sa traditionnelle promenade ou des jeux d’eau (telle la nage ou les éclaboussures au tuyau d’arrosage), vous pourriez vous lancer dans une entreprise un peu plus complexe, en lui faisant pratiquer d’autres exercices que ceux qu’il connait parfaitement (la marche, le trot, la course). A condition que son état de santé s’y prête, il pourrait travailler son équilibre, sa dextérité, la conscience de son corps et de la position de ses membres. Avec l’un ou l’autre accessoire que l’on a chez soi, telle une simple planche que l’on cale contre la première marche d’escalier ou une caisse sur laquelle il pose ses pattes, il est déjà possible de solliciter simplement son organisme. Pensez à vérifier auprès de son vétérinaire qu’il est suffisamment en forme et n’oubliez pas de tenir compte de la météorologie (chaleur ou orage) et de son humeur : il serait contreproductif de lui occasionner un confort sous prétexte de le stimuler.

 

Les défis intellectuels

 

En cachant son jouet préféré sous un chiffon ou dans un bac rempli d’objets divers et variés, en positionnant quelques friandises sous une boite qu’il devra déplacer, en préparant une course d’orientation ou des petits gains répartis dans une caisse remplie de balles en plastiques, vous capterez son attention, il devra réfléchir et trouver des stratégies. Outre sa gourmandise, vous aurez aussi excité son intellect.

Pour que le plaisir reste intact

Toutes les idées évoquées plus haut peuvent être réalisées avec peu de moyens, mais il existe leur équivalent sous forme de jouets tout prêts à acheter sur le net. Selon le temps et le budget dont vous disposez, son amusement variera grâce à vous. Derniers conseils : ne cherchez pas la prouesse ni la longueur d’occupation de Milou : la moindre diversité dans son emploi du temps est déjà en soi un amusement salvateur.

Amusez-vous bien !

 

Laurence Bruder Sergent

 

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
commenter cet article
18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 18:07

Les heureux acquéreurs de jeunes chiens ne sont pas toujours au courant de ce qui les attend.

 

Gérald est un chiot spécial d’après son gardien : il a une névrose avec les chaussons, les câbles électriques et les arrosoirs. Cachou est décrit comme hyper actif, il jappe sans cesse, demande des caresses en permanence, n’arrive pas à rester calme 5 minutes lorsqu’il y a des visiteurs à la maison. Il court dans tous les sens, le moindre papillon suicidaire le met dans tous ses états.

Quant à Trax, son maître est ravi par son tempérament : à quatre mois il est déjà propre, il sait se tenir en société, ne dérange jamais, reste à sa place même avec les autres chiens qu’il évite pour ne pas créer de problèmes. Le chiot parfait ?

 

Les attitudes normales des jeunes

 

Il n’est pas évident pour les humains de se souvenir que les individus juvéniles ont des comportements spécifiques : ils entreprennent, testent, se trompent, observent, retiennent, recommencent. Les grignotages des objets qui se trouvent à proximité sont nombreux et normaux ! Ils satisfont leur curiosité avec tous les outils sensoriels dont ils disposent : leurs regards, leurs dents, leurs pattes, leurs truffes, leurs bonds et leurs vocalisations s’exercent à chaque instant.  Tant Gérald que Cachou, nos compagnons canins ont des postures de curiosité et de prises d’initiatives légitimes aux regards de leurs âges et des situations qu’ils doivent vivre pour devenir des adultes autonomes. On apprend en vivant des expériences, c’est exactement ce que ces chiots font.

Trax retient davantage mon attention car sa placidité et ses positions en retrait ne sont pas tout à fait compatibles avec sa période de croissance. Il devrait être en train de faire ce que nous appelons des bêtises (alors que ce sont des attitudes normales). Il devrait agacer ses propriétaires, les forcer à ne pas céder à l’énervement et à réfléchir à la meilleure manière de l’aider à bien grandir. Au lieu de cela, il est raisonnable alors qu’il devrait être un « chiot catastrophe ».

 

Socialisation ?

 

Le fait d’apprendre les modalités d’interactions avec les congénères et les humains et les comportements adaptés en société s’appelle le processus de socialisation. Comme pour nos enfants, cette période riche en expérimentations et en mémorisations passe par différentes étapes et les prises d’initiatives en font partie. Les destructions, les agitations, les aboiements, les tentatives diverses qui nous poussent régulièrement dans nos retranchements font partie des comportements normaux et souhaités pour qu’ils apprennent les règles et les limites de la cohabitation avec les humains. Inutile de le leur reprocher, c’est à nous de nous adapter et d’anticiper.

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
commenter cet article
21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 19:00

Nous nous questionnons aujourd’hui sur les comportements spécifiques à certaines races de chiens.

.

Pascale s’agace parce que son border collie essaie de regrouper ses trois enfants lorsqu’ils sont dans le jardin, pour elle il ne les laisse pas s’amuser tranquillement. Muriel désapprouve le fait que son labrador retriever prend tout dans sa gueule, il répartit de la salive partout. Le berger allemand de Martha aboie à longueur de journée contre tous les passants qu’il aperçoit et ne laisse pas rentrer les étrangers chez elle.

.

Retour aux origines

.

Pour appréhender les raisons des comportements il est utile de revenir aux origines des races de chiens. L’humain a créé 377 races pour satisfaire ses besoins et ses désirs. Il a sélectionné des individus qui portaient certains traits intéressants pour lui et les a fait se reproduire entre eux, créant ainsi des lignées adaptées à ce qu’il recherchait.

Parfois il s’agissait d’attitudes utiles pour la chasse (rapidité dans les déplacements, compétences particulières au flairage, ténacité dans les poursuites du gibier…), la garde de ses biens (une morphologie dissuasive, un charisme inhibant les malvenus potentiels) ou la compagnie (le faciès de petits chiens tenant sur les genoux et leurs tempéraments tolérants aux contacts tactiles).

.

La vie d’aujourd’hui

.

Nos conditions de vie n’ont plus grand-chose à voir avec celles de nos ancêtres, la technologie a remplacé l’animal en soutien des personnes dans la plupart des domaines. Nos chiens se retrouvent désœuvrés et ne peuvent plus du tout réaliser les patrons moteurs pour lesquels ils avaient pourtant été créés et qui font partie de leurs instincts.

.

Les adaptations des chiens selon leurs environnements

.

Ils adoptent alors des comportements adaptatifs en fonction de leurs environnements et de ce que ces derniers leurs offrent comme opportunités.
Le border collie qui ne peut pas rassembler des moutons peut se rediriger vers les enfants mais aussi les roues des cyclistes, les chats du voisinage ou quoi que ce soit qui se déplace sous son regard aiguisé. Le labrador qui n’a pas la possibilité de chasser avec son propriétaire saisira d’autres objets que les proies initiales, les gardera en gueule, les déplacera ou les amènera à celui qui veut bien les prendre (en main ou sur ses pieds). Enfin, le berger allemand réalisera exactement ce pour quoi il a été construit : la garde.

Au grand dam de nos meilleurs amis à quatre pattes ces comportements recherchés hier sont à présent réprimés : ils sont devenus inappropriés à nos envies du moment.

.

Laurence Bruder Sergent

.

Pour devenir éducateur comportementaliste à Strasbourg, Paris, Lyon ou Bordeaux : www.vox-animae.com

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae) - dans comportement-canin
commenter cet article
23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 17:58

Mathilde me demande pourquoi son chien ne peut pas s’empêcher de suivre des traces de gibiers lorsqu’elle le libère en forêt. Patrice veut savoir comment empêcher son chien de se servir sur la table basse lorsqu’il y abandonne sa part de pizza.

.

Les propriétaires d’animaux domestiques souhaitent alternativement saisir les motivations des comportements de leurs meilleurs amis sans chercher des solutions pour les améliorer ou à l’inverse espèrent simplement que les inconvénients se règlent sans s’intéresser à leurs origines.

.

Comment faire pour ?

Le questionnement de la personne qui souhaite sincèrement améliorer sa relation avec son chien sera empreint de bienveillance et d’empathie. Elle demandera « comment puis-je le rendre plus heureux? ».
Un autre versant sera davantage orienté vers la satisfaction de l’humain, la réalité canine avec ses désirs et ses besoins passant en second plan. Cela donnera : « comment faire pour que mon chiot soit propre rapidement » ou « comment lui apprendre à ne pas poursuivre les chats du voisin » ?

.

Pourquoi fait-il ?

Lors d’une rencontre avec un congénère, « pourquoi il se comporte ainsi » ou « pourquoi il n’est pas plus amical » n’implique pas forcément que l’on souhaite voir la conduite changer. Idem autour de la ressource alimentaire lorsque le gardien se demande pourquoi son chien refuse la gamelle ou pourquoi il ne veut pas du nouveau jouet qui a été offert pour Pâques. L’explication suffit parfois à apaiser la curiosité, il n’y a pas toujours de volonté de changement.

.

Question de point de vue

Il faut reconnaitre que les recherches d’éléments de compréhensions et de résolutions ne sont pas toujours considérées ensemble lorsqu’il s’agit des relations avec nos animaux. Nos pensées se concentrent évidemment sur nos points de vues d’humains, la nature canine n’étant pas aisée à intégrer de prime abord. Il nous faut faire l’effort pour nous mettre à la place de notre meilleur ami et considérer son environnement avec ses moyens de perceptions. Alors que nous considérons qu’il « fait exprès » pour nous embêter ou qu’il a mauvais caractère, il ne fait rien de plus que se comporter en être vivant et ressentant.

.

Pour une ré écriture de nos pensées

Voici quelques suggestions pour adopter un autre angle de vue. « Pourquoi a-t-il essayé de mordre le vétérinaire » pourrait être repensé de la façon suivante : « comment faire pour qu’il n’ait plus peur de lui » ?
Pourquoi le chien grogne après le facteur deviendrait une recherche de solution : comment faire pour qu’ils sympathisent ?
Il parait que les humains apprécient de se poser de nombreuses questions, voire de couper les cheveux en quatre. Et si nos animaux en profitaient ?

.

 

Laurence Bruder Sergent

.Illustration de Patrice Seiler

Envie de devenir éducateur comportementaliste ? 

http://www.vox-animae.com/educateur-comportementaliste-canin

 

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
commenter cet article
26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 17:12

Que l’on soit des adeptes convaincus ou des résistants affirmés, chacun a un avis sur la question de l’habillement de nos chers compagnons. Passons en revue les arguments avancés le plus fréquemment.

.

Tout le monde a déjà visionné les images trouvées sur l’internet montrant des chiens vêtus de déguisements les plus improbables les uns que les autres. Parfois il s’agit de se faire simplement plaisir en habillant son toutou comme Cendrillon ou Superman sans voir les conséquences désagréables sur son bien-être et le respect de sa nature. C’est même une preuve d’amour pour certains acheteurs compulsifs qui peuvent ainsi donner une touche d’originalité à leurs meilleurs amis, les rendre uniques et leur prouver leur attachement ! Reconnaissons aussi qu’il s’agit clairement de leurrer sa conscience en se disant que l’on est les meilleurs maîtres du monde, que nos compagnons sont ainsi choyés et  que grâce à nous ils seront plus heureux.

.

Les sceptiques

.

Les défenseurs de l’authenticité disposent d’un panel de raisonnements pour appuyer leurs rejets de tout apparat vestimentaire : la nature n’a pas besoin de se grimer, les chiens doivent conserver leurs instincts, les animaux ne sont pas des humains, la superficialité esthétique ne concerne pas davantage nos amis à quatre pattes qu’une élection présidentielle humaine aussi rocambolesque fusse-t-elle.
Poussant l’argumentation il sera avancé que des modifications morphologiques même momentanées ne sont pas sans répercussions pour la pauvre bête qui ne peut plus communiquer avec ses congénères, est défavorablement empêchée de vivre sa vie normalement, est gommée dans son animalité. J’approuve évidemment le parti pris et j'ajoute que l'avis du premier concerné ne peut lui être demandé, le rendant encore plus passif voire victime.

.

Vraiment pas besoin ?

.

Au-delà du côté désolant de certaines frénésies qui amènent à tous les excès, il est tout de même nécessaire de se poser un certain nombre de questions quant à la nécessité de répondre aux besoins de nos chiens.
Il y des races adaptées à l’hiver et d’autres à l’été. Un frêle lévrier a clairement besoin d’un soutien épais pour ne pas trop souffrir ! Et celui dont le poil ne l’isole pas de la pluie ou de la neige, n’a-t-il pas non plus le droit d’obtenir une sécurité grâce à l’intervention humaine ?
Pour son confort et le nôtre, une cape de pluie lui évitera d’être trempé jusqu’aux os et de ramener des litres d’eau sous notre toit.

.

Tant de cas particuliers

.

Pensons aux chiens âgés ou malades pour qui nous avons le devoir de leur éviter de dépenser encore plus d’énergie à maintenir leur température corporelle alors qu’ils sont déjà en difficulté physiologique.
Pour les allergiques un maillot permettra de réduire les grattages en cas de démangeaisons.
Pour les promenades de nuit un gilet fluorescent peut augmenter la sécurité, de même qu’une cape pour signifier ostensiblement le métier du chien d’assistance qui accompagne la personne en situation de handicap.
Un animal craintif ou réfractaire aux contacts indiquera grâce au foulard jaune à la réputation naissante son désir de ne pas être approché.
Les chaussons isolant les coussinets du sel de déneigement ou du bitume brûlant ne sont pas à exclure non plus.
Le chien sportif peut porter un gilet chauffant pour aider à la récupération après l’effort ou concourir à l’échauffement au travail.

L’habit peut donc avoir une fonction utilitaire pour les organismes canins ou identitaire pour nous. Tant qu’il n’empêche pas les comportements naturels et les échanges entre chiens, l’idée ne doit pas être exclue sans réflexion préalable.

.

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

 

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
commenter cet article
26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 18:42

Quelques jours après la Saint Valentin une demande innocente et touchante m’a été faite par une jeune demoiselle qui se questionne sur les amours canins : peuvent-ils tomber amoureux ?

 

Les avis sont partagés. Sollicité via internet sur un réseau social, Vincent ironise sur le fait que ses chiens sont surtout épris de la gamelle de nourriture ou du canapé.
Jean Marc évoque le fait que dans son groupe de chiens il y a des alliances entre deux qui sont plus fortes que d’autres « couples » qui vivent aussi sous le même toit.
Un autre propriétaire raconte que son meilleur ami a plusieurs congénères qu’il apprécie particulièrement, mais qu’il n’accorde des privilèges supplémentaires à aucun.

 

La prudence scientifique

 

Il nous fait plaisir de croire que nos chiens développent des liens aussi puissants que nous avec nos conjoints qu’ils soient à durée déterminée ou indéterminée.
A ce jour les études scientifiques dont nous disposons ont confirmé qu’ils ressentaient des émotions comme la joie ou l’excitation, et ont apporté les preuves de l’attachement entre chiens, et entre chiens et humains. Mais elles font la distinction avec les sentiments sensés s’étaler dans le temps tel que l’amour. La porte reste cependant entre-ouverte : l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence.
Un jour trouvera-t-on des éléments tangibles allant dans le sens de l’existence de profonds et pérennes affects.

 

Preuves d’amour ?

 

Evidemment pour bien répondre à la question de Rosalie, il serait nécessaire de se mettre d’accord sur la définition de l’amour, ce qui n’est pas le plus facile. S’agit-il d’un attachement profond entre deux êtres sans lien avec leurs espèces ou sexes ?  Concerne-t-il uniquement un couple dont les cœurs battent à l’unisson ? Peut-on l’identifier grâce à la progéniture qui en découle ?
L’on voit souvent des associations préférentielles, c’est-à-dire deux individus qui passent plus de temps ensemble, partagent des activités communes, sont proches géographiquement l’un de l’autre, s’échangent leurs paniers ou leurs jouets, acceptent des comportements qui ne seraient jamais tolérés avec un autre sujet, se regardent plus souvent que d’autres.  S’agit-il là d’amour, d’intérêt pour l’autre, de tolérance ciblée ou de simples points communs ? Dans ces fameux rapprochements entre deux, l’attirance sexuelle est souvent déconnectée de l’attachement, les mâles ne prêtant attention aux femelles que deux fois dans l’année, pendant la période des « chaleurs ». Ils peuvent même chercher à se reproduire avec une autre femelle, avec laquelle les liens sont moins puissants !

 

Quand l’humain s’en mêle

 

Les rapprochements affectifs ne sont pas ou peu pris en compte par les éleveurs, qui dictent les alliances entre lices et étalons et contrôlent de nombreux paramètres même quand l’environnement n’y est pas propice d’emblée.
Et nous-mêmes, simples propriétaires qui adoptons deux chiens ou plus, leur imposons une vie commune sans avoir évalué leur compatibilité sentimentale ni leurs préférences.

Nous attendons souvent de nos animaux de compagnie qu’ils s’apprécient, alors que, comme nous, ils peuvent avoir des incompatibilités.

La réponse la plus neutre à la question posée serait de dire que oui, il y a des associations préférentielles entre paires d’individus mais que la recherche de partenaire n’est pas systématique pour tous les chiens. Comme chez les humains ?

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
commenter cet article
12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:01

Christine s’est fait mordre par son chien cette semaine. Il avait un amas de glace entre les coussinets et elle a voulu le lui retirer.

Paco est un chien plutôt sympathique d’habitude, d’un tempérament facile et collaborant. Mais après une grande balade dans la neige au Donon, il n’a pas du tout apprécié que Christine veuille le soulager et il l’a mordue lorsqu’elle a tiré sur ses poils pour le libérer de la froide sensation.

Question de perception

Nombreux sont les témoignages de professionnels ou particuliers qui relatent des expériences négatives alors que leurs intentions étaient amicales vis-à-vis d’animaux en détresse ou en souffrance. Les réflexes de défense des animaux sont effectivement fréquents car ils ne perçoivent pas la situation de la même manière que nous.

Nous voulons les aider, certes, mais ils ne le savent pas. Certains croient qu’on les agresse puisque l’on apporte un désagrément supplémentaire lors d’un moment qui est déjà douloureux. Ils ne raisonnent pas sur le fait qu’il faut en passer par une intervention pour obtenir ensuite la cessation du mal. D’où leurs vives réactions. « Un mal pour un bien » ne fait pas partie de leurs considérations.

Réconfort et confiance en son maître

Lorsque le chien et le maître ont une relation de confiance, on augmente la tolérance au contact tactile. En effet si le chien a appris que son propriétaire était bienveillant à son égard en toutes circonstances, les chances qu’il accepte un instant déplaisant sont augmentées. A l’inverse, s’il y a peu de moments heureux dans le quotidien du binôme, que le chien et l’humain cohabitent sans valeur affective forte, les probabilités que l’animal ne se laisse pas faire seront-elles aussi impactées défavorablement. Il réagira de manière moins placide voire plus vigoureuse en cas de désagrément physique, car il n’a pas de raison d’accorder sa confiance à quelqu’un qui n’en est pas vraiment digne…. à ses yeux.

Entrainer pour éviter les manifestations négatives

Un moyen assez fréquemment utilisé par certains zoos pour limiter les risques de conduites agressives par irritation ou douleur est de pratiquer ce que l’on appelle le « medical training ». Il s’agit de préparer très fréquemment les animaux à être touchés dans des moments où il n’y a pas de pathologie, afin d’éviter de recevoir des manifestations violentes le jour où il faudra intercéder car il y a un problème. Si l’animal a appris à tolérer une petite contrainte, la contention ou l’immobilisation, il ressentira moins de stress et se comportera différemment dans un moment délicat.

Les propriétaires de chiens de compagnie pourraient s’inspirer de ces méthodes en leur apprenant dans la douceur à supporter ces petits inconvénients pour que le jour où survient un vrai problème, ils coopèrent plus facilement. Bien entendu il s’agit de procéder avec parcimonie et modération, il ne serait adapté d’entraîner tous les jours son chien à supporter qu’on lui examine les oreilles, les yeux ou les dents.

Comme toujours avec nos animaux, il y a lieu de veiller à créer une ambiance chaleureuse au quotidien : il n’y a que des bénéfices à enrichir sa relation à l’Autre.

Laurence Bruder Sergent

 

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
commenter cet article
29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 17:02

Fidji est capable de reconnaitre un endroit où elle ne s’est pourtant rendue qu’une seule fois. A quelles capacités particulières pourrait-on attribuer ces comportements ?

Michèle et Bernard me racontent dans leur courrier que leur chienne Fidji les a favorablement impressionnés dans deux circonstances : dans un gîte rural où ils s’étaient rendus l’année passée, et dans un magasin où ils achètent de la nourriture pour leur chienne mais ne l’emmènent à l’intérieur qu’occasionnellement. Dans les deux cas Fidji a montré des signes de joie et d’impatience, comme si les lieux lui étaient familiers.

Boon a été adopté dans un refuge et dans son nouveau foyer, il s’est habitué très vite aux nouvelles coutumes sauf en ce qui concerne la vue d’une règle ou d’une cuillère en bois (notre kochloeffel). Dès que l’un de ces objets passe sous sa vue, il file à toute vitesse se cacher sous une table ou se blottir dans son panier. De là à conclure qu’il a vécu de fortes expériences associées, il n’y a qu’un pas… que nous franchissons.

Intensité de la situation de départ

Avant de penser à l’intelligence exceptionnelle ou des capacités de réflexions complexes, nous pouvons rester terre à terre et concrets, en envisageant les explications les plus simples : plus un épisode a été intense émotionnellement, physiquement ou psychologiquement au moment où il s’est produit, plus son ancrage dans la mémoire sera profond.

Dans le cas de Fidji qui n’a à priori connu que de bons moments dans les endroits évoqués, il suffit de faire le parallèle avec notre propre vie : qui ne se souvient pas d’un formidable repas, inoubliable, même dégusté une seule fois dans sa vie dans un lieu plus jamais fréquenté depuis ? La seule évocation de l’adresse ou du plat pourrait presque nous mettre l’eau à la bouche ou nous faire visualiser l’assiette devant nous. Nous nous souviendrons avec qui nous étions et les émotions associées ressurgiront ensemble.

Pour Boon il est à craindre qu’il ait été malmené avec un outil ressemblant : on l’a peut-être frappé ou on lui a fait peur, et ces émotions se sont imprimées fortement dans son esprit. Même si l’on suppose que les maltraitances ont été répétées, il n’en reste pas moins qu’une seule expérience aurait pu suffire à entrer dans la mémoire si elle a été très forte en intensité pour Boon.

Mémoire épisodique

Nous avons l’habitude que nos chiens apprennent tous les jours à notre contact puisque dès qu’ils nous voient nous chausser pour sortir, ils sont à nos pieds en attendant que le rythme s’accélère. Comme la situation se répète quotidiennement, ils ont vite fait de retenir que tels comportements génèreront telles actions.

Ce qui est plus étonnant c’est de se rendre qu’ils ont une mémoire épisodique, même si ce n’est pas le cas de tous les chiens : si certains se souviennent des années après un évènement qui ne s’est produit qu’une fois de son contexte et des éléments qui le composaient, d’autres n’ont pas cette capacité. Cela dépend des individus, comme toujours…

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

 

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
commenter cet article
15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 18:09

Contrairement à ce que pense la plupart des gens, les chiens disposent d’un éventail de signaux pour faire passer des messages à leurs congénères et à nous.

 

Lorsqu’ils veulent échanger des informations, les humains utilisent plusieurs modalités de communication : verbale (en écrivant ou parlant), non verbale (les gestes, mimiques et postures associés) et para-verbale (les intonations qui s’ajoutent aux paroles prononcées, le volume, le timbre).

Les chiens accommodent eux aussi de variations complexes, ils sont capables de nuancer leurs intentions, leurs demandes et leurs besoins. Comme nous, il suffit simplement qu’ils aient appris ces codes en étant jeunes, et les interactions seront aisées avec leurs congénères qui ont appris le même langage.

 

Un aboiement = un mot ?

 

Francis a exprimé son désarroi car il pense qu’il ne saisit pas le langage de son meilleur ami et ne le comprendra jamais : il trouve que les sons que son chien émet ne sont pas signifiants. Pour lui les « mots » canins ne sont pas limpides, et il se sent triste d’être un propriétaire si incompétent. Il dit qu’entre chiens tout est facile, mais qu’entre deux espèces les échanges sont trop complexes. Pour rassurer ou inquiéter Francis, il est utile de lui expliquer que les manifestations sonores ne sont qu’une toute petite partie des capacités de nos canidés pour transmettre leurs états d’âmes et leurs désirs.

 

Plusieurs organes s’expriment

 

Le corps tout entier s’exprime et plusieurs organes entrent en jeu. Généralement les battements de queue sont repérés facilement car leurs mouvements captent notre attention. La vitesse et l’amplitude des agitations du fouet, associées aux postures corporelles, au poil hérissé et parfois à de petits bonds, sont autant de signes qui nous permettent d’envisager l’état émotionnel de l’individu.
Si vous tenez son jouet préféré dans votre main et qu’il se positionne de la sorte face à vous, vous avez vite fait d’en déduire qu’il est plutôt en joie.
A l’inverse, s’il est figé et tout son corps de biais, si ses oreilles sont plaquées sur son crâne, si sa tête est détournée et son regard vous fuit, si ses babines frémissent et qu’il semble mal à l’aise, s’il gronde …. vous saisissez certainement là aussi qu’il n’est pas bien et qu’il s’apprête à fuir ou à mordre.

 

Observer et contextualiser

 

Comme nous venons de le voir de nombreuses informations s’expriment avec plus ou moins d’évidence et d’intensité pour signifier une grande palette d’émotions.

La formule « il ne leur manque que la parole » n’est pas exacte : leur répertoire est étendu. C’est notre réception des messages qui laisse à désirer.

Il suffit d’être attentif et de toujours relier le contexte avec ses observations. De la même manière que pour apprendre une langue étrangère, il est nécessaire de répéter et s’exercer souvent pour bien interpréter les signaux différents qui sont émis. N’importe qui peut apprendre la langue canine, c’est simplement une question d’entraînement.

 

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
commenter cet article
1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 10:14

Puisque l’heure est aux projections pour l’année à venir et aux engagements que l’on respectera de manière aléatoire, tentons d’appréhender les différents points de vue sur cette question multifactorielle.

 

Les avis des propriétaires convergent souvent sur la réduction de certaines nuisances : si nos meilleurs amis pouvaient décider de ne plus ronger les chaussures, grignoter les tapis ou se servir des denrées alimentaires non rangées, ce serait fort apprécié.
Les relations avec les autres chiens seraient elles aussi à améliorer : que Baltus le colosse arrête de terroriser les minis-chiens et Dynamo de se prendre pour un tyran améliorerait sensiblement le quotidien de leurs humains.
Quant à Mina, trop intéressée à batifoler avec ses congénères, si elle pouvait cesser d’être aussi sociable, la longueur des balades seraient d’autant plus courte ce qui arrangerait bien les affaires de ses promeneurs toujours pressés.
Voici quelques résolutions que les propriétaires voudraient voir tenues par leurs toutous.

 

Souhaits utopiques

 

A la faveur de la nouvelle année, les heureux maîtres disent parfois qu’ils pourraient l’être davantage si les chiens arrêtaient de se comporter comme tels : qu’ils aboient moins, qu’ils soient toujours propres et bien odorants, que leurs bonnes manières soient louées par tout le monde, qu’ils soient des exemples pour tous les énergumènes mal élevés du quartier. Et qu’ils ne leur fassent pas honte en reniflant les derrières !

 

Affection inconditionnelle

 

De très nombreux témoignages font la part belle aux attentes impossibles à satisfaire.
Malheureusement il ne suffit pas de le vouloir pour que les désirs deviennent réalités.
Que leurs meilleurs amis ne tombent jamais malades ou qu’ils guérissent vite s’ils le sont déjà, qu’ils vivent de longues vies avec eux et ne connaissent aucun accident, ou tout simplement qu’ils soient comblés par leurs existences communes.
Ces amis des animaux ne demandent rien d’autre que du temps et de l’affection, ils se satisfont même de petits défauts de caractères.

 

Leurs désirs quant aux résolutions des maîtres

 

Les premiers concernés quant à eux, exprimeraient certainement des désirs clairs et sans ambiguïtés. Ils aimeraient que les résolutions de leurs gardiens s’orientent vers des sorties plus longues et plus variées. S’ils apprécient les paysages alsaciens, ils ne rechigneraient pas à explorer d’autres contrées inhabituelles, propices aux découvertes olfactives, visuelles, auditives et tactiles.
Dans les rêves canins, les compagnons de route aussi seraient diversifiés afin de ne pas toujours cheminer avec les mêmes congénères. Une pré-sélection serait d’ailleurs appréciée afin de ne pas courir de risques avec des malotrus juvéniles ou indisciplinés.
Que les trottoirs soient moins inhospitaliers pour leurs pattes dans les grands froids et canicules, et les pots d’échappement qu’ils respirent sans cesse expulsent enfin des parfums enchanteurs pour leurs narines.
Leurs fades granules qui leur servent de nourriture pourraient devenir des mets délicats pour leurs palais sans pour autant nuire à leurs santés.

 

Leurs propres résolutions…

 

De leurs côtés, les chiens pourraient s’engager à ne plus se rouler dans tout ce qui est délicieux pour leurs narines mais écoeurant pour les nôtres, et revenir lorsqu’ils sont appelés joyeusement. Ils pourraient promettre de ne pas occasionner de soucis à leurs humains par leurs poursuites de tous les chats du quartier et cesser de creuser dans les jardins amoureusement bichonnés. Pour autant, partant du principe que lorsque l’on chasse le naturel il revient au galop, ils sauraient certainement que leurs serments seraient vains.

 

… et leurs promesses !

 

Finalement, leur meilleure décision serait sans doute de rester tels qu’ils sont, car c’est grâce à eux que nous nous améliorons : en cherchant comment rendre la relation toujours plus satisfaisante pour les uns comme pour les autres, en réfléchissant à nos comportements à leurs égards et en étant de meilleurs maîtres pour eux, enfin.

 

Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

Repost 0
Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
commenter cet article