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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 17:58

Mathilde me demande pourquoi son chien ne peut pas s’empêcher de suivre des traces de gibiers lorsqu’elle le libère en forêt. Patrice veut savoir comment empêcher son chien de se servir sur la table basse lorsqu’il y abandonne sa part de pizza.

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Les propriétaires d’animaux domestiques souhaitent alternativement saisir les motivations des comportements de leurs meilleurs amis sans chercher des solutions pour les améliorer ou à l’inverse espèrent simplement que les inconvénients se règlent sans s’intéresser à leurs origines.

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Comment faire pour ?

Le questionnement de la personne qui souhaite sincèrement améliorer sa relation avec son chien sera empreint de bienveillance et d’empathie. Elle demandera « comment puis-je le rendre plus heureux? ».
Un autre versant sera davantage orienté vers la satisfaction de l’humain, la réalité canine avec ses désirs et ses besoins passant en second plan. Cela donnera : « comment faire pour que mon chiot soit propre rapidement » ou « comment lui apprendre à ne pas poursuivre les chats du voisin » ?

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Pourquoi fait-il ?

Lors d’une rencontre avec un congénère, « pourquoi il se comporte ainsi » ou « pourquoi il n’est pas plus amical » n’implique pas forcément que l’on souhaite voir la conduite changer. Idem autour de la ressource alimentaire lorsque le gardien se demande pourquoi son chien refuse la gamelle ou pourquoi il ne veut pas du nouveau jouet qui a été offert pour Pâques. L’explication suffit parfois à apaiser la curiosité, il n’y a pas toujours de volonté de changement.

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Question de point de vue

Il faut reconnaitre que les recherches d’éléments de compréhensions et de résolutions ne sont pas toujours considérées ensemble lorsqu’il s’agit des relations avec nos animaux. Nos pensées se concentrent évidemment sur nos points de vues d’humains, la nature canine n’étant pas aisée à intégrer de prime abord. Il nous faut faire l’effort pour nous mettre à la place de notre meilleur ami et considérer son environnement avec ses moyens de perceptions. Alors que nous considérons qu’il « fait exprès » pour nous embêter ou qu’il a mauvais caractère, il ne fait rien de plus que se comporter en être vivant et ressentant.

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Pour une ré écriture de nos pensées

Voici quelques suggestions pour adopter un autre angle de vue. « Pourquoi a-t-il essayé de mordre le vétérinaire » pourrait être repensé de la façon suivante : « comment faire pour qu’il n’ait plus peur de lui » ?
Pourquoi le chien grogne après le facteur deviendrait une recherche de solution : comment faire pour qu’ils sympathisent ?
Il parait que les humains apprécient de se poser de nombreuses questions, voire de couper les cheveux en quatre. Et si nos animaux en profitaient ?

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Laurence Bruder Sergent

.Illustration de Patrice Seiler

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 17:12

Que l’on soit des adeptes convaincus ou des résistants affirmés, chacun a un avis sur la question de l’habillement de nos chers compagnons. Passons en revue les arguments avancés le plus fréquemment.

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Tout le monde a déjà visionné les images trouvées sur l’internet montrant des chiens vêtus de déguisements les plus improbables les uns que les autres. Parfois il s’agit de se faire simplement plaisir en habillant son toutou comme Cendrillon ou Superman sans voir les conséquences désagréables sur son bien-être et le respect de sa nature. C’est même une preuve d’amour pour certains acheteurs compulsifs qui peuvent ainsi donner une touche d’originalité à leurs meilleurs amis, les rendre uniques et leur prouver leur attachement ! Reconnaissons aussi qu’il s’agit clairement de leurrer sa conscience en se disant que l’on est les meilleurs maîtres du monde, que nos compagnons sont ainsi choyés et  que grâce à nous ils seront plus heureux.

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Les sceptiques

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Les défenseurs de l’authenticité disposent d’un panel de raisonnements pour appuyer leurs rejets de tout apparat vestimentaire : la nature n’a pas besoin de se grimer, les chiens doivent conserver leurs instincts, les animaux ne sont pas des humains, la superficialité esthétique ne concerne pas davantage nos amis à quatre pattes qu’une élection présidentielle humaine aussi rocambolesque fusse-t-elle.
Poussant l’argumentation il sera avancé que des modifications morphologiques même momentanées ne sont pas sans répercussions pour la pauvre bête qui ne peut plus communiquer avec ses congénères, est défavorablement empêchée de vivre sa vie normalement, est gommée dans son animalité. J’approuve évidemment le parti pris et j'ajoute que l'avis du premier concerné ne peut lui être demandé, le rendant encore plus passif voire victime.

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Vraiment pas besoin ?

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Au-delà du côté désolant de certaines frénésies qui amènent à tous les excès, il est tout de même nécessaire de se poser un certain nombre de questions quant à la nécessité de répondre aux besoins de nos chiens.
Il y des races adaptées à l’hiver et d’autres à l’été. Un frêle lévrier a clairement besoin d’un soutien épais pour ne pas trop souffrir ! Et celui dont le poil ne l’isole pas de la pluie ou de la neige, n’a-t-il pas non plus le droit d’obtenir une sécurité grâce à l’intervention humaine ?
Pour son confort et le nôtre, une cape de pluie lui évitera d’être trempé jusqu’aux os et de ramener des litres d’eau sous notre toit.

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Tant de cas particuliers

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Pensons aux chiens âgés ou malades pour qui nous avons le devoir de leur éviter de dépenser encore plus d’énergie à maintenir leur température corporelle alors qu’ils sont déjà en difficulté physiologique.
Pour les allergiques un maillot permettra de réduire les grattages en cas de démangeaisons.
Pour les promenades de nuit un gilet fluorescent peut augmenter la sécurité, de même qu’une cape pour signifier ostensiblement le métier du chien d’assistance qui accompagne la personne en situation de handicap.
Un animal craintif ou réfractaire aux contacts indiquera grâce au foulard jaune à la réputation naissante son désir de ne pas être approché.
Les chaussons isolant les coussinets du sel de déneigement ou du bitume brûlant ne sont pas à exclure non plus.
Le chien sportif peut porter un gilet chauffant pour aider à la récupération après l’effort ou concourir à l’échauffement au travail.

L’habit peut donc avoir une fonction utilitaire pour les organismes canins ou identitaire pour nous. Tant qu’il n’empêche pas les comportements naturels et les échanges entre chiens, l’idée ne doit pas être exclue sans réflexion préalable.

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Laurence Bruder Sergent

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 18:42

Quelques jours après la Saint Valentin une demande innocente et touchante m’a été faite par une jeune demoiselle qui se questionne sur les amours canins : peuvent-ils tomber amoureux ?

 

Les avis sont partagés. Sollicité via internet sur un réseau social, Vincent ironise sur le fait que ses chiens sont surtout épris de la gamelle de nourriture ou du canapé.
Jean Marc évoque le fait que dans son groupe de chiens il y a des alliances entre deux qui sont plus fortes que d’autres « couples » qui vivent aussi sous le même toit.
Un autre propriétaire raconte que son meilleur ami a plusieurs congénères qu’il apprécie particulièrement, mais qu’il n’accorde des privilèges supplémentaires à aucun.

 

La prudence scientifique

 

Il nous fait plaisir de croire que nos chiens développent des liens aussi puissants que nous avec nos conjoints qu’ils soient à durée déterminée ou indéterminée.
A ce jour les études scientifiques dont nous disposons ont confirmé qu’ils ressentaient des émotions comme la joie ou l’excitation, et ont apporté les preuves de l’attachement entre chiens, et entre chiens et humains. Mais elles font la distinction avec les sentiments sensés s’étaler dans le temps tel que l’amour. La porte reste cependant entre-ouverte : l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence.
Un jour trouvera-t-on des éléments tangibles allant dans le sens de l’existence de profonds et pérennes affects.

 

Preuves d’amour ?

 

Evidemment pour bien répondre à la question de Rosalie, il serait nécessaire de se mettre d’accord sur la définition de l’amour, ce qui n’est pas le plus facile. S’agit-il d’un attachement profond entre deux êtres sans lien avec leurs espèces ou sexes ?  Concerne-t-il uniquement un couple dont les cœurs battent à l’unisson ? Peut-on l’identifier grâce à la progéniture qui en découle ?
L’on voit souvent des associations préférentielles, c’est-à-dire deux individus qui passent plus de temps ensemble, partagent des activités communes, sont proches géographiquement l’un de l’autre, s’échangent leurs paniers ou leurs jouets, acceptent des comportements qui ne seraient jamais tolérés avec un autre sujet, se regardent plus souvent que d’autres.  S’agit-il là d’amour, d’intérêt pour l’autre, de tolérance ciblée ou de simples points communs ? Dans ces fameux rapprochements entre deux, l’attirance sexuelle est souvent déconnectée de l’attachement, les mâles ne prêtant attention aux femelles que deux fois dans l’année, pendant la période des « chaleurs ». Ils peuvent même chercher à se reproduire avec une autre femelle, avec laquelle les liens sont moins puissants !

 

Quand l’humain s’en mêle

 

Les rapprochements affectifs ne sont pas ou peu pris en compte par les éleveurs, qui dictent les alliances entre lices et étalons et contrôlent de nombreux paramètres même quand l’environnement n’y est pas propice d’emblée.
Et nous-mêmes, simples propriétaires qui adoptons deux chiens ou plus, leur imposons une vie commune sans avoir évalué leur compatibilité sentimentale ni leurs préférences.

Nous attendons souvent de nos animaux de compagnie qu’ils s’apprécient, alors que, comme nous, ils peuvent avoir des incompatibilités.

La réponse la plus neutre à la question posée serait de dire que oui, il y a des associations préférentielles entre paires d’individus mais que la recherche de partenaire n’est pas systématique pour tous les chiens. Comme chez les humains ?

 

Laurence Bruder Sergent

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 18:01

Christine s’est fait mordre par son chien cette semaine. Il avait un amas de glace entre les coussinets et elle a voulu le lui retirer.

Paco est un chien plutôt sympathique d’habitude, d’un tempérament facile et collaborant. Mais après une grande balade dans la neige au Donon, il n’a pas du tout apprécié que Christine veuille le soulager et il l’a mordue lorsqu’elle a tiré sur ses poils pour le libérer de la froide sensation.

Question de perception

Nombreux sont les témoignages de professionnels ou particuliers qui relatent des expériences négatives alors que leurs intentions étaient amicales vis-à-vis d’animaux en détresse ou en souffrance. Les réflexes de défense des animaux sont effectivement fréquents car ils ne perçoivent pas la situation de la même manière que nous.

Nous voulons les aider, certes, mais ils ne le savent pas. Certains croient qu’on les agresse puisque l’on apporte un désagrément supplémentaire lors d’un moment qui est déjà douloureux. Ils ne raisonnent pas sur le fait qu’il faut en passer par une intervention pour obtenir ensuite la cessation du mal. D’où leurs vives réactions. « Un mal pour un bien » ne fait pas partie de leurs considérations.

Réconfort et confiance en son maître

Lorsque le chien et le maître ont une relation de confiance, on augmente la tolérance au contact tactile. En effet si le chien a appris que son propriétaire était bienveillant à son égard en toutes circonstances, les chances qu’il accepte un instant déplaisant sont augmentées. A l’inverse, s’il y a peu de moments heureux dans le quotidien du binôme, que le chien et l’humain cohabitent sans valeur affective forte, les probabilités que l’animal ne se laisse pas faire seront-elles aussi impactées défavorablement. Il réagira de manière moins placide voire plus vigoureuse en cas de désagrément physique, car il n’a pas de raison d’accorder sa confiance à quelqu’un qui n’en est pas vraiment digne…. à ses yeux.

Entrainer pour éviter les manifestations négatives

Un moyen assez fréquemment utilisé par certains zoos pour limiter les risques de conduites agressives par irritation ou douleur est de pratiquer ce que l’on appelle le « medical training ». Il s’agit de préparer très fréquemment les animaux à être touchés dans des moments où il n’y a pas de pathologie, afin d’éviter de recevoir des manifestations violentes le jour où il faudra intercéder car il y a un problème. Si l’animal a appris à tolérer une petite contrainte, la contention ou l’immobilisation, il ressentira moins de stress et se comportera différemment dans un moment délicat.

Les propriétaires de chiens de compagnie pourraient s’inspirer de ces méthodes en leur apprenant dans la douceur à supporter ces petits inconvénients pour que le jour où survient un vrai problème, ils coopèrent plus facilement. Bien entendu il s’agit de procéder avec parcimonie et modération, il ne serait adapté d’entraîner tous les jours son chien à supporter qu’on lui examine les oreilles, les yeux ou les dents.

Comme toujours avec nos animaux, il y a lieu de veiller à créer une ambiance chaleureuse au quotidien : il n’y a que des bénéfices à enrichir sa relation à l’Autre.

Laurence Bruder Sergent

 

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 17:02

Fidji est capable de reconnaitre un endroit où elle ne s’est pourtant rendue qu’une seule fois. A quelles capacités particulières pourrait-on attribuer ces comportements ?

Michèle et Bernard me racontent dans leur courrier que leur chienne Fidji les a favorablement impressionnés dans deux circonstances : dans un gîte rural où ils s’étaient rendus l’année passée, et dans un magasin où ils achètent de la nourriture pour leur chienne mais ne l’emmènent à l’intérieur qu’occasionnellement. Dans les deux cas Fidji a montré des signes de joie et d’impatience, comme si les lieux lui étaient familiers.

Boon a été adopté dans un refuge et dans son nouveau foyer, il s’est habitué très vite aux nouvelles coutumes sauf en ce qui concerne la vue d’une règle ou d’une cuillère en bois (notre kochloeffel). Dès que l’un de ces objets passe sous sa vue, il file à toute vitesse se cacher sous une table ou se blottir dans son panier. De là à conclure qu’il a vécu de fortes expériences associées, il n’y a qu’un pas… que nous franchissons.

Intensité de la situation de départ

Avant de penser à l’intelligence exceptionnelle ou des capacités de réflexions complexes, nous pouvons rester terre à terre et concrets, en envisageant les explications les plus simples : plus un épisode a été intense émotionnellement, physiquement ou psychologiquement au moment où il s’est produit, plus son ancrage dans la mémoire sera profond.

Dans le cas de Fidji qui n’a à priori connu que de bons moments dans les endroits évoqués, il suffit de faire le parallèle avec notre propre vie : qui ne se souvient pas d’un formidable repas, inoubliable, même dégusté une seule fois dans sa vie dans un lieu plus jamais fréquenté depuis ? La seule évocation de l’adresse ou du plat pourrait presque nous mettre l’eau à la bouche ou nous faire visualiser l’assiette devant nous. Nous nous souviendrons avec qui nous étions et les émotions associées ressurgiront ensemble.

Pour Boon il est à craindre qu’il ait été malmené avec un outil ressemblant : on l’a peut-être frappé ou on lui a fait peur, et ces émotions se sont imprimées fortement dans son esprit. Même si l’on suppose que les maltraitances ont été répétées, il n’en reste pas moins qu’une seule expérience aurait pu suffire à entrer dans la mémoire si elle a été très forte en intensité pour Boon.

Mémoire épisodique

Nous avons l’habitude que nos chiens apprennent tous les jours à notre contact puisque dès qu’ils nous voient nous chausser pour sortir, ils sont à nos pieds en attendant que le rythme s’accélère. Comme la situation se répète quotidiennement, ils ont vite fait de retenir que tels comportements génèreront telles actions.

Ce qui est plus étonnant c’est de se rendre qu’ils ont une mémoire épisodique, même si ce n’est pas le cas de tous les chiens : si certains se souviennent des années après un évènement qui ne s’est produit qu’une fois de son contexte et des éléments qui le composaient, d’autres n’ont pas cette capacité. Cela dépend des individus, comme toujours…

Laurence Bruder Sergent

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 18:09

Contrairement à ce que pense la plupart des gens, les chiens disposent d’un éventail de signaux pour faire passer des messages à leurs congénères et à nous.

 

Lorsqu’ils veulent échanger des informations, les humains utilisent plusieurs modalités de communication : verbale (en écrivant ou parlant), non verbale (les gestes, mimiques et postures associés) et para-verbale (les intonations qui s’ajoutent aux paroles prononcées, le volume, le timbre).

Les chiens accommodent eux aussi de variations complexes, ils sont capables de nuancer leurs intentions, leurs demandes et leurs besoins. Comme nous, il suffit simplement qu’ils aient appris ces codes en étant jeunes, et les interactions seront aisées avec leurs congénères qui ont appris le même langage.

 

Un aboiement = un mot ?

 

Francis a exprimé son désarroi car il pense qu’il ne saisit pas le langage de son meilleur ami et ne le comprendra jamais : il trouve que les sons que son chien émet ne sont pas signifiants. Pour lui les « mots » canins ne sont pas limpides, et il se sent triste d’être un propriétaire si incompétent. Il dit qu’entre chiens tout est facile, mais qu’entre deux espèces les échanges sont trop complexes. Pour rassurer ou inquiéter Francis, il est utile de lui expliquer que les manifestations sonores ne sont qu’une toute petite partie des capacités de nos canidés pour transmettre leurs états d’âmes et leurs désirs.

 

Plusieurs organes s’expriment

 

Le corps tout entier s’exprime et plusieurs organes entrent en jeu. Généralement les battements de queue sont repérés facilement car leurs mouvements captent notre attention. La vitesse et l’amplitude des agitations du fouet, associées aux postures corporelles, au poil hérissé et parfois à de petits bonds, sont autant de signes qui nous permettent d’envisager l’état émotionnel de l’individu.
Si vous tenez son jouet préféré dans votre main et qu’il se positionne de la sorte face à vous, vous avez vite fait d’en déduire qu’il est plutôt en joie.
A l’inverse, s’il est figé et tout son corps de biais, si ses oreilles sont plaquées sur son crâne, si sa tête est détournée et son regard vous fuit, si ses babines frémissent et qu’il semble mal à l’aise, s’il gronde …. vous saisissez certainement là aussi qu’il n’est pas bien et qu’il s’apprête à fuir ou à mordre.

 

Observer et contextualiser

 

Comme nous venons de le voir de nombreuses informations s’expriment avec plus ou moins d’évidence et d’intensité pour signifier une grande palette d’émotions.

La formule « il ne leur manque que la parole » n’est pas exacte : leur répertoire est étendu. C’est notre réception des messages qui laisse à désirer.

Il suffit d’être attentif et de toujours relier le contexte avec ses observations. De la même manière que pour apprendre une langue étrangère, il est nécessaire de répéter et s’exercer souvent pour bien interpréter les signaux différents qui sont émis. N’importe qui peut apprendre la langue canine, c’est simplement une question d’entraînement.

 

 

Laurence Bruder Sergent

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 10:14

Puisque l’heure est aux projections pour l’année à venir et aux engagements que l’on respectera de manière aléatoire, tentons d’appréhender les différents points de vue sur cette question multifactorielle.

 

Les avis des propriétaires convergent souvent sur la réduction de certaines nuisances : si nos meilleurs amis pouvaient décider de ne plus ronger les chaussures, grignoter les tapis ou se servir des denrées alimentaires non rangées, ce serait fort apprécié.
Les relations avec les autres chiens seraient elles aussi à améliorer : que Baltus le colosse arrête de terroriser les minis-chiens et Dynamo de se prendre pour un tyran améliorerait sensiblement le quotidien de leurs humains.
Quant à Mina, trop intéressée à batifoler avec ses congénères, si elle pouvait cesser d’être aussi sociable, la longueur des balades seraient d’autant plus courte ce qui arrangerait bien les affaires de ses promeneurs toujours pressés.
Voici quelques résolutions que les propriétaires voudraient voir tenues par leurs toutous.

 

Souhaits utopiques

 

A la faveur de la nouvelle année, les heureux maîtres disent parfois qu’ils pourraient l’être davantage si les chiens arrêtaient de se comporter comme tels : qu’ils aboient moins, qu’ils soient toujours propres et bien odorants, que leurs bonnes manières soient louées par tout le monde, qu’ils soient des exemples pour tous les énergumènes mal élevés du quartier. Et qu’ils ne leur fassent pas honte en reniflant les derrières !

 

Affection inconditionnelle

 

De très nombreux témoignages font la part belle aux attentes impossibles à satisfaire.
Malheureusement il ne suffit pas de le vouloir pour que les désirs deviennent réalités.
Que leurs meilleurs amis ne tombent jamais malades ou qu’ils guérissent vite s’ils le sont déjà, qu’ils vivent de longues vies avec eux et ne connaissent aucun accident, ou tout simplement qu’ils soient comblés par leurs existences communes.
Ces amis des animaux ne demandent rien d’autre que du temps et de l’affection, ils se satisfont même de petits défauts de caractères.

 

Leurs désirs quant aux résolutions des maîtres

 

Les premiers concernés quant à eux, exprimeraient certainement des désirs clairs et sans ambiguïtés. Ils aimeraient que les résolutions de leurs gardiens s’orientent vers des sorties plus longues et plus variées. S’ils apprécient les paysages alsaciens, ils ne rechigneraient pas à explorer d’autres contrées inhabituelles, propices aux découvertes olfactives, visuelles, auditives et tactiles.
Dans les rêves canins, les compagnons de route aussi seraient diversifiés afin de ne pas toujours cheminer avec les mêmes congénères. Une pré-sélection serait d’ailleurs appréciée afin de ne pas courir de risques avec des malotrus juvéniles ou indisciplinés.
Que les trottoirs soient moins inhospitaliers pour leurs pattes dans les grands froids et canicules, et les pots d’échappement qu’ils respirent sans cesse expulsent enfin des parfums enchanteurs pour leurs narines.
Leurs fades granules qui leur servent de nourriture pourraient devenir des mets délicats pour leurs palais sans pour autant nuire à leurs santés.

 

Leurs propres résolutions…

 

De leurs côtés, les chiens pourraient s’engager à ne plus se rouler dans tout ce qui est délicieux pour leurs narines mais écoeurant pour les nôtres, et revenir lorsqu’ils sont appelés joyeusement. Ils pourraient promettre de ne pas occasionner de soucis à leurs humains par leurs poursuites de tous les chats du quartier et cesser de creuser dans les jardins amoureusement bichonnés. Pour autant, partant du principe que lorsque l’on chasse le naturel il revient au galop, ils sauraient certainement que leurs serments seraient vains.

 

… et leurs promesses !

 

Finalement, leur meilleure décision serait sans doute de rester tels qu’ils sont, car c’est grâce à eux que nous nous améliorons : en cherchant comment rendre la relation toujours plus satisfaisante pour les uns comme pour les autres, en réfléchissant à nos comportements à leurs égards et en étant de meilleurs maîtres pour eux, enfin.

 

Laurence Bruder Sergent

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 06:26

Aujourd’hui nous nous demandons comment les enfants considèrent nos chiens domestiques. Ont-ils même regard que nous ?

 

La manière dont les adultes considèrent les meilleurs amis de l’Homme est complexe et multimodale. Ils oscillent entre « amis », « ennemis » et indifférences, et il en va de même pour les enfants : il existe une grande variété dans leurs façons de comprendre et appréhender cette espèce à la fois si proche de nous et pourtant bien différente.

 

Ce qu’ils savent

 

Tous les enfants savent généralement que les chiens ont des besoins à satisfaire (en termes de nourriture, de boisson et de santé), qu’il faut souvent les brosser et les promener. Ceux qui en ont eux-mêmes dans leurs entourages proches ou dans leurs propres familles connaissent davantage de détails : ils peuvent avoir peur ou être en colère, ils aiment les câlins mais il ne faut pas les étouffer dans les bras, ils ne sont pas amis avec tous les congénères et certains apprécient qu’on leur lance des balles ou des jouets à rapporter. Ils mangent de la viande ou des croquettes mais surtout pas de chocolat, préfèrent dormir sur le canapé que dehors parce que c’est plus confortable. Et quand ils aboient, il faut se méfier car ils ne sont pas contents ou ils ont mal. Chacun a vécu des expériences qui ont alimenté ces croyances.

 

Témoignages des premiers concernés

 

Lilou pense que les toutous sont tous gentils, car le sien est adorable et ils sont tous pareils. Mathéo désapprouve : celui de la voisine est un tyrannosaurus rex super « flippant » qui ne ferait qu’une bouchée de lui car « tout le monde sait que les bergers allemands ça mange les enfants ». Tom a appris qu’il ne faut pas toucher sans demander d’abord au maître si on a le droit, et que parfois les chiens n’aiment pas qu’on les caresse sur la tête. Maeva voudrait bien que ceux dans la rue « arrêtent de crier parce qu’on peut dire les choses sans hurler ».

 

Connaissances transmises

 

Tous ces récits reflètent finalement ce qui a été transmis à nos chères têtes blondes par les expériences, les lectures ou vidéos et les paroles entendues.

L’enfant qui a été témoin d’un accident ou d’une morsure, voire victime lui-même, aura légitimement une façon de voir les choses qui découle de cet apprentissage. Celui qui a été bercé par le « grand méchant loup » toute son enfance aussi. Les parents qui ont peur inoculent leurs phobies à leurs enfants parce qu’ils interdisent toute approche ou véhiculent des idées anxiogènes. Ces paroles sont évidemment retenues par leurs progénitures et deviennent des certitudes absolues.

 

Formations et informations possibles

 

Les professionnels des chiens sont particulièrement volontaires pour intervenir auprès des jeunes dans les établissements les accueillant. Dans un but éducatif, informatif et préventif, ils transmettent les connaissances scientifiques sur les réalités canines et permettent ainsi aux publics juvéniles de changer de points de vue grâce à des arguments véridiques et accessibles pédagogiquement. Pour les plus petits, des jeux de rôles et des mises en situations sont très appréciés et répondent à des objectifs de sécurité et d’évitement des accidents domestiques. Il est à se demander pourquoi il est si difficile de trouver deux heures sur une année scolaire pour apprendre à ces générations futures que les chiens sont des individus avec des motivations, des qualités et des défauts à connaitre et respecter puisque nous les côtoyons tous les jours. Pour le bien de tous.

 

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Laurence Bruder Sergent

 

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 07:21

Pat et Mat causent bien des inquiétudes à leurs maîtres, leurs bagarres quotidiennes les épuisent et les rend pessimistes quant à un avenir commun dans une même habitation.

Quiconque a déjà assisté à un conflit entre deux chiens a pû se rendre compte à quel point cela peut être impressionnant. Un débat pour gagner une présidentielle est à peine moins violent.

Tous amis ?

Nous l’avons souvent indiqué dans cette chronique, les chiens sont à notre image sur au moins un point : ils ne s’entendent pas avec tout le monde. Nous aimerions que nos meilleurs amis à qui nous montrons notre attachement de manière équitable le soient tout autant entre eux, mais ce désir est parfois vain. Des incompatibilités de caractères, des manières différentes de percevoir leurs environnements, des conceptions inégales de partages des ressources telles qu’un jouet ou un lieu de couchage peuvent déclencher des altercations et créer des mésententes. Les menaces exprimées par aboiements, grognements, babines retroussées voire des morsures ne sont pas rares, chacun tentant de défendre son pré carré ou refusant de nouer des liens avec un individu trop incompatible avec son propre tempérament.

Commencer par une évaluation objective de la situation

Lorsque la limite de tolérance a été franchie et que les propriétaires souhaitent prendre une décision sur une éventuelle séparation, il est nécessaire de se poser un bon nombre de questions, à commencer par les plus graves en termes de conséquences pour l’un ou pour l’autre. Si des blessures sérieuses se produisent à chaque dispute, l’évaluation du risque ne sera pas la même que dans le cas où la situation relève de la scène de ménage qui se règle d’elle-même en quelques secondes, sans qu’il y ait le moindre contact entre les dents de l’un et la peau de l’autre. A contrario si les sujets s’engagent dans de graves et lourdes échauffourées nécessitant fréquemment l’intervention d’un vétérinaire, la dure réalité devra être prise en compte, la cohabitation n’est tenable pour personne, autant en termes de stress et de santé que de qualité de vie.

Premières mesures à prendre

Selon les réponses obtenues aux premiers constats, il pourra être décidé de tenter encore quelques temps la vie commune. Il s’agira de veiller à ne pas créer de tensions entre eux de manière involontaire. Pour cela, une bonne connaissance des limites de chacun des protagonistes est essentielle pour pouvoir anticiper les dangers. Si par exemple l’un des chiens est très intéressé par la nourriture au risque de se l’approprier et la défendre vigoureusement, il sera nécessaire de séparer les animaux aux moments des repas. Il en va de même pour les contacts affectifs qui sont offerts : s’il y a des désirs de possessivité et d’exclusivité de l’un ou l’autre, mieux vaudra accorder son attention de manière précautionneuse et alternée.

Faciliter les rapprochements

N’oublions pas la notion du temps : une relation ne se construit pas en un jour, la patience est alors de rigueur. Si l’on crée des associations positives en passant d’agréables moments ensemble, cela peut grandement faciliter les accords. Gardons cependant en tête que l’on ne peut pas générer artificiellement une entente et qu’il faudra parfois admettre l’idée qu’une simple cohabitation neutre est déjà fort acceptable, si chacun se tolère sans forcément s’apprécier mais qu’ils ne s’écharpent pas à longueur de journée.

Si la haine persiste

Les options à envisager en cas d’échec des tentatives engagées sont douloureuses. Il s’agit de faire un choix difficile, pour protéger les deux chiens, car même celui qui initie les batailles quotidiennes ne vit pas paisiblement sa vie de chien. Malheureusement les incompatibilités existent et nécessitent un divorce, pour le bien de tous. Nous ne pouvons pas forcer nos chiens à être amis.

 

Laurence Bruder Sergent

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 16:33

Mathilde ne comprend pas le comportement agressif de son meilleur ami lorsqu’il est en laisse.

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Diesel est un bon chien de famille, qui ne pose généralement pas de souci. Il s’entend bien avec tout le monde, les enfants, les adultes, les passants, et ses semblables lorsqu’il est au parc. Mais un épisode récent a bouleversé les certitudes de sa maîtresse : alors qu’elle le promenait dans la rue, elle a croisé un maitre et son chien et voulant permettre aux animaux de faire connaissance, elle s’est approchée. Dans les derniers mètres qui les séparaient, son Diesel s’est mis à bondir, aboyer, avancer et reculer comme un fou. Elle a eu très peur, l’autre maître aussi, et ils se sont séparés précipitamment.

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Chien réactif en laisse

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Le profil qui nous est décrit nous fait penser à un sujet qui a besoin d’espace et de liberté pour se sentir en confiance. Il semble avoir un intérêt certain pour les congénères, mais préfère les aborder librement plutôt que contraint dans ses déplacements par son propriétaire d’un côté, la laisse de l’autre, et le même schéma en face de lui. Ces réserves sont assez fréquentes chez les chiens, mêmes très bien socialisés, et cela les amène régulièrement à menacer pour avertir leurs vis-à-vis canins qu’ils ne souhaitent pas de contact dans ces conditions. Les communications qui s’expriment alors sont plutôt impressionnantes, les expressions sont bruyantes et les agitations grandioses. Légitimement ils amènent les humains à se détourner, ce qui ne fait que renforcer leurs comportements aversifs et augmenter les réticences des humains à provoquer des rencontres entre chiens.

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Ce que l’on peut faire

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Il existe plusieurs manières de procéder si l’on souhaite changer ces réactions. La première consiste à engager ce que l’on appelle une habituation (avec un professionnel compétent et non violent), pour amener progressivement à la disparition des postures non désirées. Concrètement, il s’agit de récompenser le chien tant qu’il a une attitude paisible, lorsque l’on se tient à 20 mètres d’un autre chien attaché, puis à 15m, à 10m, et de plus en plus près. A la faveur des répétitions, Diesel ou n’importe quel individu ayant les mêmes réserves, apprendra à rester calme, à déclencher d’autres émotions moins excessives et surtout, plus confortables pour lui. Ce procédé est utile si l’on croise très souvent d’autres animaux avec leurs humains, que l’on habite en ville, ou que l’on n’a pas de possibilités de lâcher souvent le sien avec ses congénères.

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La solution de facilité

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L’alternative la plus économe en énergie et en temps consiste évidemment à proposer à l’autre maître s’il accepte de libérer son animal afin que les deux puissent faire connaissance et s’ébattre en liberté. Bien entendu il est nécessaire de s’assurer que les conditions de sécurité sont réunies, c’est à dire qu’aucun danger lié à la circulation des véhicules ou la présence de promeneurs ne soit présent sinon les deux toutous en pleine course pourraient être blessés, générer un accident, se transformer en boule de bowling et faire tomber tous les sujets aux alentours. Indéniablement c’est une opportunité d’offrir à son chien des contacts et des moments de plaisirs à évoluer avec des semblables, ce qui n’est jamais assez le cas dans leurs vies.  

Bien sûr Diesel ou n’importe quel autre chien ne se fera pas que des copains, il y aura des inimitiés et des individus qui n’entreront pas en connexion,… comme dans la vie !

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Laurence Bruder Sergent

www.vox-animae.com

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Published by Laurence Bruder Sergent (Vox Animae)
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